Une audience de la Knesset sur la société de radiodiffusion publique perturbée
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Une audience de la Knesset sur la société de radiodiffusion publique perturbée

Deux travailleurs d’IBA qui ont fait un tollé sur les licenciements imminents ont été expulsés du débat sur le lancement retardé d'une nouvelle corporation

L'employé d'IBA, Rafi Issachar, interrompt une audience de la Knesset sur le retard de la création d'une nouvelle autorité de radiodiffusion publique (Crédit : capture d'écran de la chaîne de la Knesset)
L'employé d'IBA, Rafi Issachar, interrompt une audience de la Knesset sur le retard de la création d'une nouvelle autorité de radiodiffusion publique (Crédit : capture d'écran de la chaîne de la Knesset)

Dimanche, une audience à la Knesset pour discuter du lancement différé de la nouvelle société de radiodiffusion publique d’Israël s’est transformée en pagaille complète après que des employés mécontents de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël (IBA) ont perturbé la procédure avec des cris scandalisés.

Les députés ont discuté d’une autre date possible pour la mise en place du nouveau radiodiffuseur public après que le Premier ministre Benjamin Netanyahu a reporté la réforme à janvier 2018. La loi sur la radiodiffusion publique exige que sur les 1 600 employés d’IBA, 51 % soient composés d’employés actuels d’IBA. Le reste serait mis à pied.

Deux employés d’IBA ont été renvoyés de la réunion par le président du comité le député Eitan Cabel car ils avaient interrompu la procédure, s’opposant aux licenciements imminents. Un employé, Rafi Issacar, a crié aux députés discutant de cette décision : « Vous êtes tous corrompus. Vous voulez me prendre ma maison ? Détruire ma maison ? »

« Trente ans que je suis à l’IBA, je suis la seule source de revenus. Pourquoi me jetez-vous dehors ? Je suis la seule source de revenus », a-t-il crié alors qu’il luttait avec les vigiles de la Knesset qui ont tenté de le faire sortir de la salle.

Le fait de différer la mise en place de la société de 15 mois, de septembre jusqu’à début 2018, coûterait à l’Etat 550 millions de shekels (143 millions de dollars), a déclaré au comité le responsable du ministère des Finances Amir Levi. Le député Likud David Bitan a rejeté ce chiffre, disant que cela ne coûterait que 50 millions de shekels (13 millions de dollars).

Plus tôt dimanche, Netanyahu a rejeté les critiques de sa décision, affirmant que c’était un effort pour accroître la concurrence et réformer le secteur des médias.

Netanyahu, qui est aussi le ministre des Communications par intérim, a été accusé la semaine dernière par les membres de la coalition et de l’opposition de tenter d’étouffer la liberté de la presse après avoir annoncé que la fermeture de l’Autorité de radiodiffusion d’Israël et son remplacement par une nouvelle Société de radiodiffusion – prévue pour septembre – seraient reportées à début 2018.

« Je ne me ferai pas acheter [ni ne me laisserai] décourager, ni par la critique, ni par la calomnie ni par une couverture médiatique positive », a-t-il dit. « Plus je fais face à des oppositions quant à l’ouverture de ce marché à une concurrence accrue, plus je me rends compte que je fais la bonne chose », a dit Netanyahu au début de la réunion hebdomadaire du cabinet.

« De la même manière qu’auparavant il y avait seulement deux entreprises de téléphonie cellulaire, deux compagnies de bus et deux compagnies aériennes, et maintenant il y en a davantage parce que nous avons ouvert le marché à une concurrence accrue – voilà comment ce sera sur le marché des médias et de la radiodiffusion », a-t-il avancé.

Niant les allégations selon lesquelles il a pris le poste de ministre de la Communication dans le but d’étouffer la critique des médias, il a affirmé : « La raison pour laquelle je reste au portefeuille des communications est en vue d’ouvrir l’industrie à la concurrence, tout comme je l’ai fait dans beaucoup d’autres industries en Israël ».

Netanyahu a également dit aux ministres que le retard était nécessaire parce que la nouvelle société n’était pas encore prête à commencer la diffusion.

« Une extension est nécessaire afin que la nouvelle société ait le temps de s’organiser, et elle sera lancée sur les ondes quand elle sera prête », a-t-il soutenu.

Mais la radio militaire a rapporté dimanche que Netanyahu et le ministre des Finances Moshe Kahlon ont accepté un compromis sur un retard plus court, de six mois, pour l’ouverture du nouvel organe de radiodiffusion, la date exacte restant à déterminer par le directeur des budgets du Trésor, le directeur du ministère de la Communication et le directeur de la nouvelle Société de radiodiffusion.

L'Autorité de radiodiffusion d'Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
L’Autorité de radiodiffusion d’Israël, à Jérusalem, le 6 mars 2014. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

La décision de reporter la réforme de la radiodiffusion a été annoncée lundi dernier après que Netanyahu et le chef de la fédération travailliste Histadrout Avi Nissenkorn ont conclu un accord pour retarder le lancement de la nouvelle société.

Selon des sources gouvernementales citées dans le quotidien Haaretz la semaine dernière, le retard coûtera à l’Etat 400 millions de shekels (100 millions de dollars).

Après l’annonce, les membres de la coalition de Netanyahu à la Knesset et l’opposition ont affirmé qu’il avait voulu ce retard car il craignait l’indépendance que produirait cette nouvelle autorité de radiodiffusion publique.

Kahlon, qui a dit qu’il avait d’abord entendu parler du report dans les médias, a appelé la semaine dernière à ce que la date initialement prévue pour la transition vers la nouvelle Société de radiodiffusion soit respectée.

Kahlon a été cité dans le quotidien en hébreu Yedioth Ahronoth, mercredi, affirmant que son ministère travaillait à obtenir le financement pour la nouvelle société et qu’il n’allouerait pas le financement nécessaire à l’IBA en cas de retard.

La semaine dernière, le ministre de l’Education Naftali Bennett s’en est pris à Netanyahu, accusant que : « une série de lois visant à limiter les médias suscite des inquiétudes profondes sur l’avenir de la liberté d’expression. Une presse libre est la base pour la démocratie ».

Gilad Erdan, l’ancien ministre des Communications qui a parrainé le projet de loi d’origine pour abolir l’IBA, ainsi que le député principal de l’opposition Tzipi Livni (Union sioniste), ont également accusé Netanyahu d’avoir pris cette décision pour des motifs politiques.

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