Une milice en Syrie soutenue par l’Iran dit être « parfaitement préparée » pour combattre Israël
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Une milice en Syrie soutenue par l’Iran dit être « parfaitement préparée » pour combattre Israël

La 'Brigade de libération du Golan', forte de 10 000 hommes et sous les ordres du commandant de la Force Al-Qods, a déclaré qu'elle combattrait l'Etat juif si Damas le lui demandait

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Le chef d’une importante milice irakienne soutenue par l’Iran et qui combat en Syrie a récemment déclaré que son groupe était « pleinement préparé » à combattre Israël si Damas le lui demandait.

Le Cheikh Akram al-Kaabi, chef du groupe al-Nujaba en Irak affilié au Hezbollah, a déclaré vendredi soir au média libanais Al Mayadeen que son groupe serait prêt à participer à une attaque menée par Damas sur le plateau du Golan en Israël.

« Nous sommes tout à fait prêts à combattre auprès de l’armée arabe syrienne afin de libérer le Golan si l’État syrien le souhaite ou le demande », a déclaré M. Kaabi.

Il a également annoncé qu’un tel dessein s’effectuerait par l’intermédiaire de la Brigade de Libération du Golan, formée en mars dernier en tant que nouvelle faction de sa milice.

Le groupe al-Nujaba en Irak affilié au Hezbollah serait dirigé par Qassem Soleimani, commandant de la Force Al-Qods, forces spéciales des Gardiens de la Révolution.

Le commandant des force Al-Qods des Gardiens de la Révolution islamique, Qassem Soleimani (Crédit : YouTube/BBC Newsnight)

Kaabi, qui contrôlerait 10 000 hommes en Syrie, a aussi déclaré que son unité serait prête à défendre le Hezbollah, groupe terroriste libanais également soutenue par l’Iran, contre toute attaque israélienne.

Selon le porte-parole du groupe al-Nujaba en Irak affilié au Hezbollah, la Brigade de Libération du Golan compte dans ses rangs des combattants des forces spéciales et possède des systèmes d’armement avancés.

Le groupe a publié une vidéo montrant ses soldats marchant en rang et une bannière « Israël sera détruit » quand la formation de cette nouvelle brigade a été publiquement annoncée.

Israël surveille de près les activités du groupe terroriste du Hezbollah libanais et des milices iraniennes dans le sud de la Syrie et a promis de se protéger contre toute provocation, notamment en bombardant de supposés transferts d’armes.

Akram al-Kaabi (Crédit : Capture d’écran YouTube)

Israël a conquis le plateau du Golan, jadis sous domination syrienne, lors de la guerre de 1967. La Syrie et la communauté internationale ne reconnaissent pas le contrôle d’Israël sur ce territoire.

Les dirigeants iraniens appellent régulièrement à la dissolution d’Israël. L’Iran finance, forme et arme des groupes terroristes à Gaza, en Cisjordanie et au Liban.

La semaine dernière, Avigdor Liberman, ministre israélien de la Défense, a exhorté les législateurs à augmenter le budget militaire de plus d’un milliard de dollars au cours des trois prochaines années, prenant en exemple les opérations en Syrie et ailleurs visant à menacer la sécurité d’Israël.

Avigdor Liberman, ministre de la Défense, sur le chantier d’Amichai, nouvelle implantation de Cisjordanie, le 18 octobre 2017. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Le ministre de la Défense a identifié trois points particulièrement préoccupants : la présence massive des Russes en Syrie ; l’afflux d’armes de haute précision dans la région – non seulement dans les rangs du Hezbollah, mais aussi dans ceux de d’autres groupes terroristes ; et une « accélération spectaculaire » des activités de l’industrie militaire iranienne.

Hadashot (anciennement Deuxième chaîne) a rapporté dimanche soir que le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait averti le président syrien Bachar al-Assad qu’Israël interviendrait militairement dans la guerre civile syrienne si Assad autorisait officiellement l’Iran à établir une présence militaire sur le territoire syrien.

Plus tôt ce mois-ci, la BBC, citant un responsable de sécurité occidental, a rapporté que l’Iran établissait actuellement une base permanente sur un site utilisé par l’armée syrienne situé à proximité d’el-Kiswah, à 14 kilomètres au sud de Damas et à 50 kilomètres de la frontière israélienne.

Image satellite d’une base iranienne présumée en Syrie datant du mois d’octobre 2017 (Crédit : Airbus, Digital Globe and McKenzie Intelligence Services/BBC)

Le reportage a été diffusé quelques jours après que Netanyahu a déclaré au président français Emmanuel Macron lors d’un appel téléphonique qu’Israël considérait l’activité iranienne en Syrie comme une « cible » pour ses forces militaires et que celles-ci pourraient mener des attaques contre ces cibles iraniennes si sa sécurité l’exigeait.

Macron aurait tenté de rassurer le dirigeant israélien et de le dissuader de toute action « hâtive ».

Netanyahu était néanmoins catégorique, justifiant que « l’objectif est de minimiser l’influence de l’Iran, non seulement au Liban mais aussi en Syrie. Israël a essayé jusqu’à présent de ne pas intervenir dans ce qui se passe en Syrie. Mais après la victoire sur l’État islamique, la situation a changé et les forces pro-iraniennes ont pris le contrôle. Désormais, Israël perçoit les activités de l’Iran en Syrie comme une cible. Nous n’hésiterons pas à agir si notre sécurité nous l’impose. »

Judah Ari Gross et le Times of Israel ont contribué à cet article.

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