Une boulangerie londonienne vandalisée et accusée de « financer Israël »
Une chaîne fondée par des boulangers israéliens est la dernière entreprise alimentaire visée par des manifestants ; de la peinture rouge a été jetée sur la façade d'une boutique dans le nord de Londres

JTA — Mercredi, une nouvelle succursale d’une célèbre boulangerie londonienne a été vandalisée à la suite d’une manifestation pro-palestinienne, les protestataires accusant l’entreprise de « financer Israël ».
Gail’s Bakery, qui compte environ 170 points de vente au Royaume-Uni, a ouvert une nouvelle boutique dans le nord de Londres. Une inauguration accueillie par un petit groupe de manifestants munis d’une grande pancarte portant l’inscription « Boycottez Israël, qui commet un génocide et des crimes de guerre à Gaza ». Une autre pancarte indiquait que la boulangerie était « financée par les investisseurs qui financent l’apartheid », selon une vidéo de la manifestation publiée en ligne.
Dans cet enregistrement relayé sur X, un passant juif interpelle les manifestants et leur demande : « Pourquoi est-ce que vous manifestez contre une entreprise britannique en criant ‘Boycottez Israël’ ? Parce qu’elle a des dirigeants juifs ? »
En réponse, un manifestant rétorque que les bénéfices de la boulangerie « vont à des propriétaires et investisseurs privés » qui finançent la « technologie de guerre » de l’État juif.
À l’issue de la manifestation, la devanture et l’enseigne de la boulangerie ont été aspergées de peinture rouge, accompagnée des mots « Boycottez Gail’s, qui finance la technologie israélienne ».
Selon la police métropolitaine de Londres, aucune arrestation n’a été effectuée en lien avec cet acte de vandalisme. Les forces de l’ordre « continuent d’examiner d’autres images afin de relever toute piste susceptible d’aider à identifier les suspects ».
I’m not a fan of Gail’s because it’s not kind towards people who are gluten free but protesting a British company for ‘genocide’ because it was started by a Jew absolutely stinks.
This was Archway today. pic.twitter.com/TQuxzj0P84— Nicole Lampert (@nicolelampert) February 19, 2026
Gail’s a été fondée dans les années 1990 par une équipe de boulangers israéliens, parmi lesquels Gail Mejia et Ran Avidan, en tant que boulangerie de gros. Elle a ouvert sa toute première boulangerie en 2005.
En 2021, la société a été rachetée par la société d’investissement américaine Bain Capital, laquelle a investi dans des entreprises technologiques israéliennes.
« Notre entreprise est britannique et n’a aucun lien particulier avec un pays ou un gouvernement en dehors du Royaume-Uni », a affirmé un porte-parole de Gail’s au Jewish News. « Notre priorité actuelle est de collaborer avec les autorités et de veiller à ce que nos employés se sentent en sécurité et soutenus. »
Gail’s n’est pas la première boulangerie fondée par des Israéliens à être prise pour cible par des manifestants pro-palestiniens ces dernières années. Aux États-Unis, la chaîne de boulangeries d’inspiration israélienne Tatte a suscité des réactions négatives tant en personne qu’en ligne. À New York, la chaîne de boulangeries israéliennes Breads a récemment fait l’objet d’une campagne de syndicalisation motivée par le « soutien apporté par l’établissement au génocide en cours en Palestine« .
Le vandalisme dont a été victime la nouvelle boulangerie Gail’s a rapidement été condamné par les dirigeants et par les groupes juifs du Royaume-Uni, qui ont estimé qu’il témoignait d’une tendance plus générale à l’hostilité envers les entreprises juives.
« Cibler une entreprise sur la base de liens présumés ou supposés avec Israël et/ou les Juifs révèle une tendance très inquiétante. Partout au Royaume-Uni, des entreprises et des individus sont de plus en plus souvent pris pour cible en raison de leur association, réelle ou supposée, avec Israël, avec un impact inévitablement disproportionné sur la communauté juive », a souligné un porte-parole du Board of Deputies of British Jews. « Il ne s’agit pas d’une contestation légitime, mais d’une tentative de créer un climat d’intimidation à l’encontre des entreprises, du personnel et des clients juifs. Cela s’inscrit dans une tendance plus large visant à exclure les Juifs de la société civile dans son ensemble. »
Dans un message sur le réseau social X, le Congrès juif européen a pour sa part qualifié cet acte de vandalisme de « particulièrement inquiétant ».
« Cibler une entreprise locale en raison de ses liens supposés avec la communauté juive ou israélienne témoigne d’une normalisation inquiétante de l’hostilité, qui doit être fermement rejetée », peut-on ainsi lire dans ce message. « De tels actes n’ont pas leur place dans nos sociétés. Ils doivent être condamnés sans équivoque. »
Le député britannique du Parti travailliste David Taylor a également dénoncé cette manifestation dans une publication sur X : « Il s’agit purement, simplement et indubitablement d’antisémitisme. »







