Israël en guerre - Jour 150

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Une mère et ses deux enfants mortellement poignardés à Taibe

Le mari a été arrêté, soupçonné d'avoir donné la mort à Baraah Jaber Masarwa, 26 ans, à Adam, deux ans, et à Amir, six mois ; la violence meurtrière est en recrudescence en Israël

Baraah Jaber Masarwa, à droite, et ses fils  Amir et Adam, qui ont été tués à Taibe, le 1er mai 2023. (Autorisation)
Baraah Jaber Masarwa, à droite, et ses fils Amir et Adam, qui ont été tués à Taibe, le 1er mai 2023. (Autorisation)

Une jeune femme et ses deux enfants, avec un bébé parmi eux, ont été retrouvés mortellement poignardés dans leur habitation du centre du pays, lundi au début de la matinée.

Le mari de la femme, âgé d’environ 30 ans, a été arrêté peu après, soupçonné des trois meurtres.

Les trois corps ont été découverts par les secours peu après 2 heures 30 du matin à Taibe, une ville arabe de l’Est de Netanya.

Là-bas, les secours ont trouvé les corps sans vie de Baraah Jaber Masarwa, 26 ans, et de ses deux fils, Amir, 2 ans, et Adam, six mois. L’époux, dont l’identité n’a pas été révélée, est soupçonné d’avoir tué les deux enfants dans leur sommeil et d’avoir attaqué sa femme qui se trouvait dans la cuisine à ce moment-là.

Mahmoud Araki, un secouriste, a précisé que les services d’urgence avaient tenté de sauver les trois victimes, en vain. Leur mort a été prononcée sur les lieux.

« Quand nous sommes arrivés là-bas, nous avons découvert une scène extrêmement préoccupante », a-t-il déclaré à la presse. « Nous avons trouvé une femme, un bébé et un jeune enfant inconscients, qui tous portaient des marques de violences sur le corps. »

La police sur les lieux d’un triple meurtre présumé dans un appartement de Taibé, le 1er mai 2023. (Autorisation : Police israélienne)

Le commandant du district central de la police israélienne, Avi Biton, a mené une évaluation de la situation sur les lieux des meurtres et l’enquête a été confiée à une unité particulière de lutte contre le crime en raison de la complexité du dossier.

Le maire de Taibe, Shuaa Masarwa Mansour, a indiqué à Ynet, lundi, que la famille n’était pas connue des services sociaux de la ville et qu’il n’y avait jamais eu de signalement de violences au sein de ce foyer avant les homicides. Mansour a indiqué qu’il n’y avait aucun lien entre les trois meurtres survenus lundi dans sa ville et la série de crimes violents qui ont été récemment commis dans le milieu de la pègre, au sein de la communauté arabe israélienne.

Alors que cela fait longtemps que les violences conjugales sont un fléau en Israël et que la communauté arabe doit faire face, depuis des années, à une recrudescence de crimes violents, les familicides restent excessivement rares, même s’ils existent.

Avec ces morts, le nombre de victimes d’homicides au sein de la communauté arabe israélienne, cette année, passe à 64, selon un décompte effectué par le groupe Abraham Initiatives, qui suit les violences communautaires au sein de cette catégorie de la population. L’organisation a précisé que ce décompte représentait plus du double du chiffre enregistré l’année dernière à la même période (27).

Le mois dernier, les députés de la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu ont rejeté une loi qui imposait un suivi électronique aux individus soupçonnés de violences conjugales, assorti d’un ordre de restriction, disant qu’ils voulaient trouver des mesures qui seraient, selon eux, plus équitables à l’égard des auteurs de violences, des hommes dans leur écrasante majorité.

Les partisans de la législation avaient cité des experts qui avaient indiqué que ce suivi sauverait des vies de femmes.

Des femmes participent à une manifestation contre les violences domestiques à Tel Aviv, le 12 décembre 2018. (Jack Guez/AFP)

Au moins onze femmes ont été tuées cette année dans des féminicides présumés, selon un décompte du quotidien Haaretz. L’Observatoire israélien des féminicides a remarqué que 24 femmes avaient été tuées parce qu’elles étaient des femmes en 2022, contre 16 l’année précédente.

Haaretz a indiqué dimanche que le nombre d’homicides commis dans les quatre premiers mois de cette année représentait plus du double du chiffre enregistré entre les mois de janvier et d’avril 2022 – avec une hausse nette depuis que le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir est arrivé au pouvoir, le même politicien d’extrême-droite qui avait promis aux citoyens d’améliorer la sécurité individuelle.

Un grand nombre de ces meurtres ont eu lieu dans un contexte de recrudescence des violences, ces derniers jours. Pendant le week-end, un adolescent d’Umm al-Fahm a été abattu sur une autoroute et une femme a été hospitalisée dans un état grave après avoir été poignardée à son domicile dans un acte de violences conjugales présumé. Vendredi, un homme de Holon est mort après avoir été attaqué à la l’arme blanche.

Mercredi et jeudi en début de matinée, trois hommes ont été blessés par balle dans des incidents distincts à Holon, Elad et Kafr Yasif. Jeudi matin, une femme a été retrouvée morte dans son habitation d’Abu Karinat, un village bédouin du sud du pays, portant des signes de violences sur le corps.

La semaine dernière, Ben Gvir a convoqué en urgence les hauts-responsables de la police pour tenter de contrer cette augmentation des meurtres, et il a suggéré de placer les suspects en détention sans mise en examen préalable dans le cadre de la lutte contre les crimes violents. Ben Gvir s’était opposé au suivi électronique des individus soupçonnés de violences conjugales, affirmant qu’il serait trop facile de « lancer de fausses accusations contre les hommes ».

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