Un vautour qu’on pensait éteint en Israël depuis 30 ans repéré deux fois ce mois
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Un vautour qu’on pensait éteint en Israël depuis 30 ans repéré deux fois ce mois

L'Autorité israélienne de la nature et des parcs espère que l'observation de sous-espèces de vautour à face lapone signalera son retour

Un vautour à tête plate visite la réserve naturelle de Hai Bar à Yotvata dans le sud d'Israël, le 29 avril 2021. (Crédit : Noam Weiss/ International Birding and Research Center, Eilat)
Un vautour à tête plate visite la réserve naturelle de Hai Bar à Yotvata dans le sud d'Israël, le 29 avril 2021. (Crédit : Noam Weiss/ International Birding and Research Center, Eilat)

Il y a un mois, le scientifique en chef de l’Autorité Israélienne de la Nature et des Parcs a aperçu dans le pays, pour la seconde fois de sa carrière, un spécimen d’une espèce que l’on croyait éteinte.

La première fois, c’était en 2011, lorsque la grenouille peinte de Hula, originaire des marais de Hula dans le nord d’Israël, a été redécouverte. On pensait qu’elle avait disparu à l’état sauvage suite à la destruction de son habitat dans les années 1950.

La deuxième fois, c’était à la fin du mois d’avril, lorsque le vautour à face lapone, éteint dans le pays depuis 1989, a été un visiteur inattendu de la réserve naturelle de Hai Bar à Yotvata, dans le sud d’Israël.

Mardi dernier, celui-ci – ou un autre oiseau de proie de la même espèce, cela reste incertain – est apparu à Hai Bar pour la deuxième fois.

Dr. Yehoshua Shkedy, Scientifique en chef de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs. (Crédit : INPA)

Yehoshua Shkedy a déclaré au Times of Israel que le retour ou la redécouverte d’une seule espèce disparue était « suffisant pour [le] rendre fou de joie ».

Il a ajouté : « Je me sens tellement chanceux. Lorsque l’oiseau a été aperçu pour la première fois, j’ai tout laissé tomber et suis allé à Yotvata pour le voir. Je l’ai vu déployer ses ailes. Il a une envergure de 2,9 mètres. C’était incroyable à voir. »

Torgos tracheliotos negevensis, nommé d’après le désert du Néguev, est une sous-espèce de vautour à face lapone. Sa tête est d’une couleur plus terne que celle de son cousin africain – rose plutôt que rouge – et il n’a pas de ligne blanche distincte sur le dessous des ailes, contrairement à celui-ci.

Il pouvait autrefois être vu depuis le nord du Néguev et le centre du désert de Judée jusqu’aux montagnes d’Eilat, sur la pointe sud du pays. L’oiseau vivant actuellement sur la péninsule arabique, Shkedy a effectué des enquêtes préliminaires en collaboration avec des organisations de préservation de la nature émiraties, en vue d’acquérir des oiseaux et d’établir un programme d’élevage. Israël a normalisé ses relations avec les Émirats Arabes Unis l’année dernière.

Le plus puissant des vautours africains, et celui doté de la plus grande envergure, le vautour à face lapone mesure environ un mètre de haut et possède un bec extrêmement puissant. Selon Shkedy, c’est la seule créature en Afrique, mis à part le lion et la hyène, capable de déchirer la carcasse d’un grand mammifère. Contrairement à ces deux derniers, il partage volontiers son festin avec les petits vautours et autres animaux.

Sa tête chauve est adaptée à ses habitudes alimentaires. Il est inutile d’avoir une coiffure fantaisiste lorsque votre tête passe la plus grande partie de son temps dans les entrailles d’une proie.

Le vautour à tête plate africain a une tête plus rouge. (Capture d’écran YouTube)

Au cours des dernières décennies, l’ensemble des espèces de vautours à face lapone, y compris la sous-espèce negevensis, a connu un déclin drastique, avec 5 700 oiseaux seulement dénombrés en Afrique et en Méditerranée orientale. Elle est désormais classée en danger par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN), en raison principalement de l’empoisonnement de carcasses par des hommes cherchant à se débarrasser d’autres animaux sauvages qui se nourrissent de leur bétail.

En mangeant des charognes, les vautours accomplissent un service essentiel, débarrassant la nature de nombreux déchets et, selon la Fondation de Conservation des Vautours, empêchant la propagation de maladies telles que l’anthrax et la rage.

L’Autorité Israélienne de la Nature et des Parcs a réussi à élever d’autres espèces d’oiseaux de proie auparavant. Mais c’est un long processus.

L’organisation préfère utiliser des couples d’oiseaux qui ne pourraient pas survivre à l’état sauvage en raison de blessures ou d’un handicap, a expliqué Shkedy. Les oiseaux doivent être capables de se reproduire et de nourrir leurs petits, et les oisillons doivent survivre quelques années, avant qu’ils ne puissent être relâchés.

« Si nous commencions aujourd’hui et voyions le premier nid dans six ou sept ans, cela serait considéré comme un succès », a déclaré Shkedy.

C’est pourquoi il espère que le ou les visiteurs ailés du Hai Bar, de sexe encore inconnu, puissent explorer Israël et recommencent à s’y installer.

« Je n’ai pas voulu attraper l’oiseau la première fois pour l’identifier », a déclaré Shkedy. « Je voulais voir s’il amènerait son partenaire et d’autres de la même espèce, s’il y aurait une réhabilitation naturelle. »

Le premier vautour à dos blanc repéré en Israël a survolé le ruisseau Og, dans le nord de la région de la mer Morte, le 29 avril 2021. (Crédit : Asaf Mizrahi, Autorité israélienne de la nature et des parcs)

Le mois d’avril a également vu la première observation en Israël d’un vautour à dos blanc au-dessus du lit de l’Og dans la région nord de la mer Morte. Cette espèce est classée en danger critique d’extinction par l’UICN. Ses effectifs ont chuté de 90 % au cours des 55 dernières années.

La population de vautours d’Israël dans son ensemble est petite, vulnérable et en danger d’extinction. Elle se concentre principalement dans le Néguev dans le sud d’Israël, et le Carmel dans le nord, avec quelques individus également présents sur les hauteurs du Golan.

Mais elle se développe lentement, notamment grâce aux efforts de protection, de réhabilitation et d’élevage de l’INPA. Le nombre d’oiseaux est passé de 110 en 2012 à un pic sans précédent de 206 l’année dernière, tandis que le nombre de nids est passé de 33 à 48.

Sur les 206 aigles recensés en juin 2020 (le dernier recensement), 22 provenaient d’un programme d’élevage en captivité et dix étaient des aigles réhabilités d’Espagne qui avaient été blessés et traités et relâchés localement dans la nature.

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