Une mariée israélienne jouant de la batterie provoque la controverse
Rechercher

Une mariée israélienne jouant de la batterie provoque la controverse

La jeune épouse a ravi ses convives mais des responsables ultra-orthodoxes ont critiqué l'inaction des gérants de la salle face à ce manque de "pudeur"

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Capture d'écran de la mariée Shira Hirschkovitz, à la batterie, en février 2019. (Crédit : YouTube)
Capture d'écran de la mariée Shira Hirschkovitz, à la batterie, en février 2019. (Crédit : YouTube)

Les talents de batteuse d’une jeune mariée ont causé des problèmes à une salle de mariage et à un orchestre au début du mois, après que des responsables ultra-orthodoxes ont déploré le fait que sa performance n’était pas conforme aux règles de la « pudeur ».

L’orchestre, qui a prêté sa batterie à la mariée, s’est excusé de cet incident et a promis que si ce genre d’incident venait à se reproduire, il quitterait l’industrie de la musique, a rapporté le site B’Hadrei Haredim mercredi.

Vers la fin de la soirée de mariage, Shira Hershkovitz, 19 ans, est montée sur l’estrade où jouait l’orchestre Yoeli Dickman et s’est assise à la place du batteur. Puis, à la surprise générale, et pour le plus grand plaisir des convives et du marié, a accompagné l’orchestre à la batterie.

Une vidéo de la petite performance de la musicienne a été très largement partagée sur les réseaux sociaux et est rapidement devenue connue comme « la mariée à la batterie ».

Une semaine après le mariage, et avant que l’agitation autour de sa performance ne s’estompe, Shira Hershkovitz a raconté au site Ynet qu’elle avait toujours voulu jouer de la batterie.

« Quand j’étais petite, j’ai appris à jouer du piano », a confié la jeune mariée, photographe de profession. « Pendant de nombreuses années, je rêvais de jouer de la batterie, et il y a un an et demi, j’ai commencé à fréquenter une école de batterie à Tel Aviv. »

L’orchestre Dickman a déclaré à Ynet que peu avant le mariage, Shira Hershkovitz lui a dit qu’elle avait appris à jouer de la batterie et qu’elle envisageait de jouer au mariage, et il a approuvé. Ils se sont mis d’accord pour improviser le jour du mariage, et le batteur lui a tendu ses baguettes pendant la soirée.

« Je lui ai dit de commencer à jouer et que l’orchestre s’adapterait à son rythme », a-t-il expliqué.

Cependant, certains ont été choqués par l’attitude de la jeune femme et se sont plaints au Badatz, le département de casheroute de l’organisation ultra-orthodoxe de l’Eda Haredit. Le Badatz, qui supervise la salle de Bnei Brak où a eu lieu le mariage et qui donne sa certification de casheroute, a contacté la salle et a demandé pourquoi les gérants avaient autorisé cette performance et pourquoi ils n’avaient pas coupé le courant dès qu’elle avait commencé.

Dans la communauté ultra-orthodoxe, les femmes n’ont pas le droit de se produire devant des hommes ni devant un public mixte pour des raisons de pudeur.

Selon des informations, le Badatz a également réprimandé l’orchestre. Dans une lettre de réponse au Badatz, publiée dans l’article, l’orchestre s’est dit désolé pour cette « terrible brèche dans les lois de la pudeur » et a promis que « de telles choses ne se reproduiront plus ».

La lettre ajoute que « à Dieu ne plaise, si cela venait à se reproduire, nous acceptons que l’orchestre soit interdit dans les fêtes et que cette injonction soit rendue publique ».

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...