Une image de menorah vieille de 2000 ans découverte près de Beer Sheva
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Une image de menorah vieille de 2000 ans découverte près de Beer Sheva

Une implantation bien conservée à la frontière sud de l'ancienne Judée donne une nouvelle vision de la force de la pratique du Judaïsme à l'extrémité de la province

Amanda Borschel-Dan édite la rubrique « Le Monde Juif »

  • Avinoam Lehavi, archéologue de l'AAI, tenant un morceau d'une lampe à l'huile vieille de 2000 ans et décorée d'une menorah. Le morceau a été retrouvé dans une fouille à proximité de Tel Beer-Sheva
(Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d'Israël)
    Avinoam Lehavi, archéologue de l'AAI, tenant un morceau d'une lampe à l'huile vieille de 2000 ans et décorée d'une menorah. Le morceau a été retrouvé dans une fouille à proximité de Tel Beer-Sheva (Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d'Israël)
  • Un morceau d'une lampe à l'huile vieille de 2000 ans et décorée d'une menorah. Le morceau a été retrouvé dans une fouille à proximité de Tel Beer-Sheva
(Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d'Israël)
    Un morceau d'une lampe à l'huile vieille de 2000 ans et décorée d'une menorah. Le morceau a été retrouvé dans une fouille à proximité de Tel Beer-Sheva (Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d'Israël)
  • L'archéologue Shira Bloch tient de la vaisselle vieille de 2000 ans découverte lors de fouilles dans la région de Tel Beersheva (Autorité des antiquités d'Israël).
    L'archéologue Shira Bloch tient de la vaisselle vieille de 2000 ans découverte lors de fouilles dans la région de Tel Beersheva (Autorité des antiquités d'Israël).

Une grande implantation juive, une tour de guet et des passages souterrains datant de la période du Deuxième temple, et rarement aussi bien conservés, font actuellement l’objet d’une fouille archéologique à côté de Beer Sheva dans le désert du Neguev d’Israël, a annoncé jeudi l’Autorité des antiquités d’Israël (AAI). Parmi les articles découverts sur ce site important, on retrouve un dessin intriguant d’une menorah à neuf branches, qui provient d’un morceau brisé d’une lampe à huile.

Selon le Dr Daniel Varga, archéologue de l’AAI, « c’est probablement l’une des représentations les plus anciennes d’une menorah à neuf branches jamais découverte ».

Le site date du premier siècle après l’ère commune et était en place jusqu’à la révolte de Bar Kochba en 135 de l’ère commune. Selon un communiqué de presse de l’AAI, les galeries souterraines cachées, que l’on a découvertes sur le site, ont pu être utilisées par des rebelles juifs.

Exhumées à la frontière la plus au sud de la Judée à proximité d’une route qui conduit de Tel Beer Sheva à la plaine côtière du sud, les découvertes site de 2 000 mètres carrés indiquent une continuité de la pratique religieuse juive aux extrémités du royaume. On a notamment retrouvé des bains rituels, de la vaisselle en pierre utilisée dans le cadre des lois de pureté ainsi qu’une grande quantité de poterie et de lampes décorées avec des thématiques juives typiques, comme les feuilles de vigne. On a aussi retrouvé des noyaux d’olive et de dattes et des équipements pour faire cuire le pain.

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Même si elle se trouvait à l’extrémité de la Judée, l’implantation n’était pas pour autant protégée de l’agitation qui traversait la Terre sainte sous occupation romaine pendant cette époque : « Des stigmates d’incendies ont été découverts dans certaines des structures, ce qui montre que l’implantation a dû faire face à une crise, probablement celle de la Première révolte juive en 70 de l’ère chrétienne », ont déclaré les responsables de la fouille, le Dr Peter Fabian de l’Université de Ben Gurion du Negev et Varga de l’AAI.

Des experts ont salué la découverte d’une implantation juive florissante dans cette partie de la province romaine.

L’archéologue Shira Bloch tient de la vaisselle vieille de 2000 ans découverte lors de fouilles dans la région de Tel Beer Sheva (Autorité des antiquités d’Israël).

