Une large action militaire autorisée à Gaza si les tirs de roquettes continuent
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Une large action militaire autorisée à Gaza si les tirs de roquettes continuent

Netanyahu et Gantz ont reçu le feu vert du cabinet de sécurité ; cette initiative survient après le lancement de 45 roquettes vers Israël depuis l'enclave en l'espace de 3 jours

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Des tanks israéliens stationnés le long de la frontière entre Israël et Gaza, le 24 avril 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Des tanks israéliens stationnés le long de la frontière entre Israël et Gaza, le 24 avril 2021. (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Le cabinet de sécurité a donné son feu vert, lundi soir, à une riposte militaire majeure si les terroristes de la bande de Gaza continuaient à tirer des roquettes vers Israël. Des dizaines de projectiles ont été lancés depuis l’enclave au cours des trois derniers jours.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense, Benny Gantz, ont reçu l’autorisation du cabinet pour éventuellement déterminer quelles initiatives prendre en cas de poursuite de ces violences, selon les responsables israéliens.

Cette décision a été prise à l’issue d’une réunion du cabinet de sécurité pendant laquelle les responsables du secteur de la Défense ont présenté un certain nombre d’options militaires potentielles pour riposter à d’éventuelles nouvelles attaques à la roquette. Les responsables ont averti qu’une frappe militaire importante visant le groupe terroriste du Hamas pourrait entraîner encore davantage de violences non seulement à Gaza, mais aussi à Jérusalem et en Cisjordanie.

Même si les forces israéliennes n’ont pas encore envoyé des renforts sur la frontière avec Gaza, les militaires, lundi soir, se préparaient à la possibilité d’un conflit plus large.

Le dernier épisode de violences a commencé dans la nuit de vendredi. Les terroristes qui contrôlent l’enclave côtière ont lancé au moins 36 roquettes et obus de mortier vers le sud de l’État hébreu, entraînant de légers dégâts dans un certain nombre de communautés israéliennes frontalières. Les attaques ont repris samedi soir, avec le lancement de quatre roquettes supplémentaires vers Israël. Certaines ne sont pas parvenues à franchir la frontière et sont retombées sur le territoire de Gaza.

Samedi soir, cinq projectiles ont été à nouveau tirés vers le sud de l’État juif.

L’armée a riposté aux attaques de vendredi soir en frappant des infrastructures du Hamas mais elle s’est abstenue, depuis, de répondre par de nouvelles attaques militaires. Lundi matin, Tsahal a annoncé la fermeture totale du périmètre de la zone de pêche de Gaza pour une durée indéterminée – coupant une source majeure de revenus de l’enclave.

Les groupes terroristes à l’origine des tirs de roquette – le Front populaire pour la libération de la Palestine et le Fatah – ont fait savoir, dans des communiqués, que ces attaques visaient à riposter contre les tensions et affrontements en cours à Jérusalem. Ces tirs de roquettes, qui auraient été par ailleurs approuvés par le Hamas, ont aussi été liés à la concurrence entre les différents mouvements palestiniens à la veille des élections qui auront lieu le mois prochain – c’est le premier scrutin depuis environ 15 ans. L’Autorité palestinienne, pour sa part, a indiqué prévoir de reporter le vote.

Des manifestants scandent des slogans anti-israéliens en brûlant des pneus pendant une manifestation en solidarité avec les Palestiniens de Jérusalem, dans les rues du camp de réfugiés de Shati à Gaza City, le 24 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Adel Hana)

En plus des attaques à la roquette, il y a eu des émeutes nocturnes, depuis trois jours, qui ont eu lieu le long de la frontière avec Gaza. Les manifestants ont fait brûler des pneus et activé de petits explosifs.

Depuis le début des attaques, l’État juif a lancé un certain nombre de messages au Hamas par le biais de divers intermédiaires – notamment par le biais de l’armée égyptienne et des Nations unies – avertissant le groupe que s’il ne freinait pas les initiatives prises par les autres organisations terroristes de la bande, l’armée israélienne lui ferait assumer la responsabilité de l’ensemble de ces agressions.

Lundi, le ministre de la Défense, Benny Gantz, a rencontré Tor Wennesland,  Coordonnateur spécial des Nations Unies pour le processus de paix au Moyen-Orient et Représentant personnel du Secrétaire général auprès de l’Organisation de libération de la Palestine et de l’Autorité palestinienne – pour évoquer l’escalade des violences émanant de l’enclave palestinienne, a annoncé son bureau.

« J’ai dit qu’il était urgent de faire cesser immédiatement les violences émanant de Gaza et j’ai répété l’engagement inaltérable d’Israël à protéger ses citoyens et sa souveraineté », a déclaré Gantz dans un communiqué.

Le ministre de la Défense Benny Gantz, à droite, rencontre le coordinateur spécial de l’ONU pour le processus de paix au Moyen-Orient, Tor Wennesland, le 26 avril 2021. (Crédit : Ariel Hermoni/Defense Ministry)

Wennesland devait partir au Caire en fin de journée pour des entretiens avec des responsables égyptiens du renseignement qui, dans le passé, ont également servi de médiateurs entre l’État juif et le Hamas. Il partira ensuite à Amman pour des rencontres avec des officiels jordaniens, qui seront consacrées à la situation tendue à Jérusalem.

Les responsables israéliens ont expliqué à Wennesland que la fermeture de la zone de pêche était la dernière réponse non-militaire apportée aux tirs de roquettes mais que dorénavant, Tsahal ferait usage de la force pour contrer les agressions, selon le site d’information Walla. Ils ont demandé qu’il soit rappelé au Hamas que les protocoles existants sur le maintien du calme dans la zone frontalière étaient encore en place, selon Israël, et que les tirs de roquette ne seraient plus tolérés.

Les responsables israéliens ont aussi souligné que le pays ne se laisserait pas entraîner dans les querelles internes palestiniennes dans le contexte du report attendu des élections israéliennes qui avaient été prévues le 22 mai.

Des garçons israéliens examinent le site où une roquette tirée depuis la bande de Gaza a atterri en Israël, le 24 avril 2021. (AP Photo/Tsafrir Abayov)

Dans la matinée de lundi, le Hamas a réagi avec fureur à la fermeture totale de la zone de pêche de Gaza, disant qu’il n’accepterait pas les restrictions et que cette décision aurait de graves conséquences.

« Israël en assumera les conséquences », a affirmé le Hamas, selon le site d’information Ynet. « Le fermeture de la bande de Gaza aux pêcheurs est une violation flagrante de leurs droits et constitue une forme d’agression continue contre notre population. »

« La politique agressive d’Israël à l’encontre de la population palestinienne n’entamera en rien la fermeté et la détermination de cette dernière », a-t-il ajouté.

« Nous n’accepterons ni ces mesures limitatives, ni les pressions exercées sur les Palestiniens et Israël assumera les conséquences de son comportement agressif », a noté le groupe terroriste.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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