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Un soldat juif ukrainien appelle Israël au secours de l’usine assiégée de Marioupol

Vitaliy Barabash affirme dans une vidéo Facebook qu'il y a d'autres soldats juifs dans le complexe Azovstal ; des sources ukrainiennes estiment leur nombre à plus de 20

Lazar Berman est le correspondant diplomatique du Times of Israël

Le soldat juif ukrainien Vitaliy "Benya" Barabash appelle Israël et le Premier ministre Naftali Bennett à sauver la garnison qui défend l'usine sidérurgique Azovstal de Mairupol contre les forces russes, le 11 mai 2022 (Crédit: capture d'écran).
Le soldat juif ukrainien Vitaliy "Benya" Barabash appelle Israël et le Premier ministre Naftali Bennett à sauver la garnison qui défend l'usine sidérurgique Azovstal de Mairupol contre les forces russes, le 11 mai 2022 (Crédit: capture d'écran).

Un soldat juif ukrainien de l’usine Azovstal de Marioupol assiégée a appelé, mercredi soir,  Israël à intervenir pour sauver sa garnison.

Dans une vidéo publiée sur Facebook par Ilgam Gasanov, entrepreneur et militant basé à Kiev, Vitaliy Barabash a déclaré en ukrainien : « Il m’est difficile de parler, raison pour laquelle mon discours sera prononcé par mon frère [d’armes], au nom de tous les Juifs ukrainiens qui se trouvent ici avec moi. »

Barabash, également connu sous le nom de Benya, a tenu un drapeau ukrainien face à la caméra pendant que son ami lisait sa déclaration, un tatouage d’étoile de David étant clairement visible sur la main de Barabash.

S’adressant au « Premier ministre Naftali Bennett, à la Knesset, au public d’Israël » et à d’éminents Juifs ukrainiens, Barabash a annoncé dans sa déclaration que « dans les décombres laissés par Azovstalí, il y a des Juifs comme moi, comme vous. »

Des sources proches du gouvernement ukrainien ont déclaré au Times of Israel qu’il y a plus de 20 soldats juifs parmi les forces ukrainiennes à Marioupol.

L’énorme complexe sidérurgique Azovstal est le dernier bastion de la résistance ukrainienne à Marioupol. L’usine, avec son réseau de tunnels et de bunkers, a abrité des centaines de soldats et de civils ukrainiens pendant un siège de plusieurs semaines. Des dizaines de civils ont été évacués ces derniers jours, mais les responsables ukrainiens ont déclaré que certains d’entre eux pourraient encore y être pris au piège.

 

Au début du mois, lors d’un appel au Kremlin, Bennett a demandé au président russe Vladimir Poutine d' »examiner les options humanitaires » pour évacuer Marioupol.

Le régiment Azov, l’une des unités qui défendent l’usine, a publié mercredi sur sa chaîne Telegram des photos montrant des soldats blessés dans des conditions sordides, dont beaucoup ont perdu des membres.

« L’Ukraine n’a jamais tourné le dos aux Juifs, nous pensons donc qu’Israël ne doit pas non plus tourner le dos au peuple ukrainien, mais au contraire, il doit se tenir côte à côte contre les envahisseurs russes responsables d’une nouvelle tragédie », peut-on lire dans la déclaration de Barabash.

« Maintenant, nous sommes ici, et nous avons besoin de l’aide d’Israël pour extraire toute la garnison militaire de Marioupol et venir à notre secours ».

Le post Facebook de Gasanov a tagué les rabbins éminents de Kiev Moshe Azman et Ariel Markovitch, qui appartiennent tous deux au mouvement Habad-Lubavitch. Il a inclus une traduction en hébreu de la déclaration ukrainienne dans les commentaires.

« Vous avez le pouvoir comme personne d’autre », a déclaré Barabash dans sa déclaration. « Nous fondons tout notre espoir sur vous. Nous vous attendons. Nous sommes déjà en train d’écrire l’histoire. »

Si ce n’était pas Elon Musk, alors qui ?

Un commandant ukrainien d’Azovstal a lancé un appel direct à Elon Musk mercredi, demandant à l’homme le plus riche du monde d’intervenir en faveur des personnes piégées par les forces russes dans la ville du sud de l’Ukraine.

Serhiy Volyna, commandant de la 36e brigade de marines séparées, a déclaré avoir créé un compte Twitter dans le seul but d’atteindre Musk.

« Les gens disent que vous venez d’une autre planète pour apprendre aux gens à croire en l’impossible », a tweeté Volyna à Musk.

« Nos planètes sont à côté l’une de l’autre ; je vis où il est presque impossible de survivre. Aidez-nous à sortir d’Azovstal vers un pays médiateur. Si ce n’est vous, alors qui ? »

Le vice-premier ministre ukrainien, Iryna Vereshchuk, a déclaré mardi que plus de 1 000 soldats étaient toujours coincés dans l’usine. « Des centaines sont blessés », a-t-elle déclaré à l’AFP. « Il y a des personnes gravement blessées qui doivent être évacuées d’urgence. La situation se détériore de jour en jour. »

De la fumée s’élève de la centrale métallurgique Azovstal à Marioupol, dans le territoire sous le gouvernement de la République populaire de Donetsk, à l’est de Marioupol, en Ukraine, jeudi 5 mai 2022. (Crédit: AP Photo)

Vereshchuk a déclaré que l’Ukraine appelait toutes les organisations internationales à faire pression sur la Russie pour qu’elle autorise l’évacuation des blessés graves, du personnel médical militaire et d’autres « non-combattants, conformément à la Convention de Genève. »

Vereshchuk a également déclaré avoir reçu l’assurance que « la Turquie est prête » à faciliter les évacuations par mer depuis Azovstal, ce qui, selon elle, pourrait prendre environ une semaine, compte tenu du nombre de personnes toujours dans la centrale.

« Il doit y avoir des accords et des garanties que la Russie ne commencera pas à tirer », a-t-elle dit.

« Nous avons besoin de garanties à toute épreuve, et ce à l’écrit. C’est ce que nous nous efforçons d’obtenir maintenant. »

Écrivant sur les réseaux sociaux dimanche, l’assistant présidentiel Mykhaylo Podolyak a déclaré que Kiev « ne s’arrêtera pas tant que tous nos concitoyens n’auront pas été évacués » d’Azovstal.

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