Un trafic d’objets du ghetto de Varsovie vers Israël choque les Juifs de Pologne
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Un trafic d’objets du ghetto de Varsovie vers Israël choque les Juifs de Pologne

Parmi ces objets se trouvent des tefillin, pluri-centenaires ; Selon la législation polonaise, toute sortie d'objets datant d'avant 1945 est un crime passible d'une peine de prison

Des Juifs alignés dans le ghetto de Varsovie au cours de la Seconde guerre mondiale. (Crédit : Autorisation de l'American Jewish Joint Distribution Committee Archives via JTA)
Des Juifs alignés dans le ghetto de Varsovie au cours de la Seconde guerre mondiale. (Crédit : Autorisation de l'American Jewish Joint Distribution Committee Archives via JTA)

Des institutions juives polonaises se sont dites « choquées » mardi par une sortie illégale présumée d’objets historiques juifs découverts récemment dans l’enceinte de l’ancien ghetto de Varsovie, vers Israël, selon un communiqué reçu par l’AFP.

Selon le journal israélien de droite Israel Hayom, l’institut juif Shel Olam a sorti illégalement de Pologne des objets retrouvés dans un bunker construit par les juifs sous le nez des nazis allemands sur le terrain de l’ancien ghetto, et découvert par des ouvriers lors de travaux de construction.

« Nous sommes choqués et scandalisés par le fait que des artefacts de la période de l’Holocauste circulent illégalement », ont écrit les responsables de l’Institut historique Ringelblum, du Musée du ghetto de Varsovie et du Musée des juifs de Pologne Polin.

« Nous lançons donc un appel à toutes les personnes ayant pris connaissance de tels artefacts à transmettre ces informations aux institutions adéquates », ont-ils ajouté, soulignant que chaque découverte d’objets historiques doit être signalée aux autorités et que leur sortie éventuelle du territoire polonais est soumise à des réglementations très strictes.

Selon le journal israélien, après la découverte du bunker, dont l’emplacement reste inconnu, la fondation israélienne a contacté les ouvriers en secret, avant de sortir les objets illégalement vers Israël.

Parmi eux, se trouvent notamment une dizaine de tefillin, petites boîtes contenant des fragments de Torah, portés à la tête et au bras, utilisés lors des cérémonies religieuses. Certains d’entre eux auraient plus de 100 ans.

Des survivants juifs de l’Holocauste portent le tefilin, ou les phylactères, et le châle de prière pendant qu’ils lisent les rouleaux de la Torah lors de leur cérémonie de bar mitzvah, normalement faite à l’âge de 13 ans, le 2 mai 2016, au mur Occidental de la Vieille Ville de Jérusalem . (Crédit : AFP Photo / Menahem Kahana)

Selon la législation polonaise, toute sortie sans autorisation du territoire polonais d’objets datant d’avant 1945 est un crime passible d’une peine allant jusqu’à cinq ans de prison.

Un an après l’invasion, en septembre 1939, de la Pologne, les Allemands créèrent dans la capitale polonaise un quartier spécial pour les Juifs. Ils y enfermèrent quelque 480 000 personnes pour les exterminer par la faim et les maladies, avant d’en déporter 300 000 vers les chambres à gaz du camp de Treblinka, à 80 kilomètres à l’Est de Varsovie.

Illustration : Une image du soulèvement du ghetto de Varsovie au cours duquel les combattants juifs de la résistance ont tenu à distance les nazis pendant presque un mois, entre avril et mai 1943 (Crédit : Wikimedia Commons)

Le 19 avril 1943, quelques centaines de combattants juifs attaquèrent les nazis dans la capitale polonaise, préférant mourir l’arme à la main plutôt que prendre le chemin des chambres à gaz.

Après la fin de l’insurrection, les Allemands ont anéanti le terrain du ghetto, avant de faire de même avec l’ensemble de la capitale polonaise après l’insurrection de 1944, détruisant pratiquement tout son patrimoine historique.

Plus de six millions de Polonais, dont trois millions de juifs, ont été tués par les nazis allemands lors de la Seconde guerre mondiale.

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