Une molécule détruit les cellules cancéreuses du pancréas chez la souris
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Une molécule détruit les cellules cancéreuses du pancréas chez la souris

Selon des chercheurs de l'Université de Tel-Aviv, la molécule PJ34, utilisée dans le traitement de l'AVC, permet à la tumeur agressive de s'autodétruire

Des souris. Illustration. (Crédit : Pixabay)
Des souris. Illustration. (Crédit : Pixabay)

Des chercheurs israéliens affirment avoir utilisé une petite molécule pour induire l’autodestruction des cellules cancéreuses pancréatiques chez la souris. Le traitement a réduit le nombre de cellules cancéreuses jusqu’à
90 % par mois après leur administration, selon leur étude.

La recherche recèle « un grand potentiel pour le développement d’une nouvelle thérapie efficace pour traiter ce cancer agressif chez l’homme », a déclaré l’Université de Tel Aviv dans un communiqué.

L’article a été publié dans le numéro d’octobre de la revue Oncotarget, une revue biomédicale à comité de lecture qui couvre la recherche en oncologie. La revue est une publication moins connue dans le monde universitaire, et les études qu’elle publie ont généralement un facteur d’impact plus faible que celles publiées dans les principales revues médicales comme The New England Journal of Medicine, Nature ou I. (Le facteur d’impact est le nombre de fois qu’un article publié a été cité dans une année, divisé par le nombre total d’articles publiés au cours des deux années précédentes.)

La professeure Malka Cohen-Armon et son équipe de la faculté de médecine Sackler de l’Université de Tel Aviv ont dirigé la recherche, en collaboration avec l’équipe du Dr Talia Golan au centre de recherches sur le Cancer de l’hôpital Sheba, à Ramat Gan.

Le cancer du pancréas est actuellement résistant à tous les traitements et les patients ont peu de chances de survivre plus de cinq ans après le diagnostic.

Professeur Malka Cohen-Armon, à gauche, de l’université de Tel Aviv, et le docteur Talia Golan du centre médical Sheba (Crédit : Tel- Aviv University).

Les chercheurs ont inséré des xénogreffes – dans ce cas-ci, des cellules cancéreuses pancréatiques humaines – dans des souris dont le système immunitaire a été supprimé afin qu’elles ne rejettent pas les cellules étrangères, et ont vu les cellules se multiplier sous la peau.

Ils ont ensuite injecté une molécule appelée PJ34, initialement mise au point pour traiter les victimes d’AVC, dans la circulation sanguine des souris, pour voir si elle pouvait affecter la tumeur. C’est la première fois que cette molécule est utilisée pour traiter le cancer, a déclaré Cohen-Armon lors d’une interview téléphonique.

Après 14 jours d’injection quotidienne de PJ34, les chercheurs ont constaté une « réduction substantielle » de 80 à 90 % des cellules cancéreuses, lorsqu’ils les ont mesurées 30 jours après la fin du traitement, selon l’étude.

« Cette molécule provoque une anomalie lors de la multiplication des cellules cancéreuses humaines, provoquant leur mort cellulaire rapide », a expliqué Cohen-Armon de l’Université de Tel Aviv dans un communiqué. « Ainsi, la multiplication cellulaire elle-même a entraîné la mort cellulaire dans les cellules cancéreuses traitées. »

De plus, la molécule PJ34 a affecté « exclusivement » les cellules cancéreuses humaines, mais n’a pas affecté les cellules bénignes. « Aucun effet indésirable n’a été observé, et il n’y a eu aucun changement dans le gain de poids des souris, ni dans leur comportement », a souligné Cohen-Armon.

Dans des études parallèles, l’équipe de recherche a découvert que la molécule « agit efficacement » lorsqu’elle est testée en laboratoire sur d’autres types de cultures de cellules cancéreuses mortelles, y compris des formes agressives de cancer du sein, du poumon, du cerveau et de l’ovaire, qui sont toutes résistantes aux traitements actuels, a-t-elle dit.

Cohen-Armon a ajouté que l’équipe espère commencer à tester l’effet de la molécule sur de plus gros animaux, et éventuellement sur les humains, ce qui pourrait prendre environ deux ans, en fonction du financement.

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