Un vétéran et un débutant pour représenter Ryad au sommet US
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Un vétéran et un débutant pour représenter Ryad au sommet US

Kerry souhaite de "meilleurs accords de sécurité" entre les pays du Golfe et les Occidentaux dans le domaine du terrorisme

John Kerry, alors secrétaire d'Etat américain,à droite,  avec le prince Mohammed ben Salmane (2e à gauche), le fils du roi Salmane d'Arabie saoudite, et d'autres fonctionnaires de la Cour royale, à Riyad, en Arabie Saoudite, le 7 mai 2015. (Crédit : Andrew Harnik/Pool/AFP)
John Kerry, alors secrétaire d'Etat américain,à droite, avec le prince Mohammed ben Salmane (2e à gauche), le fils du roi Salmane d'Arabie saoudite, et d'autres fonctionnaires de la Cour royale, à Riyad, en Arabie Saoudite, le 7 mai 2015. (Crédit : Andrew Harnik/Pool/AFP)

Ils n’ont rien en commun sauf leur puissance : les deux représentants de l’Arabie saoudite au sommet réunissant mercredi les Etats-Unis et les monarchies du Golfe sont un vétéran de la lutte antiterroriste et un jeune débutant de la vie politique.

Le prince héritier Mohammed ben Nayef, 55 ans, est également ministre de l’Intérieur qui a survécu à une tentative d’assassinat d’Al-Qaïda après avoir conduit une répression implacable contre le réseau extrémiste, qui lui a valu l’estime de Washington.

Il aura à ses côtés lors des rencontres avec le président Barack Obama, le prince Mohammed ben Salmane. Ministre de la Défense et futur prince héritier, ce trentenaire est un ancien homme d’affaires qui a rejoint, il y a quelques années, le cabinet de son père, Salmane, devenu roi le 23 janvier.

Ensemble, ils représenteront leur pays, après la défection à la dernière minute du roi Salmane, 79 ans, au sommet de deux jours à la Maison Blanche puis à la résidence présidentielle de Camp David, au nord de Washington.

Le sommet réunit les dirigeants du Conseil de coopération du Golfe (CCG – Arabie saoudite, Bahreïn, Emirats arabes unis, Oman, Qatar et Koweït) autour d’Obama qui l’a convoqué pour restaurer la confiance chancelante avec ces monarchies sunnites.

Celles-ci sont inquiètes des « ingérences » de l’Iran chiite et grand rival de l’Arabie saoudite dans la région tandis que Washington et d’autres puissances tentent de finaliser un accord avec Téhéran sur son programme nucléaire controversé.

Mohammed ben Nayef a la haute main sur la sécurité du royaume tandis que Mohammed ben Salmane s’occupe de la Défense et supervise à ce titre la campagne militaire contre les rebelles soutenus par l’Iran au Yémen.

Leur présence commune aux Etats-Unis « vaut aussi bien une présence personnelle du roi Salmane », estime Jamal Khashoggi, un analyste saoudien.

Etoiles montantes

« Ils peuvent être considérés comme les étoiles montantes » de la famille royale, souligne Frederic Wehrey du programme Moyen-Orient de la Fondation Carnegie pour la paix internationale de Washington.

Les deux princes ont été promus premier et second dans la ligne de succession par le roi Salmane en avril.

Anthony Cordesman du Centre pour les études stratégiques et internationales de Washington, décrit la paire comme « deux des plus hauts responsables » du riche royaume pétrolier.

Mohammed ben Nayef a fait des études de sciences politiques aux Etats-Unis et a eu plusieurs stages de formation militaire, y compris à la CIA, selon des spécialistes de la famille royale.

Il a conduit la campagne de répression contre Al-Qaïda qui avait mené des attentats particulièrement meurtriers dans le royaume entre 2003 et 2007. Lui-même a échappé de justesse en 2009 à un attentat d’Al-Qaïda, dont l’un des kamikazes, faisant semblant de se rendre, s’est fait exploser en sa présence.

Il « est tenu en haute estime » par Washington pour ses succès contre Al-Qaïda et ses efforts pour réhabiliter les extrémistes, selon David Ottaway, chercheur principal au Centre Wilson à Washington. « Il a de fortes relations personnelles avec beaucoup (de décideurs) à Washington ».

‘Agressif et ambitieux’

Cela n’est pas le cas du jeune prince Mohammed ben Salmane, dont l’âge n’excède pas les 35 ans selon analystes et médias locaux.

Selon sa biographie publiée par la Fondation Misk, que le prince avait établie pour le développement de la jeunesse, il a eu « une carrière de 10 ans » dans les affaires, avant de devenir en 2009 conseiller spécial de son père et plus tard chef de son cabinet lorsque Salmane est devenu prince héritier.

Après sa nomination à la Défense, il a pris l’énorme responsabilité d’organiser une coalition qui a lancé le 26 mars la campagne aérienne contre les rebelles au Yémen.

Il dirige également un Conseil économique. Et il est le deuxième vice-Premier ministre, ce qui en fait l' »homme fort de l’Arabie saoudite », selon un diplomate occidental.

Bruce Riedel, un ancien de la CIA qui dirige le Projet Intelligence Brookings à Washington, écrit que le prince Mohammed ben Salmane « a la réputation d’être agressif et ambitieux ».

Et pour Wehrey, certains à Washington pensent qu’il « tente de gagner ses galons ou de se faire connaître » à travers la campagne au Yémen.

Terrorisme : Kerry veut de « meilleurs accords de sécurité » entre les pays du Golfe et les Occidentaux

Le secrétaire d’Etat américain, John Kerry, a réclamé mercredi de « meilleurs accords de sécurité » entre les pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG), les Etats-Unis et les Occidentaux pour combattre le terrorisme, à quelques heures d’un sommet avec le CCG à Washington.

« Je pense que tous les Etats membres (de l’Otan) sont très conscients que définir un meilleur accord de sécurité entre le CCG, d’autres pays amis et les Etats-Unis sera essentiel pour les aider à repousser le terrorisme », a indiqué M. Kerry avant une réunion des chefs de la diplomatie de l’Otan à Antalya (sud-ouest de la Turquie).

Ce genre d’accord de sécurité peut aussi aider à combattre « certaines activités qui se déroulent dans la région et qui sont perturbantes pour tous ces pays », a ajouté M. Kerry, faisant allusion à la rébellion des Houthis au Yémen qui a déclenché une campagne de frappes meurtrières d’une coalition de pays arabes emmenée par l’Arabie saoudite.

Barack Obama doit accueillir mercredi à la Maison Blanche les dirigeants du Golfe avec un message visant à rassurer: les Etats-Unis, engagés dans des négociations avec l’Iran sur son programme nucléaire, restent vigilants face aux activités « déstabilisatrices » de Téhéran.

En l’absence – remarquée – du roi Salmane d’Arabie saoudite, qui a décliné l’invitation à la dernière minute, le président américain devait s’entretenir dans le Bureau ovale avec le prince héritier Mohammed ben Nayef, ainsi qu’avec le fils du roi et ministre de la Défense, le prince Mohammed ben Salmane.

Ce sommet débute quelques heures après l’entrée en vigueur au Yémen d’une trêve humanitaire, mardi soir.

Washington et les États du Golfe doivent mettre au point un nouvel ensemble de mesures de sécurité au Proche-Orient. Mais l’exécutif américain est resté évasif sur le type de résultats auxquels il espère aboutir à l’issue de ces deux journées.

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