Une forêt en hommage au « Schindler japonais » rasée à Beit Shemesh
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Une forêt en hommage au « Schindler japonais » rasée à Beit Shemesh

Le fils de Chiune Sugihara a été déçu de ne trouver aucune trace de la forêt de Beit Shemesh dédiée à son père ; le KKL s'est excusé et a promis de la replanter

Un chantier de construction de nouveaux immeubles d'appartements à Beit Shemesh le 21 février 2017. (Yaakov Lederman/Flash90)
Un chantier de construction de nouveaux immeubles d'appartements à Beit Shemesh le 21 février 2017. (Yaakov Lederman/Flash90)

Une forêt plantée en hommage au diplomate japonais qui avait sauvé des milliers de Juifs durant la Shoah a été discrètement rasée il y a quelques années pour répondre au besoin d’agrandissement d’un quartier de Beit Shemesh, en périphérie de Jérusalem.

Le fils de Chiune Sugihara a confié au quotidien Haaretz, dans un article publié mercredi soir, avoir été choqué et déçu de trouver un immeuble à l’endroit où des arbres avaient été plantés par le Fonds national juif (JNF/KKL) en mémoire de son père, il y a plus de 30 ans. La plaque commémorative qui avait été apposée à l’entrée de la forêt a également disparu.

Chiune Sugihara était un diplomate japonais qui a sauvé 6 000 Juifs européens pendant la Shoah en leur délivrant des visas pour fuir la Lituanie, enfreignant les ordres de son gouvernement. Souvent appelé le « Schindler japonais », en référence à l’industriel allemand Oskar Schindler, qui sauva 1 200 Juifs pendant la Shoah et fut immortalisé dans le célèbre film « La Liste de Schindler ».

En 1985, Sugihara se vit décerner la distinction de « Juste parmi les Nations », qui honore les personnes qui ont sauvé des Juifs pendant la Shoah. Un an plus tard, le Fonds national juif plantait une forêt en hommage aux abords de Beit Shemesh.

Le diplomate japonais Sugihara Chiune, qui a aidé à sauver les vies de milliers de Juifs quand il était consul impérial de Lituanie pendant la Seconde guerre mondiale (Crédit : domaine public via Wikimedia Commons)

Sur la plaque commémorative, on pouvait lire « En reconnaissance des actions humaines et courageuses qui ont sauvé 5 000 Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale ».

Sugihara était trop malade pour assister à la cérémonie en Israël. Il s’éteignit au Japon quelques mois plus tard.

Nobuki Sugihara a expliqué à Haaretz qu’il s’était rendu en Israël le mois dernier avec sa famille pour retrouver le mémorial, après que des touristes japonais avaient signalé qu’ils n’avaient pas réussi à s’y rendre.

Dans une lettre adressée au FNJ, il a exprimé la déception de sa famille et souligné que la forêt plantée en périphérie de Jérusalem était devenue très célèbre au Japon.

« Comment ces arbres ont pu être tués délibérément ? Je suppose que la plaque commémorative a été détruite par un bulldozer », a écrit Nobuki Sugihara dans sa lettre, selon le quotidien. « Que penseraient les hommes d’affaires japonais qui ont contribué à cette plantation s’ils l’apprenaient ? Ils sont déjà morts, pour la plupart. »

Illustration : les étudiants de la Yeshiva Mir à Shangaï, après avoir fui l’Europe de l’Est durant la Seconde guerre mondiale, grâce aux visas délivrés pas le diplomate japonais Chiune Sugihara. (Crédit : famille Bagley)

Le FNJ a renvoyé une lettre d’excuse à la famille, promettant d’enquêter sur la disparition du mémorial et s’engageant à en planter un autre en Israël.

Le FNJ a ajouté que l’agrandissement du quartier ces dernières années avait considérablement modifié la zone et qu’il « n’y a pas plus d’accès pratique au site, qui n’est plus adapté à un usage commémoratif ».

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