« Nous n’avons pas vraiment de sites juifs de la période du deuxième Temple dans cette zone », a déclaré l’archéologue Shira Bloch. « Notre fouille est grande, complexe et très intéressante ».

En plus de sa dimension et de son état de conservation, Bloch a souligné que l’intérêt du site provient aussi des preuves claires que malgré le fait qu’il se trouvait en périphérie du royaume, les résidents « conservaient leur Judaïsme ».

Le site ne restera cependant pas visible pour longtemps : il s’agit d’une fouille sauvage avant la construction d’un nouveau quartier non loin de l’entrée nord de la ville. Selon Bloch, sauf s’il y avait un véritable tollé public, on prévoit actuellement de conserver uniquement la tour de guet.

Vaisselle juive typique de la période du Deuxième temple découverte dans des fouilles à proximité de Tel Beer Sheva.
(Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d’Israël)

En coopération avec l’AAI et l’université Ben Gurion, et avec des volontaires d’un programme pré-militaire, les fouilles ont duré un mois en été et ont repris en janvier. Elles seront terminées à la fin de la semaine, après quoi le site sera probablement recouvert de terre. « Il y a toujours un minuscule espoir qu’il ne soit pas de nouveau enseveli », a déclaré Bloch.

Selon Bloch, la première partie de la fouille n’a pas permis d’obtenir beaucoup de résultats. Pourtant, après que l’équipe a creusé d’environ deux mètres, elle a découvert de très nombreux objets. L’horloge tourne et il y a encore beaucoup à faire, a-t-elle dit, alors que les chercheurs continuent à s’interroger sur la population et sur la fonction du site.

Vaisselle juive typique de la période du Deuxième temple découverte dans des fouilles à proximité de Tel Beer Sheva. (Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d’Israël)

A part le tour de guet, a déclaré Bloch, il n’y a pas de véritable preuve qu’il s’agissait d’un avant-poste militaire, on n’a pas découvert d’épées ni de flèches. Selon elle, la tour était probablement utilisée localement pour surveiller l’implantation juive.

Le site, situé à la frontière sud de la Judée, offre des signes de croisements de cultures. On a retrouvé de la poterie nabatéenne, mais aussi des morceaux qui semblent provenir de l’étranger selon un premier examen, y compris d’îles grecques et d’ailleurs en Méditerranée, a expliqué Bloch.

Un morceau d’une lampe à l’huile vieille de 2000 ans et décorée d’une menorah. Le morceau a été retrouvé dans une fouille à proximité de Tel Beer-Sheva. (Anat Rasiuk, Autorité des antiquités d’Israël)

En outre, Bloch a déclaré que 40 pièces ont été découvertes. Elles sont encore en cours de nettoyage et d’analyse. Selon le communiqué de presse de l’AAI, il s’agirait sont des dizaines de pièces de bronze de la période de la domination romaine. Des pièces ont été frappées à Ashkelon et dans d’autres villes à travers l’Empire romain.

La découverte principale de la fouille jusqu’à présent est une image de menorah à neuf branches. Bloch a expliqué que s’il était tentant de la qualifier de « hanoukkiah », une menorah qui dispose d’un total de neuf branches qui est utilisée pendant la fête juive d’hiver de Hanoukka, il n’y a pas de preuves de célébrations de cette fête à cette époque et on ne peut donc pas attribuer cette fonction à l’illustration.

L’équipe est encore en train de fouiller des chambres souterraines, et, au moins jusqu’à maintenant, il semble qu’il s’agisse de petites pièces ou de placards de conservation souterrains, a déclaré Bloch.

« Nous avons seulement réussi à aller au fond d’une seule pièce… les autres sont beaucoup plus grandes et semblent être des pièces de stockage, pas d’autres passages. Mais à mesure que nous creusons, elles deviennent de plus en plus grandes », a déclaré Bloch.

L’AAI propose au public de visiter le site le lundi 8 avril de 15h à 17h. Des informations supplémentaires sont disponibles sur la page Facebook de l’Autorité des antiquités d’Israël.

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