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Une femme à la tête du groupe rabbinique du mouvement libéral

Hara Person a pris la direction de la conférence centrale des rabbins américains. Elle veut se concentrer sur la diversité du rabbinat en termes de genre et de parcours de carrière

Le rabbin Hara Person, nommée à la tête de la conférence centrale des rabbins américains (CCAR) au mois de novembre 2018 (Crédit : autorisation CCAR via JTA)
Le rabbin Hara Person, nommée à la tête de la conférence centrale des rabbins américains (CCAR) au mois de novembre 2018 (Crédit : autorisation CCAR via JTA)

NEW YORK (JTA) — L’aile rabbinique du mouvement libéral a nommé la rabbin Hara Person à sa tête. C’est la première fois qu’une femme prend ce poste.

La Conférence centrale des rabbins américains (CCAR), qui représente 2 100 rabbins libéraux dans le monde entier, a annoncé cette nomination jeudi. Person succède au rabbin Steven Fox, qui prendra sa retraite au mois de juin après 13 années d’exercice.

Avec plus d’un million de membres, le mouvement libéral est le courant juif le plus important en Amérique du nord.

Person, 54 ans, travaille depuis une décennie à l’instance rabbinique basée à New York. Elle a commencé au poste de dirigeante des publications avant de devenir, l’année dernière cheffe de la stratégie. Elle est également rabbin, pendant les fêtes du Nouvel An, à la congrégation Bnai Olam de Fire Island Pines, à New York, et adjointe au rabbin de la synagogue de Brooklyn Heights. Elle a été également dans le passé rédactrice en chef de l’URJ Press.

Elle a expliqué qu’être la première femme à ce poste était « très enthousiasmant ».

« D’une part, il y a un côté historique très fort et de l’autre, c’est le bon moment », a dit Person au JTA lors d’un entretien téléphonique. « C’est quelque peu choquant que cela ne soit pas arrivé avant et j’espère pouvoir inscrire un modèle positif – non seulement pour mes consœurs – mais également pour les hommes qui vont voir un genre différent de leader ».

La femme rabbin Julie Schonfeld était devenue la première femme à servir à un poste de dirigeante d’une organisation rabbinique majeure lorsqu’elle avait été choisie pour diriger l’Assemblée rabbinique du mouvement conservateur en 2009. Schonfeld a annoncé au début de l’année qu’elle quitterait ses fonctions au mois de juin 2019.

Rabbi Julie Schonfeld delivers a psalm at the presidential inaugural service at the National Cathedral. (Ron Kampeas/JTA)
La rabbin Julie Schonfeld (Crédit : Ron Kampeas/JTA)

Person a déclaré que l’un des aspects sur lesquels elle souhaite se focaliser dans son nouveau rôle est la diversité du rabbinat, que ce soit en matière de sexe – les femmes constituent un tiers des membres de la CCAR – ou de parcours professionnel.

L’année dernière, Person a dirigé le groupe de travail de l’organisation sur l’expérience des femmes dans le rabbinat, se penchant sur des questions telles que le harcèlement sexuel, l’égalité des salaires et l’avancée des carrières. Elle a expliqué qu’elle continuerait à se focaliser sur les défis que doivent relever les femmes dans leur nouveau rôle.

Person veut également apporter du soutien aux rabbins qui ne travaillent pas dans des congrégations – qui représentent 25 % à 35 % approximativement d’entre eux. Elle-même se souvient avoir été découragée d’assumer un travail institutionnel après avoir été ordonnée en 1998 à l’Institut religieux Hebrew Union College-Jewish.

« Il y avait auparavant un parcours de carrière standard », dit Person, « qui est que vous étiez d’abord assistant du rabbin, puis rabbin adjoint, puis rabbin. C’était le modèle de carrière idéal. Peut-être qu’à à la croisée des chemins, il y avait la possibilité devenir le seul rabbin d’une petite congrégation – mais c’était quand même le modèle dominant ».

Les choses sont différentes aujourd’hui, dit-elle.

« Il y a une grande possibilité de voies différentes qui sont offerte aux rabbins pour servir vraiment la communauté juive. C’est tellement plus vaste que dans le passé », dit Person.

Elle veut également encourager les conversations et le renforcement des relations entre rabbins de tout le pays.

« Les rabbins sont souvent isolés », déplore-t-elle. « Ils sont dans des communautés où il n’y a pas beaucoup de rabbins, et il y a pas de structure de soutien avec des gens qui comprennent véritablement ce que c’est qu’être rabbin. Alors comment pouvons-nous permettre aux rabbins d’être là les uns pour les autres, d’être les rabbins les uns des autres ? »

Elle espère que construire des liens plus étroits entre les rabbins peut également servir de modèle pour encourager la discussion au sein des communautés, notamment dans des situations où les personnes peuvent s’opposer au niveau politique ou autres.

Le rabbin Steven A. Fox, dirigeant de la CCAR (Central Conference of American Rabbis) lors d’une convention à Chicago (Crédit : Central Conference of American Rabbis)

Person estime que le mouvement libéral a deux défis à relever aujourd’hui.

« Les défis extérieurs qui sont, je crois, très clairs en termes d’antisémitisme croissant et d’émergence des mouvements suprématistes blancs », affirme-t-elle. « Et nous avons des défis à relever de l’intérieur, qui sont la manière dont nous pouvons aider les gens à se lier avec du sens, et comment rendre pertinent le judaïsme ».

La rabbin s’est dit prête – quoique un peu intimidée – à assumer son nouveau rôle.

« Ce sont de grosses responsabilités, et il y a une véritable lignée dans laquelle je vais entrer », a-t-elle dit. « Alors je me sens un peu effrayée et aussi très, très excitée. Et je sens que je suis réellement prête ».

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