Une journaliste menacée d’enlèvement par l’Iran, appelle l’Occident à réagir
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Une journaliste menacée d’enlèvement par l’Iran, appelle l’Occident à réagir

La justice américaine a annoncé l'inculpation de 4 "agents du renseignement iranien", accusés d'avoir voulu enlever Masih Alinejad, à l'origine du mouvement antivoile en Iran

La journaliste Masih Alinejad, à New York City, le 16 avril 2016. (Crédit : Jemal Countess / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)
La journaliste Masih Alinejad, à New York City, le 16 avril 2016. (Crédit : Jemal Countess / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Une journaliste américaine d’origine iranienne s’est dite mercredi « choquée » par les préparatifs de Téhéran qui, selon Washington, voulait l’enlever sur le sol américain, et a appelé les Occidentaux à réagir avec fermeté.

« C’est incroyable, je ne peux toujours pas croire que, ici à New York, la République islamique ait pu me menacer, me suivre… Moi, une citoyenne américano-iranienne, ici sur le sol des Etats-Unis d’Amérique », a réagi Masih Alinejad lors d’un entretien sur la chaîne CNN.

La justice américaine a annoncé mardi l’inculpation de quatre « agents du renseignement iranien », accusés d’avoir voulu enlever Mme Alinejad, une journaliste de 44 ans et militante féministe à l’origine du mouvement antivoile en Iran.

L’Iran a rejeté ces accusations, les jugeant « absurdes et infondées ». « Ce n’est pas la première fois que les Etats-Unis s’engagent dans la création de ces scénarios hollywoodiens », a ajouté le porte-parole des Affaires étrangères iraniennes Saïd Khatibzadeh.

Masih Alinejad, qui a quitté l’Iran en 2009, a pourtant expliqué avoir reçu il y a huit mois une visite de la police fédérale qui lui a conseillé de quitter son domicile, dans le quartier de Brooklyn, et de ne pas voyager à l’étranger, mais n’avoir pas mesuré l’ampleur du complot.

« Les détails sont choquants, je les ai appris hier », a-t-elle dit: « Ils me suivaient et voulaient me mettre sur un bateau en direction du Venezuela ! »

Dans le passé, des journalistes critiques et des dissidents ont déjà été arrêtés à l’étranger, mais aussi des bi-nationaux « utilisés comme monnaie d’échange dans les négociations sur le nucléaire iranien », a-t-elle rappelé.

« Ce qui me brise le coeur, c’est que ça dure depuis 40 ans et qu’aucun gouvernement occidental n’a pris de mesures fermes », a-t-elle ajouté, en confiant être « déçue » par le gouvernement américain de Joe Biden.

« J’attends qu’il agisse avec fermeté », a déclaré la reporter. « Je veux que l’administration Biden soit forte plutôt que d’essayer de passer des accords » avec les Iraniens.

Le démocrate a relancé en avril les pourparlers avec Téhéran pour tenter de sauver l’accord international de 2015 destiné à empêcher l’Iran de se doter d’une arme nucléaire, dont son prédécesseur Donald Trump s’était retiré.

« Je n’ai pas peur de mourir ou d’être exécutée, ce qui m’effraie, c’est que le monde entier reste silencieux face à un tel régime et l’autorise à mener une telle oppression aux Etats-Unis », a poursuivi la journaliste. « C’est le pire. »

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