Une figure du combat antiraciste suspendue du parti travailliste britannique
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Une figure du combat antiraciste suspendue du parti travailliste britannique

Trevor Phillips, 66 ans, a été suspendu et risque maintenant d'être expulsé de la formation politique après des accusations d'"islamophobie"

Trevor Phillips (Crédit : CC-BY-SA Stephan Röhl via Wikipedia)
Trevor Phillips (Crédit : CC-BY-SA Stephan Röhl via Wikipedia)

Une figure de la lutte contre le racisme au Royaume-Uni s’est insurgée lundi contre sa suspension pour « islamophobie » du Parti travailliste, le principal parti d’opposition britannique.

Trevor Phillips, 66 ans, a été suspendu et risque maintenant d’être expulsé de la formation politique. Lui qui avait dénoncé le problème de l’islamophobie au Royaume-Uni dans les années 1990 fait aujourd’hui l’objet d’une enquête pour des déclarations passées visant des Pakistanais musulmans qui avaient agressé sexuellement des mineurs dans le nord du pays.

Ce militant de longue date du parti a dénoncé dans les colonnes du quotidien The Times une « inquisition », estimant payer pour ses critiques envers la direction du Labour. Menée par le très à gauche Jeremy Corbyn, sur le point de passer la main, cette direction est elle-même critiquée pour avoir laissé l’antisémitisme prospérer dans ses rangs.

M. Phillips avait présidé la Commission britannique pour l’égalité et les droits de l’homme qui enquête sur ces accusations d’antisémitisme. Il avait aussi figuré parmi des militants antiracistes qui avait manifesté leur refus de voter travailliste aux élections de décembre, en solidarité avec les Juifs.

« Après plus de trente ans à promouvoir la cause travailliste, je suis accusé d’hérésie et menacé d’excommunication », s’indigne dans une tribune au Times Trevor Phillips. Il reconnaît « ne pas partager les opinions du leader actuel » du parti mais dément vigoureusement avoir « enfreint une quelconque règle ».

« Si c’est comme ça que le Labour traite sa propre famille, comment va-t-il traiter ses véritables adversaires s’il revient un jour au pouvoir ? », écrit-il encore. « Ce serait une tragédie si au moment où nous avons le plus besoin d’une opposition ferme et efficace, notre nation doit supporter le spectacle d’un grand parti s’effondrant dans un culte grossier et autoritaire ».

Interrogé sur son refus de soutenir la définition de l’islamophobie adoptée par le Labour, il a expliqué à la BBC que les musulmans ne constituaient pas une « race » et « donc décrire l’hostilité envers eux comme liée à la race n’a aucun sens ».

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