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Un tueur à gages azerbaïdjanais engagé pour cibler des Israéliens à Chypre ?

Le suspect arrêté aurait traversé l'île à vélo depuis la partie turque et recherchait des hommes d'affaires israéliens

Illustration : une policière ajuste son masque alors qu'elle monte la garde à l'aéroport principal de Chypre à Larnaca, le mardi 9 juin 2020. (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)
Illustration : une policière ajuste son masque alors qu'elle monte la garde à l'aéroport principal de Chypre à Larnaca, le mardi 9 juin 2020. (Crédit : AP Photo/Petros Karadjias)

Le tueur à gages dans le présumé complot terroriste iranien visant à assassiner un ou plusieurs hommes d’affaires israéliens à Chypre, aurait espionné des cibles potentielles dans un complexe de bureaux où travaillent plusieurs Israéliens, a rapporté la Douzième chaîne, lundi soir.

Au cours de la semaine dernière, des informations ont fait état d’une tentative d’attentat contre des cibles israéliennes à Chypre, bien que les détails du complot et de ses cibles aient été très diverses.

Certaines sources ont affirmé que l’attentat déjoué était une tentative d’assassinat contre le milliardaire israélien Teddy Sagi, liée à ses relations d’affaires. Lundi, le gouvernement israélien a toutefois imputé au « terrorisme iranien » le projet d’attentat de la semaine dernière et a déclaré que Sagi n’était pas la cible. Sagi lui-même a nié être personnellement visé.

Selon la Douzième chaîne, le tueur à gages était d’origine azerbaïdjanaise et était récemment arrivé à Chypre sur un vol en provenance de Russie avec un passeport russe. Atterrissant à Larnaca, dans la partie sud de l’île, il se serait rendu dans la ville de Paralimni, contrôlée par les Turcs, dans le nord, où il aurait loué une chambre et deux véhicules.

Citant les soupçons de la police chypriote, le réseau israélien affirme que le suspect est ensuite retourné à Larnaca, où il a tenté de trouver des hommes d’affaires israéliens dans le quartier d’affaires Angumi, où travaillent la plupart des Israéliens de l’île.

Il aurait traversé la frontière turco-chypriote dans les deux sens à plusieurs reprises sur un vélo.

À Larnaca, l’assassin aurait surveillé un complexe de bureaux connu pour être le lieu de travail de plusieurs Israéliens. Le reportage de la Douzième chaîne, indique qu’il a été filmé par les caméras de sécurité en train de fouiner dans le quartier, preuve qui a finalement été utilisée pour l’attraper.

Quelques jours plus tard, il a été arrêté par la police chypriote de l’unité antiterroriste avec un pistolet et un silencieux sur lui qu’il aurait obtenu pendant son séjour à Chypre.

L’homme d’affaires israélien Teddy Sagi (Crédit : autorisation)

Selon le radiodiffuseur public Kan, la récente tentative d’attentat était une réponse à l’assassinat par Israël, l’année dernière, de Mohsen Fakhrizadeh, le responsable du programme nucléaire de Téhéran. Et, selon la Treizième chaîne, elle pourrait avoir été conçue comme une réaction à une récente opération du Mossad visant à recueillir des informations sur le sort de Ron Arad, disparu au combat il y a plus de 30 ans.

Kan a rapporté lundi que le complot avait pour but de venger l’assassinat, en novembre 2020, de Fakhrizadeh, le principal scientifique nucléaire iranien. Fakhrizadeh aurait été éliminé lors d’un attentat sophistiqué mené par une équipe du Mossad qui a déployé une mitrailleuse informatisée, n’a nécessité aucun agent sur place, a pris moins d’une minute et n’a blessé personne d’autre,

Le média, qui n’a pas cité de source pour son reportage, a déclaré qu’il n’était pas clair si les cibles israéliennes avaient été choisies simplement parce qu’elles étaient israéliennes, ou parce qu’elles étaient supposées avoir un lien avec les services de sécurité israéliens. Kan a ajouté que, selon les évaluations israéliennes, Téhéran a également tenté de cibler le véhicule d’un diplomate israélien à Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan, ainsi que l’ambassade d’Israël à New Delhi, en Inde.

La scène où Mohsen Fakhrizadeh a été tué à Absard, une petite ville située juste à l’est de la capitale, à Téhéran, en Iran, le 27 novembre 2020. (Crédit : Agence de presse Fars via AP) ; Encart : Mohsen Fakhrizadeh sur une photo non datée. (Crédit : autorisation)

Lundi soir également, la Treizième chaîne a suggéré que le complot de Chypre pourrait avoir été destiné à se venger d’une opération du Mossad révélée plus tôt dans la journée par le Premier ministre Naftali Bennett, afin de recueillir des informations sur Arad, un navigateur de l’armée de l’air israélienne, qui a été capturé en 1986, et dont on a entendu parler pour la dernière fois en 1988.

La chaîne de télévision n’a pas fourni de détails supplémentaires sur le lien présumé entre les deux affaires et sur la manière dont l’opération du Mossad était liée à l’Iran. Arad s’est échappé de son avion lors d’une opération au Sud-Liban en 1986. Israël pense qu’il a été capturé par le mouvement chiite Amal avant d’être remis à l’Iran, et qu’il a été déplacé du Liban à l’Iran, puis vice-versa. On pense qu’il est mort au Liban.

S’exprimant devant la Knesset lundi, le ministre de la Défense Benny Gantz a réitéré l’affirmation du gouvernement selon laquelle l’attaque présumée contre Sagi était liée au terrorisme iranien. « Comme cela a été rendu public récemment, une attaque iranienne contre des cibles israéliennes à Chypre a été déjouée », a déclaré Gantz, lors d’une réunion de la faction Kakhol Lavan. « L’Iran continue d’être une menace mondiale et régionale, ainsi qu’un défi pour Israël, et nous continuerons d’opérer afin de protéger nos citoyens et l’État d’Israël partout contre toute menace. »

Selon les premières informations, Sagi, un homme d’affaires israélo-chypriote bien connu qui a fondé la société de logiciels de jeux Playtech, et possède Camden Market à Londres, a été sauvé à la dernière minute du projet d’assassinat après en avoir été averti par les autorités.

Mais Sagi a déclaré lundi soir à la Douzième chaîne qu’il n’avait jamais été averti et qu’il avait décidé de quitter Chypre pour des raisons indépendantes de sa volonté. « Les gros titres semblaient très effrayants, mais cela n’avait rien à voir avec moi », a-t-il déclaré. « Je n’ai reçu aucune notification pour partir ».

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