Une bombe explose devant la maison d’un gardien de prison à Elad
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Une bombe explose devant la maison d’un gardien de prison à Elad

L’explosion constitue le dernier incident en date d’une série d’attaques d’organisations criminelles contre des gardiens de prison

Une voiture en flammes devant le domicile d'un officier du renseignement du service pénitentiaire israélien à Elad, qui aurait été pris pour cible par des organisations criminelles, novembre 2018. (Crédit : Service pénitentiaire israélien)
Une voiture en flammes devant le domicile d'un officier du renseignement du service pénitentiaire israélien à Elad, qui aurait été pris pour cible par des organisations criminelles, novembre 2018. (Crédit : Service pénitentiaire israélien)

Tôt jeudi matin, une bombe a explosé dans un parking devant la maison d’un haut responsable des renseignements de la prison de Rimonim, située à côté de sa maison à Elad. Cet incident s’inscrit dans une série de tentatives d’intimidation par des criminels contre des officiers de l’administration pénitentiaire israélienne.

Le véhicule, qui appartenait à l’un des voisins de l’officier, est parti en flamme vers 3h du matin, réveillant les voisins dans ce quartier d’immeubles d’appartements de la rue Nissim Gaon.

Personne n’a été blessé dans l’explosion, mais deux voitures ont été sérieusement endommagées.

Il s’agit de la deuxième attaque dans le genre contre la maison d’un officier qui est attribuée à des organisations criminelles. La voiture d’un autre voisin avait été incendiée dans la même ville le 26 novembre.

L’officier, qui est superintendant en chef, l’équivalent de major dans l’armée, est sous protection spéciale, ce qui explique pourquoi les organisations criminelles n’ont pas pu placer les bombes dans sa voiture. Elles ont donc ciblé ses voisins, selon des officiels.

Au cours des derniers mois, on a assisté à de multiples attaques à la voiture piégée, attaques par arme à feu et menaces verbales proférées par des organisations criminelles contre des officiers de l’administration pénitentiaire. La police pense qu’il s’agit d’un effort coordonné pour les intimider et les contrôler. La plupart des menaces proviennent d’organisations dont les chefs sont détenus dans le centre pénitentiaire de Rimonim et d’Ayalon à Lod.

Selon l’administration pénitentiaire, les attaques ont impliqué plus d’une organisation criminelle.

Après les premières attaques, l’administration a dispersé les chefs d’organisations criminelles actuellement emprisonnés dans au moins quatre prisons différentes, pour compliquer leurs efforts de coordination.

De nombreux officiers du service ont été placés sous protection spéciale.

Un système de caméra de vidéo-surveillance de l’administration pénitentiaire a récemment été installé dans l’immeuble d’appartement de l’officier à Elad. La police espère qu’il pourra les aider à retrouver les responsables de la dernière attaque.

Début octobre, une bombe a explosé dans une voiture appartenant au chef de l’un des secteurs de la prison de Rimonim alors qu’elle était garée près de sa maison à Netanya. Personne n’a été blessé dans l’attaque, mais la voiture a subi des dégâts considérables.

L’officier ciblé dans l’attaque à la bombe supervise la section de la prison qui abrite les membres de l’organisation criminelle suspectée d’avoir tiré, depuis leur voiture, sur les murs de la prison de Rimonim une semaine plus tôt, lors d’une autre attaque.

Elle a aussi été placée sous protection spécifique.

De nombreux incidents ont été liés par des officiels à Uda Kutayer, un résident de la ville arabe israélienne de Jaljulia, au nord est de Tel Aviv, actuellement en prison pour des accusations de meurtres, qui est suspecté de diriger une organisation criminelle violente.

Le 24 novembre, deux hommes, tous les deux âgés d’une vingtaine d’années et résidents de Jaljulia, ont été arrêtés à l’aéroport Ben Gurion. Les deux ont été suspectés d’avoir tiré sur la prison d’Ayalon à Lod, la ville du centre d’Israël, deux jours plus tôt. A la demande de la police israélienne, ils avaient été appréhendés la veille en Roumanie après avoir quitté Israël.

Un troisième suspect de l’attaque contre la prison d’Ayalon, un jeune de 22 ans de Jaljulia, a aussi été arrêté le 24 novembre.

Lors de l’attaque, survenue juste après minuit, plusieurs balles ont atteint un poste de garde à proximité du quartier général de la prison. Il y avait des gardiens dans le poste, mais personne n’a été blessé.

La police a dit que tous les individus arrêtés en lien avec l’attaque étaient des membres suspectés du gang basé à Jaljulia dont le chef, Kutayer, a agi de la sorte parce qu’on lui avait refusé une sortie pour participer à l’enterrement de son frère.

L’attaque d’Ayalon était le quatrième incident du genre depuis août.

Les attaques, ont expliqué des officiels, ont été vues comme un « avertissement » lancé aux officiels de l’administration pénitentiaire qui ont réprimé les activités d’organisations criminelles à l’intérieur de la prison au cours de récents mois.

On pense que les derniers incidents s’inscrivent dans la même campagne d’intimidation contre des officiels des prisons.

Le ministre de la Sécurité publique, Gilad Erdan, assiste à une réunion du comité à la Knesset, le 14 novembre 2017. (Flash90)

Les organisations criminelles tenues pour responsables des attaques ont « franchi toutes les lignes rouges », ont déclaré des officiels le mois dernier.

« Nous pensons que c’est l’œuvre d’organisations criminelles contre lesquelles nous luttons, qui ont abandonné toute forme de retenue et qui sont prêtes à mener des attaques graves, y compris des attaques à l’arme à feu contre les murs de prison et des menaces verbales ou d’autre type contre des officiers et des gardiens de l’administration pénitentiaire, afin de les contrôler en les intimidant », a déclaré l’administration pénitentiaire.

Gilad Erdan, le ministre de la Sécurité publique, qui supervise la police et l’administration pénitentiaire, a donné l’ordre aux deux services de traiter en priorité les attaques contre les officiers et les infrastructures.

« Les attaques contre les prisons montrent la détresse des organisations criminelles impliquées, dont les chefs sont en prisons et inculpés, a dit Erdan. Non seulement les attaques de membres des organisations ne vont pas nous disuader, mais elles renforcent la détermination des forces de l’ordre à traduire devant la justice ces criminels ».

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