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Une employée accuse Google de délocaliser son poste en représailles à son activisme

Ariel Koren, qui est Juive, dit qu’après avoir fait pression contre le Projet Nimbus avec l'État d'Israël, son poste a été delocalisé à Sao Paulo

Une femme passe devant le logo de Google à l'Exposition internationale d'importation de Chine à Shanghai, le lundi 5 novembre 2018. (AP/Ng Han Guan, File)
Une femme passe devant le logo de Google à l'Exposition internationale d'importation de Chine à Shanghai, le lundi 5 novembre 2018. (AP/Ng Han Guan, File)

JTA – Une employé juive de Google, qui a tenté d’obtenir que soit mis fin à un contrat de construction d’un data center opéré avec la technologie du cloud pour le gouvernement israélien, accuse le géant de la Tech de l’avoir punie pour son activisme en lui demandant de s’expatrier au Brésil.

Ariel Koren a déclaré au Los Angeles Times qu’après avoir critiqué et tenté de rallier d’autres employés contre le projet Nimbus, un contrat de 1,2 milliard de dollars conclu conjointement par Google et Amazon Web Services avec Israël, Google avait réagi en délocalisant son poste du siège de la société à Mountain View, en Californie, à son bureau de Sao Paulo, au Brésil.

En octobre, Koren avait, avec un autre employé juif de Google, fait circuler une pétition au sein de l’entreprise contre le projet Nimbus. Le texte de la pétition critiquait un projet susceptible de transférer les données du gouvernement israélien vers des centres de stockage pendant plusieurs années, « permettant une surveillance accrue et une collecte illégale de données sur les Palestiniens, et facilitant l’expansion d’implantations israéliennes illégales en terre palestinienne ».

Koren a déclaré qu’on lui aurait signifié, un mois plus tard, que son poste était délocalisé à Sao Paulo, lui laissant 17 jours ouvrables pour accepter l’expatriation.

« Il est clair que la délocalisation de ce poste est un acte de représailles », a déclaré Koren à la Jewish Telegraphic Agency dans un courriel.

« Notre pétition appelant Google et Amazon à mettre fin au projet Nimbus a rassemblé plus de 1 000 signatures, mais je suis la seule, avec un autre employé de Google, à m’être exprimée publiquement. »

Koren a déposé des recours auprès du service des ressources humaines de Google et du Conseil national des relations de travail. Google a déclaré au Los Angeles Times avoir enquêté sur l’affaire sans mettre à jour de quelconques preuves de représailles.

Koren, qui a cofondé un collectif de travailleurs nommé « Jewish Diaspora in Tech » et qui est active dans les cercles juifs progressistes et antisionistes, relie son militantisme contre le projet Nimbus à ses origines juives.

Une pétition en soutien à Koren, signée par plus de 500 employés de Google, accuse l’entreprise de « représailles injustes » contre l’intéressée.

La représentante Anna Eshoo, membre démocrate du Congrès, a adressé un courrier au PDG d’Alphabet, Sundar Pichai, en soutien à Koren, expliquant : « Les employés ont le droit d’exprimer leurs objections sur les activités de leur employeur, sans risque de représailles. »

Koren a déclaré à la JTA qu’elle était « très touchée par les nombreuses marques de soutien ».

Koren avait auparavant travaillé au bureau de Google à Mexico sur des projets liés à la branche éducative en Amérique latine et avait pris un congé spécial pour fonder le groupe militant « Respond Crisis Translation », qui fournit des services de traduction aux demandeurs d’asile.

Elle a également de la famille au Brésil et parle portugais, ainsi que neuf autres langues, dont l’hébreu et le ladino.

Elle a déclaré qu’une expatriation au Brésil n’avait jamais été évoquée avant sa critique du projet Nimbus, et que la délocalisation était inutile compte tenu de la nature éloignée de ses fonctions.

Selon les informations du Los Angeles Times, Koren serait toujours employée par Google, à San Francisco.

Le projet Nimbus serait également toujours sur les rails, ce à quoi Koren continue de s’opposer.

« Il est clair que le contrat de Google avec l’armée et le gouvernement israéliens, qui utilise la technologie que les employés de Google créent, causera du tort aux Palestiniens », a-t-elle déclaré à la JTA.

« C’est pourquoi les employés demandent à Google de dénoncer ce contrat. »

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