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Un vicariat d’Israël alerte sur la précarité des enfants sans statut légal

1 600 enfants nés en Israël de travailleurs migrants et de demandeurs d'asile, qui ont vécu toute leur vie dans le pays et fréquenté ses écoles, n'ont aucun statut légal

Une femme nourrit des enfants de familles d'immigrants africains clandestins dans un centre du sud de Tel Aviv, le 28 mai 2015. Illustration. (Crédit : Jack Guez/AFP)
Une femme nourrit des enfants de familles d'immigrants africains clandestins dans un centre du sud de Tel Aviv, le 28 mai 2015. Illustration. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Un groupe d’enfants sans statut légal a interprété, le 22 août dernier, au Centre Notre-Dame à Jérusalem, une pièce de théâtre biblique à destination du grand public, a rapporté le site d’information Vatican News. L’événement a été organisé par le vicariat pour les catholiques de langue hébraïque en Israël, qui souhaite mettre en lumière la dure réalité de ces jeunes. Alors qu’ils ne sont pas reconnus par la loi, ils risquent à tout moment d’être arrêtés et déportés en dehors du pays.

La pièce traitait de la vie de Ruth, convertie qui s’attache aux valeurs du judaïsme et arrière-grand-mère du roi David.

L’événement a bénéficié ces trois dernières années du soutien du programme européen Erasmus +, et a été organisé à trois dates différentes au cours de cet été. « Il a déjà réuni de nombreux curieux de toutes les couches de la société israélienne, de différentes religions et confessions, venus soutenir une cause invisibilisée », indique Vatican News.

Lancé en 2019 et poursuivi en 2021, le programme Erasmus + vise notamment à construire des ponts entre les jeunes catholiques hébréophones et européens. Il favorise la rencontre d’enfants originaires des Pays-Bas, d’Autriche, d’Allemagne et d’Israël.

La communauté catholique de langue hébraïque d’Israël, dont le nom officiel est Vicariat Saint-Jacques pour les catholiques de langue hébraïque en Israël, est une petite communauté catholique de rite latin. Elle est placée dans la juridiction du Patriarcat latin de Jérusalem. Elle est dirigée par Piotr Zelasko, qui a introduit les évènements de cet été. Elle regroupe des catholiques d’origine juive, baptisés dans leur pays d’origine ou en Israël ; des catholiques issus de familles mixtes ; des catholiques d’origine non juive vivant en Israël, notamment des religieux et des familles de travailleurs étrangers. Tous, Israéliens ou non, considèrent Israël comme leur pays et l’hébreu comme leur langue. Il existe actuellement quatre communautés locales : à Jérusalem, Tel Aviv, Haïfa et Beer Sheva.

Piotr Zelasko a ainsi indiqué qu’en 2022, 1 600 enfants nés en Israël de travailleurs migrants et de demandeurs d’asile, qui ont vécu toute leur vie dans le pays et fréquenté ses établissements scolaires, dont la première langue est l’hébreu, n’avaient aucun statut légal.

Alors que ces enfants sont protégés par la loi pendant l’année scolaire, ils risquent cependant d’être arrêtés et expulsés en cette période de vacances d’été, vers des pays qu’ils ne connaissent pas et dont ils ne parlent pas la langue. Les autorités israéliennes ont ainsi commencé à procéder aux expulsions d’enfants à partir de 2003.

« Au nom du Vicariat de Saint-Jacques, je promets de faire tout ce que je peux pour donner à ces enfants une vie ‘normale’, ‘régulière’. Une vie sans peur qui leur permette de rêver à un avenir comme n’importe quel autre enfant en Israël et en Europe », a déclaré Piotr Zelasko.

« Je suis Israélien en tout. Je célèbre les fêtes avec mes amis. Je mange de la nourriture israélienne. Je joue aux mêmes jeux que les Israéliens… », a déclaré l’un des enfants en introduction de la pièce. « Seulement si vous étiez à ma place, vous sauriez ce que cela fait vraiment de vivre presque toujours dans la peur qu’ils vous attrapent. »

« La pièce de théâtre a été un instrument permettant d’établir un lien avec le public », a déclaré Katrin Tal, coordinatrice des programmes pour la jeunesse au vicariat de Saint-Jacques. « Pour leur raconter l’histoire d’enfants qui, contrairement à d’autres qui attendent les vacances d’été, en ont peur. La peur d’être déportés. La période du COVID a été difficile car tout le monde a dû rester à la maison. Pour nos jeunes, c’est la réalité encore aujourd’hui. Nous espérons d’autres coopérations et nous travaillons dur pour trouver des moyens de donner à ces enfants un avenir ‘normal’ d’éducation supérieure et de travail. »

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