Une Hollandaise, victime de discrimination, pour avoir étudié à Jérusalem ?
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Une Hollandaise, victime de discrimination, pour avoir étudié à Jérusalem ?

Des politiciens dénoncent l'organisation de réfugiés syriens, soutenue financièrement par Amsterdam, qui aurait discriminé Laura Vrijsen lors d'un entretien d'embauche

Illustration : migrants et réfugiés syriens et irakiens traversent la frontière gréco-macédonienne, près de Gevgelija, le 23 février 2016. (Crédit : AFP/Robert Atanasovski)
Illustration : migrants et réfugiés syriens et irakiens traversent la frontière gréco-macédonienne, près de Gevgelija, le 23 février 2016. (Crédit : AFP/Robert Atanasovski)

AMSTERDAM – Une femme en recherche d’emploi a dit qu’on lui avait conseillé de cacher ses liens avec la communauté juive lors d’un entretien avec un groupe financé par l’Etat néerlandais qui essayait d’aider les immigrés syriens à s’intégrer.

Laura Vrijsen, qui n’est pas juive, a écrit plus tôt ce mois-ci dans l’hebdomadaire Nieuw Israelietisch Weekblad sur son entretien pour l’Association Again at Home Rotterdam en 2017, suscitant un tollé de condamnations de la part des politiciens.

L’association a nié les allégations.

Selon Vrijsen, les deux femmes qui lui ont fait passer un entretien pour un poste de travailleuse sociale lui ont demandé indirectement si elle était juive car elles avaient remarqué qu’elle avait étudié à Jérusalem et travaillé pour l’organisation des services sociaux JMW de la communauté juive néerlandaise.

Vrijsen, qui n’a pas été embauchée à cause de son manque d’expérience selon l’association, a qualifié cet entretien de « conversation embarrassante ». Dans une chronique sur son expérience, Vrijsen a dit : « Je vois que vous avez travaillé pour JMW et que vous avez étudié à Jérusalem, quels sont vos liens personnels ?

Vrijsen s’est interrogée sur la pertinence de ces faits concernant son aptitude. On lui aurait répondu : « Eh bien, nous avons des réfugiés palestiniens, et si vous allez chez eux, mieux vaut ne pas le mentionner. Leurs familles ont d’abord dû fuir la Palestine et maintenant ils ont tout abandonné, cette fois en Syrie. Cette douleur est profonde et ne disparaîtra jamais. »

Un employé de la même entreprise a dit plus tard à Vrijsen que si elle était juive, l’association préférait ne pas le révéler à ses clients.

« Craignant les tensions, ils demandent aux Juifs de cacher leur identité, acceptant ainsi indirectement l’antisémitisme et demandant même aux Juifs de l’accepter », écrit Vrijsen.

À Rotterdam, où la municipalité finance l’association à hauteur de 197 000 dollars par an, certains politiciens locaux ont déclaré que le cas de Vrijsen nécessitait une réforme et un examen des subventions.

Le parti local Leefbaar Rotterdam a convoqué un débat au Conseil municipal sur la question, qualifiant l’histoire de Vrijsen de « discrimination flagrante ».

Les élus municipaux de plusieurs partis et un membre du Parlement national ont condamné l’entretien effectué par l’association. Un groupe de surveillance contre la discrimination a exhorté Vrijsen à déposer une plainte officielle contre l’association.

Dans une déclaration, l’association a déclaré que celles qui ont fait passer l’entretien « ont vécu ce moment différemment ».

« Cacher son identité n’est pas une option » pour les organisations, ont-ils ajouté.

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