Une école juive de Toronto parraine des réfugiés syriens
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« Nous voulons que nos écoliers se rappellent de l’école comme d’un endroit où ils étaient valorisés comme être humain, et où ils ont appris à valoriser la vie humaine »

Une école juive de Toronto parraine des réfugiés syriens

Les écoliers et leurs familles ouvrent leurs cœurs et leurs portefeuilles pour établir une famille de quatre personnes

Des cartes pour accueillir les réfugiés syriens créées par les écoliers de l'école juive Paul Penna Downtown de Toronto, décembre 2015. (Crédit : courtoisie)
Des cartes pour accueillir les réfugiés syriens créées par les écoliers de l'école juive Paul Penna Downtown de Toronto, décembre 2015. (Crédit : courtoisie)

Avec seulement 143 élèves du jardin d’enfants à la sixième, l’école juive Paul Penna Downtown de Toronto est peut-être petite, mais ses familles ont un grand cœur. Parmi les 35 groupes juifs qui parrainent actuellement une famille de réfugiés syriens, Paul Penna est la seule école.

Les premiers réfugiés syriens des 25 000 que le Canada s’est engagé à installer d’ici février 2016 sont arrivés en avion à Toronto et Montréal ce week-end.

Des juifs canadiens, majoritairement des groupes de membres de synagogues, ont commencé à s’intéresser au parrainage de familles de réfugiés dès l’été dernier, selon Janis Roth, directrice exécutive du service d’aide à l’immigration juif (SAIJ) de Toronto, la seule organisation de la communauté juive du pays qui est porteuse d’un agrément de parrainage. En conséquence, toutes les organisations juives qui souhaitent parrainer des réfugiés le font via le SAIJ.

C’est vers la fin de l’été dernier qu’un groupe de parents de Paul Penna s’est rapproché de l’administration et de la direction de l’école avec l’idée de parrainer une famille de réfugiés syriens.

« C’est Angus Grant, parent d’un élève de CM1 et d’un collégien qui vient de quitter l’école, qui a été le fer de lance de cet effort. Il est avocat en droit des réfugiés et sa famille a pris une famille de réfugiés vietnamiens pendant son enfance », a déclaré le Dr Dan Goldberg, directeur de l’école.

Des écoliers de l'école Paul Penna Downtown Jewish de Toronto, Canada écrivent des cartes pour les réfugiés syriens, décembre 2015. (Crédit : courtoisie)
Des écoliers de l’école Paul Penna Downtown Jewish de Toronto, Canada écrivent des cartes pour les réfugiés syriens, décembre 2015. (Crédit : courtoisie)

Selon Goldberg, la direction de l’école a soutenu l’initiative immédiatement – sans surprise pour lui ou quiconque connaît l’école, qui est la seule école juive du centre urbain de Toronto, où se retrouvent des écoliers et une population familiale plus variés que dans les autres écoles juives de la ville.

« Un point essentiel de notre école est la justice sociale. Nous soulignons la communauté et la diversité, et un sens des responsabilités envers le monde. Nous voulons que nos écoliers se rappellent de l’école comme d’un endroit où ils étaient valorisés comme être humain, et où ils ont appris à valoriser la vie humaine n’importe où », a-t-il déclaré.

En ce moment, tout ce que sait l’école est qu’elle va parrainer une famille de réfugiés syriens de quatre personnes. Elle ne sait pas quand la famille arrivera exactement à Toronto.

Cela n’a pas pris longtemps aux écoliers et à leurs familles d’atteindre leur objectif de récolter 36 000 dollars pour le parrainage. Les familles ont contribué à hauteur de 35 000 dolalrs, et le conseil des écoliers s’est démené pour ajouter le reste.

« Ils ont mené une campagne pour que les enfants apportent leur petite monnaie. Un jour, ils devaient apporter des pièces d’un dollar, le lendemain des pièces de 2 dollars, etc. Ils ont réussi à récolter 1 000 dollars comme ça », a expliqué Goldberg.

L’arrivée imminente de la famille de réfugiés est au premier plan des esprits des enfants. C’est un sujet de conversation informelle dans les salles de classe, ainsi qu’une partie du programme de cette année.

Dès que la décision d’avancer dans le parrainage a été prise, la coordinatrice de la vie juive, Janice Feldman, et l’institutrice, Kate Sable, ont établi ensemble les grandes lignes du programme pour que les enseignants puissent l’adapter à chaque classe et à des niveaux de développement variés.

« Les thèmes globaux sont tikkun olam (réparer/soigner le monde) et l’injonction biblique d’accueillir les étrangers, mais nous touchons aussi à des sujets comme les droits humains, les défis à surmonter, et la partie hebdomadaire de la Torah », a expliqué Goldberg.

Un message d'un des écoliers. Toronto, Canada, décembre2015. (Crédit : courtoisie)
Un message d’un des écoliers. Toronto, Canada, décembre2015. (Crédit : courtoisie)

L’école a une approche positive du sujet, en rendant les enfants attentifs à la situation critique des réfugiés syriens sans les traumatiser. Les évènements actuels sont discutés « dans les grandes lignes », et seulement avec les écoliers des plus grandes classes, selon le directeur de l’école.

Tous les enfants ont été occupés à faire des cartes pour accueillir les réfugiés. Certains les ont ornées avec des cartes et des drapeaux du Canada et de la Syrie. D’autres ont dessiné des bonhommes de neige pour illustrer le temps froid que les Syriens rencontreront à leur arrivée cet hiver.

Un garçon de CM2 a écrit « Bienvenue au Canada !! Nous sommes tellement heureux de vous avoir ici. Vous allez adorer !! »

« Je suis désolée que vous ayez du déménager loin de votre maison mais j’espère que vous appréciez votre nouvelle maison au Canada. Moi et tous les Canadiens sommes heureux de vous avoir ici », a écrit une petite fille de la même classe.

Goldberg a été particulièrement ému de voir que des enfants ont pris le temps de regarder des phrases en arabe sur internet, et de les avoir soigneusement copiées sur leurs cartes.

« Cela montre leur respect pour ces personnes », a-t-il ajouté.

Un écolier insère dans sa carte les drapeaux canadien et syrien, ainsi que des mots en arabe pour accueillir les réfugiés syriens. (Crédit : courtoisie)
Un écolier insère dans sa carte les drapeaux canadien et syrien, ainsi que des mots en arabe pour accueillir les réfugiés syriens. (Crédit : courtoisie)
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