Une fondation veut aider la recherche israélienne à changer le monde réel
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Une fondation veut aider la recherche israélienne à changer le monde réel

Installé à l'université Tel Aviv, l'Institut russe vise à financer des "grandes idées qui peuvent aider les gens à mieux vivre"

Image illustrative d'un laboratoire de recherche. (Motortion; iStock by Getty Images)
Image illustrative d'un laboratoire de recherche. (Motortion; iStock by Getty Images)

La fondation Zimin, une organisation à but non lucratif fondée par la famille russe éponyme, souhaite mettre en place un institut de recherche supplémentaire en Israël, en plus de celui qui a déjà été créé à l’université de Tel Aviv.

L’Institut Zimin pour les Solutions d’ingénierie pour des vies meilleures, le premier institut de la fondation en Israël et dans le monde, a été créé afin de contribuer au développement de bonnes idées sur le marché. Maintenant, la fondation cherche à mettre en place un autre institut en Israël et un à l’étranger, dans une initiative mondiale qui verra, dans une première phase, la création d’un total de trois ou quatre instituts dans les prochaines années.

« L’idée est d’avoir un projet mondial », a fait savoir Mark Shmulevich, le chef du programme de l’Institut Zimin et membre de la fondation dans un entretien avec le Times of Israël. « Pour l’instant, nous allons commencer avec Israël. Israël sera non seulement le premier pays avec lequel nous travaillons, mais probablement le siège de l’initiative ».

« Dans un an, nous aurons lancé deux nouveaux instituts, dont un en Israël », a-t-il dit, chaque institut sera doté de 5 millions de dollars de financement sur plusieurs années.

Mark Shmulevich, le chef du programme de l’Institut Zimin et membre de la Fondation Zimin, à Tel Aviv, le 18 août 2019.(Shoshanna Solomon/TimesofIsrael)

La vision de l’institut et la fondation est de permettre à des projets de recherche pourvus d’une excellence académique d’avoir « un réel impact dans le monde », et de s’assurer qu’aucune bonne idée n’est perdue à cause d’un manque de financement, a déclaré Shmulevich.

La fondation Zimin a été créée par le Dr Dmitry Borisovich Zimin, un scientifique russe, entrepreneur, fondateur et président honoraire de Vimpelcom, qui, en 1996 est devenue la première entreprise russe à entrer à la bourse de New York.

Zimin a pris sa retraite et vendu son stock majoritaire d’actions dans Vimpelcom en 2001. Depuis, il consacre son temps aux activités philanthropiques, via la fondation de la Dynastie Dmitry Zimin en 2002, qui se focalise sur des œuvres caritatives en Russie. La fondation Zimin, créée juste après, a élargi ses activités à d’autres pays.

La Fondation Zimin est financée par le Fonds Zimin, composé à 90 % de la fortune du scientifique. En 2013, il est devenu le premier philanthrope russe à recevoir la médaille Carnegie de Philanthropie.

Israël a été choisi, explique Shmulevich, parce que le pays dispose d’un large réservoir de « scientifiques de haut niveau qui réfléchissent aux applications des solutions dans le monde réel ». Cela aide aussi que la famille soit juive.

Le professeur Tal Dvir présente une impression 3D d’un coeur avec des tissus humains à l’université de Tel Aviv, el 15 avril 2019. (Jack Guez/AFP)

Chaque institut va soutenir des recherches multidisciplinaires dans des domaines comme l’ingénierie, les sciences de la vie, la santé, les études de neurologie, indique Shmulevich. A l’université de Tel Aviv, des équipes de recherche soigneusement sélectionnées ont déjà commencé à recevoir des fonds pour leurs projets.

Cela comprend 11 projets, y compris celui du professeur Tal Dvir, dont l’équipe de chercheurs a créé le premier cœur imprimé en 3D composé de tissus humains.

Un autre projet, celui du professeur Yael Hanein de l’Ecole d’ingénierie électrique et le Dr Tom Schonberg, de la Faculté des Sciences de la vie à l’Université de Tel Aviv, tente de combiner la réalité virtuelle à des capteurs et des algorithmes d’apprentissage automatique pour aider les enfants à apprendre plus facilement.

En suivant des éléments comme les mouvements de yeux et les diamètres des pupilles, les capteurs peuvent repérer quels éléments et images les font le plus réagir, afin de déterminer comment adapter les outils pédagogiques pour qu’ils répondent aux besoins de chacun.

Mark Shmulevich, le chef du programme de l’Institut Zimin et membre de la fondation Zimin, en train d’essayer la technologie VR pour améliorer les compétences d’apprentissage, université de Tel Aviv, le 18 août 2019.(Shoshanna Solomon / TimesofIsrael)

Un troisième projet, du professeur Jason Friedman du département de thérapie physique à la faculté Sackler de médecine, et du Dr Konstantin Sonkin cherche à améliorer les compétences motrices chez des personnes souffrant de troubles de la motricité, en utilisant une nouvelle interface cerveau-ordinateur qui décode des signaux du cerveau et du corps en ayant recours à de l’intelligence artificielle et à l’apprentissage automatique.

« Malheureusement, tant d’idées restent au stade d’idées sur du papier », a déclaré Shmulevich de la fondation Zimin. « C’est là que nous intervenons. Nous voulons nous assurer de soutenir de grandes idées qui peuvent contribuer à améliorer la vie des gens ».

L’Institut soutient des recherches multidisciplinaires puisqu’il pense que cela peut conduire à des avancées scientifiques avec une plus grande probabilité : les résultats d’innovations fortes sont créés dans des domaines où plusieurs champs de recherche se croisent, a déclaré Shmulevich.

« En recherche », a-t-il dit, presque comme avec une « équipe de sport » quand des chercheurs « travaillant dans des directions différentes associent leurs efforts, les résultats peuvent s’améliorer ».

Il y a une étape, a déclaré Shmulevich, où une recherche entre dans « une vallée de la mort » – une étape qui se situe entre la recherche pure et son application à la vie réelle, où il est encore trop tôt et risqué pour que les investisseurs s’impliquent. C’est exactement là où des donateurs comme Zimin peuvent travailler avec les chercheurs en comprenant bien que, « dans les prochaines années », leur projet sera basé sur une technologie en développement ou une startup.

Nous aurons réussi, a déclaré Shmulevich, quand la fondation aura aidé à financer et à développer des « centaines de projets » et que ses projets, – environ 30 -, se seront transformés en technologies concrètes, dont plusieurs auront apporté des « résultats révolutionnaires ».

« Tous les projets ne vont pas réussir, mais une partie importante va fonctionner. Un tiers, une moitié, nous verrons. Nous espérons que certains d’entre eux apporteront une avancée significative ».

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