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Un rescapé des camps nazis tué dans un bombardement à Kharkiv

Boris Romantschenko, vice-président du Comité international Buchenwald-Dora a été tué vendredi dernier dans une explosion à son domicile

Boris Romantschenko lors d'une cérémonie commémorative à Buchenwald en 2015. (Crédit : Fondation des mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora)
Boris Romantschenko lors d'une cérémonie commémorative à Buchenwald en 2015. (Crédit : Fondation des mémoriaux de Buchenwald et de Mittelbau-Dora)

Un rescapé des camps de concentration nazis, Boris Romantschenko, a été tué dans le bombardement de l’immeuble où il vivait, à Kharkiv, dans le nord-est de l’Ukraine, a indiqué lundi la Fondation allemande des Mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora.

« Une frappe a touché l’immeuble de plusieurs étages dans lequel il vivait. Son appartement a brûlé », décrit dans un communiqué la Fondation qui fait part de son « horreur » et « pleure la perte d’un ami proche ».

Agé de 96 ans, l’ancien prisonnier de Buchenwald et vice-président du Comité international Buchenwald-Dora pour l’Ukraine est mort vendredi, ajoute l’organisation qui précise avoir été informée de son décès par sa petite-fille.

« Il a survécu à Buchenwald, Mittelbau-Dora, Peenemünde et Bergen-Belsen, dans les camps de la mort érigés par les partisans d’Hitler. Et maintenant, il a été tué par un bombardement russe qui a touché un immeuble ordinaire de Kharkiv. Chaque jour de cette guerre montre plus clairement ce qu’est la ‘dénazification’ pour ‘eux' », a dénoncé le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans une vidéo publiée lundi soir sur Telegram.

Vladimir Poutine ne cesse de justifier l’invasion de l’Ukraine par la nécessité de « dénazifier » ce pays, un argument de propagande et une référence à la Seconde Guerre mondiale dénoncés notamment par les historiens.

M. Romantschenko avait été déporté en Allemagne en 1942, à l’âge de 16 ans, comme travailleur forcé. C’est après une tentative d’évasion qu’il avait été envoyé au camp de Buchenwald, dans le centre de l’Allemagne, en 1943. Il avait ensuite été interné à Peenemünde, Mittelbau-Dora et Bergen-Belsen, précise la Fondation.

« Menace pour les survivants »

Avant de rentrer en Ukraine, il avait dû servir plusieurs années dans l’armée soviétique stationnée en Allemagne de l’Est, selon l’association caritative Maximilian Kolbe, engagée dans le soutien matériel et psychologique aux anciens prisonniers des camps nazis.

L’association était en lien depuis plusieurs années avec Boris Romantschenko qui était malade et ne pouvait quasiment plus quitter l’appartement où il vivait seul, au huitième étage d’un immeuble de Kharkiv, a précisé à l’AFP une collaboratrice de l’ONG.

« La mort horrible de Boris Romantschenko montre à quel point la guerre en Ukraine est une menace pour les survivants des camps de concentration », souligne la Fondation des Mémoriaux de Buchenwald et Mittelbau-Dora qui tente de leur faire parvenir médicaments et nourriture.

Elle estime à environ 42.000 le nombre de rescapés des persécutions nazies vivant actuellement en Ukraine.

Présent lors d’une cérémonie de commémoration marquant l’anniversaire de la libération du camp de Buchenwald, en 2012, Boris Romantschenko y avait lu, rappelle la Fondation, le serment de Buchenwald : « La construction d’un nouveau monde de paix et de liberté est notre idéal ».

Assiégée par les forces russes depuis le début de leur offensive, la ville de Kharkiv a été la cible de plusieurs frappes meurtrières ayant touché des bâtiments civils.

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