Un soldat grièvement blessé lors d’un bizutage, 4 autres mis en examen
Le soldat de combat du bataillon Panther a été hospitalisé pour une perforation du poumon ; Tsahal déplore des actes "inacceptables"
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Stav Levaton est correspondante militaire pour le Times of Israel.

Un soldat du bataillon Panther de l’armée israélienne a récemment été hospitalisé dans un état grave, souffrant d’une perforation du poumon, après avoir été violemment agressé lors d’une dite « cérémonie de remise de récompenses ». Quatre soldats aguerris ont été inculpés pour maltraitance, coups et blessures graves, a-t-on appris samedi.
Selon l’acte d’accusation rapporté par le journal Maariv, l’incident s’est produit lors d’un rituel informel de bizutage au cours duquel les soldats les plus âgés sont chargés de remettre leur équipement aux plus jeunes.
Dans ce cas précis, les procureurs affirment que cette pratique s’est considérablement écartée des normes acceptées, dégénérant en actes de violence extrême répétés.
Lors de l’incident le plus grave, le soldat a reçu des coups de poing dans les côtes et a été frappé dans le dos avec l’accessoire d’une arme, lui causant une côte cassée et une hémorragie interne.
Il a perdu connaissance et a été transporté d’urgence à l’hôpital, où il a subi une intervention chirurgicale et a été soigné en soins intensifs pendant plusieurs jours. Son état a ensuite été jugé stable, mais il ne devrait pas reprendre ses fonctions de combat.
Dans un communiqué publié en réponse, l’armée a déclaré : « Il s’agit d’un incident grave, inacceptable et contraire aux ordres de Tsahal », ajoutant que l’affaire avait fait l’objet d’une enquête immédiate dès qu’elle avait été portée à sa connaissance, et qu’une enquête de la police militaire avait été ouverte.
L’armée a indiqué que les quatre soldats avaient été inculpés de « maltraitance collective et de coups et blessures graves dans des circonstances aggravantes », et a précisé que « dans un cas, [ils] avaient causé à un soldat des blessures réelles nécessitant des soins ».
Le tribunal militaire a prolongé leur détention.
« Les actes de maltraitance sont considérés par Tsahal avec la plus grande sévérité… et Tsahal agira pour traduire en justice tout soldat ou commandant impliqué dans de tels actes », indique le communiqué.
Interrogée sur les allégations selon lesquelles des commandants auraient eu connaissance de ces faits ou les auraient encouragés, l’armée a déclaré : « Un examen approfondi a révélé que les commandants n’avaient pas connaissance de cet incident violent et qu’aucune complicité de la part de l’état-major n’avait été identifiée. »
Une source militaire a néanmoins déclaré au journal Maariv qu’au-delà des arrestations et des mises en accusation, les soldats impliqués avaient été écartés de leurs fonctions de combat et qu’un chef d’escouade avait fait l’objet de mesures disciplinaires. Le chef de section ne serait pas promu à des postes clés, tandis que le commandant de compagnie ne serait pas recommandé pour une mention d’excellence.
Selon l’article, la compagnie a également été transférée afin de permettre une supervision plus étroite par le commandant de bataillon, et des séances de sensibilisation sont organisées pour renforcer les normes et les valeurs.
Les rituels de bizutage sont une pratique relativement courante au sein de l’armée israélienne, en particulier dans les unités d’infanterie et de commandos.
Si ces rituels sont souvent présentés par les soldats comme des farces inoffensives ou des exercices de cohésion liés à l’esprit d’unité et à la hiérarchie, des incidents passés et des témoignages indiquent que la frontière entre tradition et abus peut rapidement s’estomper. Ce qui commence comme une initiation symbolique peut, dans certains cas, dégénérer en coercition, en humiliation ou en violence physique, en particulier dans des environnements où les jeunes recrues se sentent contraintes de ne pas signaler les abus.
En février, une sergente du Corps d’Artillerie a été mise en examen pour avoir maltraité deux caporales de son unité dans le cadre d’un rituel de bizutage. Elle est accusée d’avoir maltraité les deux soldates en guise de « punition » pour des infractions mineures : elle les a convoquées la nuit, frappées avec sa plaque d’identité et son fusil, et forcées à chanter, malgré leurs supplications pour qu’elle cesse.
L’été dernier, sept soldats servant au sein du réseau de défense aérienne Arrow de l’armée de l’air israélienne ont également été placés en détention pour des faits présumés de maltraitance envers des subordonnés. Selon un article de Ynet, ces soldats étaient soupçonnés de maltraitance, de violences, de menaces et d’agressions sexuelles.
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