Yahya Sinwar : « Je ne veux plus de guerres »
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Yahya Sinwar : « Je ne veux plus de guerres »

"Qui voudrait se confronter à une puissance nucléaire avec des frondes?", a déclaré le chef du Hamas au Yedioth Ahronoth

Le chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza Yahya Sinwar lors d'une rencontre dans la ville de Khan Yunis, dans le sud de Gaza, le 22 juillet 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)
Le chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza Yahya Sinwar lors d'une rencontre dans la ville de Khan Yunis, dans le sud de Gaza, le 22 juillet 2017. (Crédit : Said Khatib/AFP)

Dans un entretien accordé au journal israélien Yedioth Ahronoth, le chef du Hamas dans la bande de Gaza a affirmé qu’il ne voulait plus d’autres guerres et qu’il voyait « une réelle opportunité de changement » actuellement.

« Une nouvelle guerre n’est dans l’intérêt de personne, certainement pas dans notre intérêt. Qui voudrait se confronter à une puissance nucléaire avec seulement quatre frondes ? La guerre ne mène à rien », a déclaré Yahya Sinwar dans un extrait de l’entretien publié jeudi. Le journal israélien a déclaré que l’entretien complet sera publié vendredi.

Francesca Burri, une journaliste italienne de La Repubblica qui a conduit l’interview au nom du Yedioth, a expliqué avoir rencontré Sinwar dans son bureau à Gaza City pendant cinq jours.

Le journal s’est vanté de publier la première interview de Sinwar à la presse israélienne depuis qu’il est devenu le chef du Hamas à Gaza. Sinwar a ensuite affirmé qu’il ignorait que Burri travaillait pour le quotidien israélien et a accusé le Yedioth de l’avoir trompé.

« Je ne dis pas que je ne combattrai plus, je dis que je ne veux pas d’autres guerres », a déclaré le dirigeant du groupe terroriste palestinien qui contrôle Gaza et prône ouvertement la destruction d’Israël.

« Je veux la fin du siège », a-t-il déclaré, en référence au blocus israélien et égyptien imposé sur Gaza après que le Hamas a pris le contrôle de l’enclave palestinienne lors d’un violent coup de force en 2007.

Israël et l’Egypte imposent une série de restrictions au niveau du mouvement des personnes et des biens dans Gaza. Israël affirme que le blocus est nécessaire pour empêcher le Hamas et d’autres groupes terroristes dans le bande de Gaza de s’armer ou de construire des infrastructures militaires.

Une flambée de violence à Gaza a commencé en mars avec une série de manifestations le long de la frontière, surnommées la « Marche du retour ».

Attaques régulières de jets de pierre et de cocktails Molotov contre des soldats israéliens, attaques à l’arme à feu et aux bombes artisanales figuraient parmi les affrontements. Il y a également eu des tentatives de franchir la frontière de sécurité.

Le nombre d’émeutes à la frontière a augmenté au cours des récentes semaines, passant d’un événement hebdomadaire à des manifestations presque quotidiennes depuis que le Hamas a arrêté les négociations indirectes avec Israël pour obtenir un cessez-le-feu à long terme.

Le Hamas a augmenté le rythme des émeutes et des manifestations contre Israël ; le groupe terroriste a créé de nouvelles unités chargées de maintenir les tensions le long de la frontière, de jour comme de nuit.

Des Palestiniens lancent des pierres en direction des forces israéliennes lors d’affrontements à la frontière entre Israël et la bande de Gaza, à l’est de la ville de Gaza, le 28 septembre 2018. (Photo AFP / Said Khatib)

La crise humanitaire à Gaza s’est sensiblement aggravée et les négociations de réconciliation avec l’Autorité palestinienne sont rompues.

Rejetant toute responsabilité par rapport à la situation humanitaire très difficile à Gaza, Sinwar a déclaré que « la responsabilité repose sur ceux qui ont fermé les frontières, pas sur ceux qui essaient de les rouvrir. Ma responsabilité est de coopérer avec ceux qui peuvent nous aider à mettre un terme au blocus. Dans la situation actuelle, une explosion est inévitable ».

Les négociations indirectes entre Israël et le Hamas au sujet d’un cessez-le-feu à long terme seraient actuellement au point mort. Sinwar a déclaré que, selon lui, le cessez-le-feu impliquerait « un calme complet et une levée du blocus ». Quand nous l’avons interrogé sur l’idée d’un échange du calme pour le calme, il a déclaré : « Non. Nous voulons le calme en échange du calme, et la levée du blocus. Le blocus ne garantit pas le calme ».

Sinwar a déclaré qu’un échange de prisonniers était « absolument vital » pour n’importe quel accord de paix.

« Ce n’est pas une question politique. C’est une question morale. Je la vois comme un devoir. Je ferai tout pour libérer tous les prisonniers encore en prison ».

Il a ajouté que si un accord n’a toujours pas été obtenu, « presque » toutes les organisations palestiniennes accepteraient de le signer.

« Il est important de clarifier les choses : si nous sommes attaqués, nous nous défendrons, comme toujours, et nous aurons une autre guerre. Mais ensuite, dans un an, vous serez encore ici et je vous dirai encore que la guerre ne règle rien », a-t-il dit.

Mercredi, le journal britannique The Telegraph a annoncé que dans un entretien de cinq heures donné à des journalistes palestiniens, Sinwar a exposé sa nouvelle stratégie : si Israël lève le blocus de Gaza, le Hamas et les autres factions armées palestiniennes s’assureront que tous les tirs de roquettes et les autres attaques contre Israël cessent.

Yahya Sinwar, leader du Hamas, s’adresse aux fidèles de la bande de Gaza dans un discours télévisé, le 21 décembre 2017 (Capture d’écran : Al-Aqsa)

Le chef du Hamas aurait dit être confiant par rapport à un accord avec Israël qui pourrait être obtenu d’ici la mi-octobre. Il a cependant menacé de déclencher le « chaos » avec des manifestations de masse à la frontière s’il n’y a pas d’accord.

Les manifestants de Gaza ont régulièrement lancé des cerfs-volants et des ballons incendiaires sur Israël, déclenchant des feux qui ont détruit des forêts, brûlé des récoltes et tué du bétail. De grandes étendues de terre ont brûlé, causant des dégâts évalués à plusieurs millions de shekels, selon des officiels israéliens. Certains ballons transportaient des engins explosifs improvisés.

Au moins 140 Palestiniens ont été tués dans les manifestations depuis la fin mars, selon les chiffres de l’Autorité palestinienne. Le Hamas a reconnu que des dizaines de victimes étaient des membres du groupe terroriste.

Judah Ari Gross, l’équipe du Times of Israel ont contribué à cet article.

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