Une expo à l’Académie Bezalel, rendant hommage aux morts de Gaza, fait scandale
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Une expo à l’Académie Bezalel, rendant hommage aux morts de Gaza, fait scandale

Bezalel invoque la liberté d'expression pour ses étudiants qui ont affiché les noms des Palestiniens tués à Gaza. Le ministre exclu l'académie de la convention scientifique

Une exposition présentée à l'Académie des arts et du design Bezalel à Jérusalem le 16 mai 2018, avec des noms de Palestiniens tués lors de manifestations et d'affrontements à la frontière de Gaza. (Avec l'aimable autorisation de Im Tirtzu)
Une exposition présentée à l'Académie des arts et du design Bezalel à Jérusalem le 16 mai 2018, avec des noms de Palestiniens tués lors de manifestations et d'affrontements à la frontière de Gaza. (Avec l'aimable autorisation de Im Tirtzu)

Une école d’art de Jérusalem a provoqué l’indignation mercredi après que des dizaines d’affiches ont été apposées sur ses murs, affichant les noms et les âges des Palestiniens tués dans des affrontements à la frontière de Gaza.

D’autres bannières de l’Académie des arts et du design de Bezalel présentaient une carte de la bande de Gaza avec les mots « not your toy », une référence au titre qui a gagné le concours Eurovision de la chanson « Toy », interprété par la chanteuse israélienne Netta Barzilai.

Le ministère de la Santé dirigé par le Hamas à Gaza a déclaré que 62 Palestiniens ont été tués lundi et mardi lors d’affrontements. Israël a déclaré qu’un grand nombre des personnes tuées étaient des membres du Hamas et des groupes terroristes du Jihad islamique qui utilisaient les violentes manifestations comme couverture pour mener des attaques et endommager la clôture de la frontière.

Le Hamas a déclaré mercredi que 50 des morts étaient ses membres et, plus tôt dans la semaine, le groupe terroriste du Jihad islamique en a revendiqué trois.

L’exposition a été conçue par un groupe d’étudiants arabes, dont l’une d’entre eux a affirmé « nous sommes tous Palestiniens, nous sommes tous une seule nation et c’est notre seule façon de faire entendre notre voix ».

« Il y a beaucoup de gens qui ne savent pas ce qui se passe à Gaza et qui ne savent pas combien de personnes sont mortes, alors nous leur rendons hommage », a-t-elle ajouté, selon le site Web Ynet.

Une affiche placée à l’Académie des arts et du design Bezalel à Jérusalem le 16 mai 2018, avec les mots « not your toy » [pas votre jouet] et une carte de la bande de Gaza pour protester contre le fait que des Palestiniens ont été tués dans des affrontements. (Avec l’aimable autorisation de Im Tirtzu)

Mais d’autres étudiants ont estimé que l’exposition était haineuse et soutenait le terrorisme.

« Rendre hommage à des gens dont le seul but est de tuer des Juifs n’est pas la bonne voie », a déclaré un étudiant, qui a signalé que les contre-affiches ont été enlevées du mur en quelques minutes.

« Une fois de plus, nous assistons à un phénomène choquant dans lequel des affiches haineuses à la gloire des terroristes sont exposées », a déclaré Dudi Eltsufin, qui dirige le groupe d’étudiants de l’école proche du mouvement de droite Im Tirtzu.

L’exposition a également été critiquée par des personnalités politiques.

Le président de la Knesset, Yuli Edelstein, a déclaré que si la liberté d’expression était pour lui une « valeur suprême », « les gens, même les artistes, ont besoin de connaître leurs limites. Je suggérerais que les nouveaux artistes protestataires se souviennent que nos soldats à la frontière de Gaza les protègent aussi ».

Le ministre des Sciences Ofir Akunis a interdit aux expositions de Bezalel d’être exposées lors d’une prochaine convention internationale des ministres des Sciences à Jérusalem, a rapporté le nouveau site de Walla.

« Je suis toujours en faveur de la liberté d’expression, mais je ne permettrai pas la liberté d’humiliation », a déclaré Akunis. « Même le Hamas a annoncé que les personnes tuées à la frontière de Gaza font partie de ses membres, c’est-à-dire des terroristes. »

Bezalel a commenté : « L’académie de Bezalel est un lieu sûr pour la liberté d’expression en Israël, et elle permet aux étudiants de s’engager dans un discours libre, critique et créatif dans les différentes matières qui les intéressent ».

L’académie des arts a déjà été mêlée à une affaire similaire lorsqu’une affiche mettant en scène le visage du Premier ministre Benjamin Netanyahu derrière le nœud coulant d’un bourreau a suscité une condamnation politique en décembre 2016.

Une affiche du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin entourée d’images du Premier ministre Benjamin Netanyahu avec un nœud coulant, exposées au sein de l’Académie Bezalel, en décembre 2016. (Crédit : Twitter)

Cette œuvre d’un étudiant en première année d’art, affichée sur un mur d’escalier, montrait de multiples images de Netanyahu avec le nœud coulant entourant une seule image du Premier ministre assassiné Yitzhak Rabin, arborant le slogan « Traître ».

La légende de l’affiche était un jeu de mots avec le terme « Rope » (Corde) et faisait écho à l’affiche de la campagne présidentielle 2008 de Barack Obama – sauf que l’affiche d’Obama portait le mot « Hope » (Espoir).

L’académie a ordonné que l’affiche soit retirée et, le lendemain, le procureur général Avichai Mandelblit a ordonné une enquête sur l’incitation présumée. La police a interrogé l’étudiant peu de temps après, mais l’affaire a été classée deux mois plus tard.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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