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Une étudiante condamnée pour avoir écrit que Samuel Paty « méritait » de mourir

La jeune femme, jugée en comparution immédiate a écopé de 6 mois de prison avec sursis, 180 heures de travail d'intérêt général et devra également effectuer un stage de citoyenneté

Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)
Des proches et collègues de Samuel Paty pendant la Marche Blanche à Conflans-Sainte-Honorine, le 20 octobre 2020. (Crédit : Bertrand GUAY / AFP)

Une étudiante en biologie de 19 ans, qui avait écrit sur Facebook que l’enseignant Samuel Paty « méritait » de mourir avant de se repentir, a été condamnée vendredi par la justice à 4 mois de prison avec sursis pour « apologie du terrorisme ».

La jeune femme, jugée en comparution immédiate devant un tribunal à Besançon (est), devra également effectuer un stage de citoyenneté dans les 6 mois à venir.

Commentant un article du quotidien L’Est Républicain qui annonçait un rassemblement en mémoire de l’enseignant, publié sur la page Facebook du quotidien régional, elle avait écrit : « il mérite pas d’être décapité, mais de mourir, oui ».

Ce commentaire signalé par un internaute sur la plateforme Pharos, avait conduit jeudi à son interpellation à l’université de Besançon et à son placement en garde à vue.

« Je regrette d’avoir écrit ce commentaire, je m’en excuse. Je suis contre ce que j’ai écrit », a déclaré l’étudiante devant le tribunal, soulignant avoir elle-même « effacé le soir même » son message rédigé « trop vite » et « sans réfléchir ».

« J’ai fait une très grosse erreur, ces messages ne me correspondent pas », a insisté la jeune femme qui a assuré qu’elle ignorait les circonstances précises de la décapitation, le 16 octobre, de l’enseignant lorsqu’elle avait réagi sur Facebook.

« Je ne suis pas du tout contre le fait qu’il (Samuel Paty) ait montré une caricature. C’est un professeur qui présente son cours comme il le souhaite », a ajouté cette jeune fille issue d’une famille de musulmans qui dit « vivre (sa) religion à la maison » et avoir justement fui la violence en Algérie.

Pour la procureure Margaret Parietti, qui a requis six mois de prison avec sursis probatoire et 180 heures de travail d’intérêt général, « nous sommes dans un contexte où on ne peut pas écrire, dire n’importe quoi ».

L’avocate de la prévenue, Caroline Espuche, a parlé d’une « jeune femme bien insérée » qui « ne regarde pas tellement les infos » et ne savait « pas grand chose de Samuel Paty ».

Elle était tombée « sur une vidéo du parent d’élève » qui dénonçait l’usage des caricatures de Mahomet par le professeur d’histoire-géographie lors d’un cours à ses élèves de 4e sur la liberté d’expression et l’avait comprise « comme : ‘on se moque des musulmans' », a plaidé l’avocate.

« Aussitôt, elle fait ses commentaires, sans chercher à se renseigner, elle réagit à chaud » sur les réseaux sociaux, a-t-elle affirmé.

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