Une interview de Sinwar présélectionnée pour le Prix de la presse européenne
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Une interview de Sinwar présélectionnée pour le Prix de la presse européenne

L’interview du chef terroriste du Hamas dans la bande de Gaza a été publiée l’année dernière par le Yedioth Ahronoth

Yahya Sinwar, le dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, s'adresse à des correspondants étrangers dans son bureau à Gaza, le jeudi 10 mai 2018. (AP Photo/Khalil Hamra)
Yahya Sinwar, le dirigeant du Hamas dans la bande de Gaza, s'adresse à des correspondants étrangers dans son bureau à Gaza, le jeudi 10 mai 2018. (AP Photo/Khalil Hamra)

Une interview de Yahya Sinwar, dirigeant du mouvement islamiste du Hamas dans la bande de Gaza, réalisée l’année dernière par la journaliste italienne Francesca Borri pour le quotidien israélien Yedioth Ahronoth, a été présélectionnée dans la catégorie « Reportage exceptionnel » du Prix de la presse européenne 2019. Il concourt face à cinq autres reportages internationaux. Les lauréats seront annoncés le 23 mai dans les locaux de la Gazeta Wyborcza à Varsovie. 

Pour son reportage, intitulé « Sinwar : ‘Le temps d’un changement est venu, cessez le siège’ » (« Sinwar: ‘It’s time for a change, end the siege’ »), la journaliste de La Repubblica qui a conduit l’interview au nom du Yedioth a suivi durant cinq jours Yahya Sinwar à Gaza.

« Une nouvelle guerre n’est dans l’intérêt de personne, certainement pas dans notre intérêt. Qui voudrait se confronter à une puissance nucléaire avec seulement quatre frondes ? La guerre ne mène à rien », déclarait le dirigeant gazaoui dans l’entretien.

Le journal s’était vanté de publier la première interview de Sinwar à la presse israélienne depuis qu’il est devenu le chef du Hamas à Gaza. Sinwar a ensuite affirmé qu’il ignorait que Burri travaillait pour le quotidien israélien et a accusé le Yedioth de l’avoir trompé.

« Je ne dis pas que je ne combattrai plus, je dis que je ne veux pas d’autres guerres », expliquait le dirigeant du groupe terroriste palestinien qui contrôle Gaza et prône ouvertement la destruction d’Israël.

« Je veux la fin du siège », a-t-il déclaré, en référence au blocus israélien et égyptien imposé sur Gaza après que le Hamas a pris le contrôle de l’enclave palestinienne lors d’un violent coup de force en 2007.

Israël et l’Egypte imposent une série de restrictions au niveau du mouvement des personnes et des biens dans Gaza. Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes dans la bande de Gaza de s’armer ou de construire des infrastructures militaires.

Rejetant toute responsabilité par rapport à la situation humanitaire très difficile à Gaza, Sinwar expliquait que « la responsabilité repose sur ceux qui ont fermé les frontières, pas sur ceux qui essaient de les rouvrir ». « Ma responsabilité est de coopérer avec ceux qui peuvent nous aider à mettre un terme au blocus. Dans la situation actuelle, une explosion est inévitable », estimait-il, alors qu’avait démarré depuis plus d’un mois la violente série d’émeutes le long de la frontière, surnommées la « Marche du retour ».

Selon Sinwar, un cessez-le-feu impliquerait « un calme complet et une levée du blocus ». Interrogé sur l’idée d’un échange du calme pour le calme, il déclarait : « Non. Nous voulons le calme en échange du calme, et la levée du blocus. Le blocus ne garantit pas le calme ».

Il expliquait également qu’un échange de prisonniers était « absolument vital » pour n’importe quel accord de paix.

« Ce n’est pas une question politique. C’est une question morale. Je la vois comme un devoir. Je ferai tout pour libérer tous les prisonniers encore en prison. »

Il avait ajouté que si un accord n’a toujours pas été obtenu, « presque » toutes les organisations palestiniennes accepteraient de le signer.

« Il est important de clarifier les choses : si nous sommes attaqués, nous nous défendrons, comme toujours, et nous aurons une autre guerre. Mais ensuite, dans un an, vous serez encore ici et je vous dirai encore que la guerre ne règle rien », avait-il dit.

Une nouvelle série de violences entre Israël et Gaza a démarré en ce début de semaine lorsqu’une roquette tirée lundi avant l’aube depuis la bande de Gaza – qui, selon l’Etat juif, a été lancée par le Hamas – s’est abattue sur une maison de la ville de Mishmeret, au nord-est de Tel Aviv, détruisant le bâtiment. Deux personnes qui se trouvaient à l’intérieur ont été modérément touchées et cinq autres, dont trois tout-petits, ont été légèrement blessées. Des frappes aériennes sur des cibles de la bande de Gaza ont ensuite suivi et un calme tendu règne en ce mercredi.

Judah Ari Gross, l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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