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Une Iranienne dans le coma après son arrestation par la police des mœurs

La police de Téhéran a confirmé que Mahsa Amini avait été arrêtée, ainsi que d'autres femmes, pour se voir donner des "explications et des instructions" sur le code vestimentaire

Sur cette photo d'archives prise le 7 février 2018, des femmes iraniennes portant un hijab marchent dans une rue de la capitale Téhéran. (Atta Kenare/AFP)
Sur cette photo d'archives prise le 7 février 2018, des femmes iraniennes portant un hijab marchent dans une rue de la capitale Téhéran. (Atta Kenare/AFP)

Une Iranienne de 22 ans est actuellement dans le coma à l’hôpital après avoir été arrêtée à Téhéran par la police des mœurs, ont rapporté jeudi des défenseurs des droits de l’Homme.

Mahsa Amini était en visite dans la capitale iranienne avec sa famille quand elle a été arrêtée par cette unité spéciale de la police chargée de faire notamment appliquer l’obligation pour les Iraniennes de porter le voile.

Son frère a déclaré au site internet IranWire qu’alors qu’il attendait sa sœur à l’extérieur du commissariat, il a vu une ambulance en sortir et emmener sa sœur à l’hôpital.

Il dit avoir été informé qu’elle avait fait une attaque cardiaque et cérébrale et qu’elle était dans le coma.

« Il ne s’est déroulé que deux heures entre son arrestation et son transfert à l’hôpital », a-t-il déclaré, affirmant son intention de porter plainte. « Je n’ai rien à perdre. Je ne laisserai pas les choses ainsi sans protester ».

Dans un communiqué, la police de Téhéran a confirmé que Mahsa Amini avait été arrêtée, ainsi que d’autres femmes, pour se voir donner des « explications et des instructions » sur le code vestimentaire.

« Elle a été prise subitement d’un problème cardiaque (…) et elle a été conduite immédiatement à l’hôpital avec la coopération de la police et des services d’urgence », affirme le communiqué.

« 1500tasvir », un compte sur les réseaux sociaux qui recense les atteintes aux droits de l’Homme de la police iranienne, a posté sur Twitter une photo présentant selon ces militants, la jeune femme sur son lit d’hôpital, intubée.

« La situation de Mahsa Amni est un exemple d’un crime intentionnel. La répression systématique des femmes iraniennes sous le prétexte de faire appliquer la loi sur le voile par la police des mœurs est un crime », a fustigé sur les réseaux sociaux le militant pour la liberté d’expression en Iran Hossein Ronaghi.

Depuis la Révolution islamique de 1979, la loi en vigueur en Iran impose aux femmes, Iraniennes et étrangères et quelle que soit leur religion, de sortir la tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long.

Une femme passe devant un bureau de change dans le grand bazar de la capitale iranienne, le 3 novembre 2018. (Crédit : ATTA KENARE / AFP)

Toutefois, le zèle des autorités sur ce sujet avait nettement diminué sous l’ex-gouvernement de Hassan Rohani et un nombre croissant d’Iraniennes, à Téhéran et dans d’autres grandes villes, laissent apparaître leur chevelure.

Mais ces derniers mois, sous la présidence de l’ultraconservateur Ebrahim Raïssi, les interventions de la police se sont multipliées pour faire appliquer la loi.

Cet incident intervient alors que la police des mœurs a été récemment sous le feu des critiques, en juillet, à l’extérieur et à l’intérieur de l’Iran, après qu’une vidéo montrant une femme qui plaidait pour la libération de sa fille soit devenue virale.

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