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Une firme israélienne crée un système de purification de l’eau peu coûteux

Alumor dit que son appareil, qui fonctionne à l'énergie solaire, sera particulièrement adapté aux foyers des pays en voie de développement

Des femmes transportent des récipients d'eau après les avoir remplis dans une rivière polluée à Khuniphat,à environ 30 kilomètres au nord de Srinagar, dans la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, le 21 mars 2015. (Crédit : AP Photo/Dar Yasin/File)
Des femmes transportent des récipients d'eau après les avoir remplis dans une rivière polluée à Khuniphat,à environ 30 kilomètres au nord de Srinagar, dans la partie du Cachemire contrôlée par l'Inde, le 21 mars 2015. (Crédit : AP Photo/Dar Yasin/File)

Une firme technologique israélienne spécialisée dans le domaine de l’eau a créé un système de purification de l’eau individuel et ne nécessitant pas d’être relié au réseau d’électricité. Ce dispositif, selon la compagnie, est durable, peu onéreux, facile à utiliser et il aurait le potentiel d’alimenter en eau potable des millions de foyers dans les pays en voie de développement.

Dans tous ces pays, les familles – habituellement les femmes et les enfants – doivent généralement parcourir de longues distances pour accéder aux sources naturelles pour y remplir des bouteilles et autres jerricanes.

Mais ces réserves d’eau peuvent être contaminées – que ce soit par des excréments ou des produits chimiques – et entraîner des maladies qui vont du choléra à la diarrhée en passant par la dysenterie, l’hépatite A, la fièvre typhoïde et la polio.

S’attaquant à ce problème, la firme Alumor a développé un appareil qu’elle a appelé « le puits de Myriam » – le nom de la source miraculeuse qui, dans la tradition juive, avait alimenté en eau les Israélites pendant leurs 40 années passées dans le désert.

S’appuyant sur l’énergie solaire, la version contemporaine du « Puits de Myriam » ne nécessite pas de raccordement au réseau électrique ni de groupe électrogène.

L’appareil est équipé d’une technologie ultra-violets innovante qui tue les virus et les bactéries conformément aux normes de l’agence américaine US National Sanitation Foundation, et il contient un filtre qui ne doit être changé que de rares fois dans l’année.

Des femmes et des enfants remplissent des jerricanes d’eau à Nayigunya, en Ouganga, le 21 décembre 2019. (Crédit : Uganda, December 21, 2019. (Sue Surkes/Times of Israel)

Le directeur du développement commercial d’Alumor, David Waimann, entrepreneur spécialisé dans les énergies vertes et ingénieur de formation originaire du Royaume-Uni, explique au Times of Israel que les foyers n’auront qu’à connecter l’appareil à un jerricane ou à un autre conteneur par le biais d’une canalisation et à actionner ensuite un bouton.

Le dispositif est léger, il n’utilise que quatre watts d’électricité et il purifie un litre d’eau à un prix qui s’élève à moins d’un demi-centime, ajoute-t-il.

Il permet donc d’éviter les problèmes connus par d’autres systèmes de purification similaires dans les pays en voie de développement, comme la nécessité d’un suivi de maintenance professionnel, le remplacement de pièces, d’accessoires ou l’utilisation de composants comme le chlore qui ne sont pas toujours faciles à trouver.

Le créateur et directeur technique d’Alumor, Eldad Maziel, travaillait, dans le passé, au sein de l’entreprise Tami4, qui appartient au groupe israélien Strauss et qui est l’un des fournisseurs les plus populaires d’appareils de comptoir de purification de l’eau.

Le directeur-général de la firme, le docteur Yacov Malinovich, est un physicien, et l’équipe intègre notamment un hydrologiste et entrepreneur, Yosef Abramowitz, qui avait construit le premier champ d’énergie solaire et qui contribue au travail de marketing.

Le pont de Myriam. (Autorisation : Alumor)

Identifiant un marché potentiel de 250 millions de foyers, Alumor espère vendre ses appareils au prix coûtant par le biais d’organisations à but non-lucratif.

La firme a terminé la phase de développement de produit grâce à une subvention gouvernementale et cherche actuellement à soulever un million de dollars pour peaufiner son appareil, pour augmenter ses capacités de purification en passant d’un litre à deux litres par minute et pour piloter les essais avant de commencer la production des premières séries.

Selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la Santé (de 2017), 144 millions de personnes collectent une eau non-traitée dans les lacs, les bassins, les rivières et les ruisseaux, et 435 en puisent dans des puits et à partir de sources non-protégées.

Le manager du produit Ofri Orgad avec le Puits de Myriam. (Autorisation : Alumor)

En 2017, plus de 220 millions de personnes avaient eu besoin d’un traitement préventif contre la schistosomiase – une maladie aiguë et chronique entraînée par des vers parasites contractés après avoir bu une eau infestée.

Environ 829 000 personnes mourraient, chaque année, de diarrhée en résultat d’une eau peu sûre et d’un manque d’hygiène sanitaire.

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