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Un tweet d’un ministre du Likud sur les réservistes entraîne la controverse

"Le peuple d'Israël peut faire sans vous et vous, vous irez en enfer", a-t-il écrit aux soldats opposés à la réforme judiciaire

Un tweet écrit pour Pourim par le ministre des Communications du Likud  ' Shlomo Karhi, le 6 mars 2023. (Capture d'écran : Twitter)
Un tweet écrit pour Pourim par le ministre des Communications du Likud ' Shlomo Karhi, le 6 mars 2023. (Capture d'écran : Twitter)

Dans un contexte de menaces croissantes de la part des soldats réservistes israéliens de ne plus se présenter à leur service en signe de protestation contre le plan de réforme judiciaire gouvernemental, un député du Likud a indiqué, lundi, que les mécontents, dans les rangs de l’armée, pouvaient aller « en enfer » dans un message publié sur les réseaux sociaux à l’occasion de Pourim.

Le ministre des Communications Shlomo Karhi est allé sur Twitter, lundi soir, alors que les célébrations de Pourim commençaient dans tout Israël, pour s’en prendre aux réservistes qui menacent de ne plus assurer leur service si la coalition dirigée par le Premier ministre Benjamin Netanyahu devait faire avancer les projets de loi qui limiteront de manière drastique le pouvoir de la Haute-cour de justice et qui permettront aux politiques de prendre le contrôle des nominations des juges.

« Et Mordechai ne s’agenouillerait pas et il ne s’inclinerait pas », a écrit Karhi, faisant référence à un texte de la megillah de Pourim qui est traditionnellement lue à deux occasions pendant la fête. « Il y a des fois où il faut rester debout face à l’hégémonie. »

« À ceux qui refusent de servir, nous disons ce que Mordechai a dit à Esther : ‘Le profit et le salut viendront des Juifs d’autre part, et toi et votre père périrez.' »

« Le peuple d’Israël peut faire sans vous et vous, vous irez en enfer », a écrit Kahri aux réservistes qui ont exprimé leur opposition féroce au plan de la coalition dans un contexte d’intenses manifestations publiques qui attirent des centaines de milliers de personnes.

« Le mouvement de réforme judiciaire va continuer. C’est pour vivre ce moment-là que nous sommes arrivés au pouvoir », a poursuivi Kahri, faisant référence à la coalition de droite, d’extrême-droite et ultra-orthodoxe qui a pris les rênes d’Israël il y a seulement deux mois et qui est forte de 64 sièges au parlement.

En réponse au tweet, la députée Yulia Malinovsky de Yisrael Beytenu, un parti de l’opposition, a répondu : « Qui exactement envoyez-vous en enfer ? Ces gens font partie de la nation et ils en forment une partie particulièrement importante – ce sont eux qui soutiennent l’État avec leurs impôts, ils servent dans l’armée, ils sont les piliers de l’État d’Israël. »

Malinovsky s’en est pris directement à Kahri, l’accusant d’être un « ingrat » et d’être « déconnecté de la situation ».

Antérieurement, dans la même journée, Netanyahu avait dénoncé le phénomène croissant des soldats de réserve menaçant de refuser le service ou d’effectuer leurs exercices, disant que les membres de l’armée israélienne n’avaient jamais abandonné l’État auparavant.

« Le refus n’a pas sa place », avait-il continué lors d’une conférence de presse organisée dans une base de la police des frontières dans l’implantation de Beit Horon, en Cisjordanie, alors qu’il se trouvait aux côtés du ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et du président de la Knesset, Amir Ohana.

Netanyahu avait indiqué que « la société israélienne a toujours condamné ceux qui refusent de servir. Elle ne les a jamais autorisés à s’implanter en son sein ».

« Quand vous êtes sur le champ de bataille et que vous regardez autour de vous, vous ne le faites pas pour identifier les convictions politiques de vos voisins », a continué le Premier ministre. « Dans une société, on peut manifester, on peut avoir des points de vue opposés mais le refus n’a pas sa place. »

Pour sa part, un député du Likud a déclaré que les pilotes refusant de se présenter à leurs entraînements devaient être déchargés pour servir d’exemple aux autres militaires qui menacent de ne plus servir en signe de protestation contre la refonte prévue du système judiciaire.

« Nous ne pouvons pas être pris en otage par un groupe qui exploite le pouvoir qu’il détient pour imposer ses politiques au gouvernement », a dit Ariel Kellner au micro de la Radio militaire. « S’ils ont des demandes, déchargez-les. Sinon, nous aurons demain des soldats d’infanterie qui nous diront : ‘Nous ne servirons pas.' »

Dimanche, presque tous les membres réservistes d’un escadron de l’armée de l’air avaient annoncé qu’ils ne se présenteraient pas lors d’un entraînement prévu en milieu de semaine afin de protester contre les réformes judiciaires. Dans la foulée, Herzi Halevi, le chef d’état-major, et le ministre de la Défense Yoav Gallant avaient averti que de tels refus étaient susceptibles de nuire aux capacités opérationnelles de Tsahal.

Le général réserviste Gershon Hacohen, ancien commandant qui revendique d’être de droite, a expliqué à Kan que les soldats devaient parvenir à séparer service et politique.

« Gardons l’armée hors de tout ça. Il est en train de se passer quelque chose qui franchit toutes les lignes rouges. Ceux qui abandonneront l’armée alors qu’elle est en difficulté n’ont pas leur place », a-t-il commenté.

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