Une explosion de gaz frappe un immeuble résidentiel de Téhéran
Rechercher

Une explosion de gaz frappe un immeuble résidentiel de Téhéran

L'explosion aurait été causée par des bouteilles de gaz, selon les médias du pays ; c'est la dernière d'une série de déflagrations mystérieuses en Iran

Une vue de Téhéran au crépuscule (Crédit : Omid Armin on Unsplash)
Une vue de Téhéran au crépuscule (Crédit : Omid Armin on Unsplash)

Une explosion de gaz aurait frappé un immeuble résidentiel de Téhéran dans la journée de samedi, faisant un blessé.

Cette déflagration a été causée par plusieurs bouteilles de gaz qui se trouvaient au sous-sol de l’immeuble et qui ont explosé, a fait savoir Reuters, citant l’agence de presse officielle INRA.

L’incident survient suite à une série d’explosions mystérieuses survenues récemment au sein de la république islamique. La semaine dernière, l’une d’entre elles a notamment entraîné de lourds dégâts dans une usine d’enrichissement d’uranium utilisé pour la production des centrifugeuses sur le site nucléaire de Natanz.

Un responsable moyen-oriental a déclaré au New York Times et au Washington Post que c’était Israël qui était à l’origine de cette explosion à Natanz, affirmant qu’elle avait été causée par une bombe puissante.

Cette attaque israélienne présumée montre la complexité du virus Stuxnet qui avait saboté les centrifugeuses d’enrichissement d’uranium en Iran, il y a une décennie, ont indiqué des experts et des analystes dans le reportage du Times paru vendredi.

Des responsables ont par ailleurs précisé auprès du New York Times que l’explosion survenue à Natanz avait probablement résulté d’une bombe placée au sein de la structure – potentiellement sur une ligne de gaz stratégique – mais que l’hypothèse d’une cyberattaque qui aurait entraîné un dysfonctionnement n’était pas non plus écartée.

De nouvelles photographies par satellite montrant le site de Natanz « révèlent des dégâts bien plus étendus que la semaine dernière », a souligné le Times.

Le virus Stuxnet avait été dévoilé en 2010. Sa création et son développement avaient été largement attribués aux services de renseignements américains et israéliens. Il avait réussi à pénétrer dans le programme nucléaire malveillant mis en place par Iran, prenant le contrôle des processus d’enrichissements de l’uranium et les sabotant en accélérant la vitesse de ses centrifugeuses.

Jusqu’à un millier de centrifugeuses sur 5 000 avaient été endommagées par le virus, selon des informations, ce qui avait infligé un sérieux revers au programme, faisant reculer son avancée.

Des centrifugeuses au sein de l’usine d’enrichissement de l’uranium de Natanz, dans le centre de l’Iran, le 5 novembre 2019 (Crédit : Organisation de l’énergie atomique via l’AP)

La déflagration qui a secoué le site de Natanz, le 2 juillet, a été l’une des plus récentes explosions mystérieuses survenues dans des structures stratégiques de la république islamique – la dernière avait eu lieu vendredi dans la matinée. Elles ont été largement attribuées à Jérusalem, à Washington, voire aux deux.

L’attaque de vendredi « a semblé émaner d’une base de missiles, arrivant depuis sa direction », a remarqué le Times. « S’il s’avère que cela a été une nouvelle frappe mûrement réfléchie, cet incident ébranlera encore un peu plus les Iraniens en démontrant, une fois encore, que même leurs structures nucléaires et de missiles les plus soigneusement gardées ont été infiltrées ».

Les responsables des renseignements qui ont évalué les dommages subis par l’usine de Natanz ont confié au Times qu’ils pensaient que l’explosion pouvait avoir retardé le programme nucléaire du pays d’un ou deux ans.

D’autres ont déclaré que les frappes présumées pouvaient indiquer la mise en oeuvre d’une nouvelle stratégie de la part d’Israël et des Etats-Unis – englobant notamment l’assassinat par Washington du général Qassem Soleimani au début de l’année – consistant à lancer des frappes clandestines ayant pour objectif d’entraver les visées régionales et nucléaires de l’Iran, tout en évitant le déclenchement d’un conflit d’ampleur.

« Certains responsables disent qu’une stratégie conjointement adoptée par les Etats-Unis et Israël évolue – certains pourraient parler de régression – pour devenir une série d’agressions discrètes ayant pour but d’écarter certains des généraux les plus éminents des Gardiens de la révolution et de retarder le développement du programme dans les usines nucléaires », a noté le Times.

Pour sa part, Karim Sadjadpour, membre du think-tank Carnegie Endowment for International Peace, à Washington, a déclaré au journal que ces dernières attaques avaient entraîné une « pression intérieure et extérieure extrême » sur l’Iran, en proie actuellement à une crise économique et soumise aux sanctions américaines.

Un porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué vendredi que la cause de l’explosion survenue à Natanz n’avait pas encore été déterminée, mais il a averti de représailles sévères de la part de son pays si l’implication d’une puissance étrangère devait être confirmée, selon l’agence de presse semi-officielle Fars.

Il a néanmoins cherché à minimiser une éventuelle implication d’Israël, disant que de telles informations ne visaient qu’à rehausser la puissance de l’Etat juif. Il a ajouté que Jérusalem revendiquait des incidents « partout dans le monde ».

L’Iran a appelé, mardi, à agir contre Israël suite aux dégâts causés à l’usine de Natanz. « Cette méthode utilisée par Israël est dangereuse et elle est susceptible de se propager partout dans le monde », a affirmé le porte-parole du gouvernement, Ali Rabiei, lors d’une conférence de presse.

Une image satellite de Planet Labs Inc. qui a été annotée par des experts du James Martin Center for Nonproliferation Studies du Middlebury Institute of International Studies montre un bâtiment endommagé après un incendie et une explosion sur le site nucléaire iranien de Natanz, le 3 juillet 2020. (Planet Labs Inc., James Martin Center for Nonproliferation Studies at Middlebury Institute of International Studies via AP)
En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...