Une nageuse américaine fait sensation avec 60 années de compétition aux Maccabiades
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Une nageuse américaine fait sensation avec 60 années de compétition aux Maccabiades

Après sa première apparition en 1957, la nageuse olympique septuagénaire Jane Katz est revenue en Israël tous les quatre ans pour célébrer l'athlétisme juif

Jane Katz a fait sensation en natation et en gym aquatique durant de nombreuses décennies (Autorisation)
Jane Katz a fait sensation en natation et en gym aquatique durant de nombreuses décennies (Autorisation)

Même avec quinze participations aux Maccabiades, la nageuse et docteur Jane Katz continue à se montrer nerveuse avant chaque compétition.

« Je me précipite aux toilettes avec tous les autres. Je suis plus performante lorsque je suis nerveuse et que l’adrénaline est là », dit Katz, qui a représenté les Etats-Unis dans l’épreuve de nage synchronisée lors des Jeux olympiques de Tokyo en 1964.

L’année dernière, Katz, âgée de 74 ans, a fêté le soixantième anniversaire de sa toute première participation aux Maccabiades. Elle a marqué l’occasion en s’alignant dans huit compétitions Masters, en individuel et en relais, où elle a remporté quatre médailles d’or, deux médailles d’argent et deux médailles de bronze. Un résultat presque aussi impressionnant que celui obtenu il y a quatre ans lors de la 19ème édition estivale des Maccabiades, où elle est revenue avec 12 médailles d’or et une médaille d’argent.

Katz n’aurait pas pu imaginer, en 1957, lorsqu’elle est arrivée en Israël depuis le Lower East Side pour prendre part aux 5èmes Maccabiades alors qu’elle n’avait que 14 ans, qu’elle continuerait à faire le voyage tous les quatre ans pendant les six décennies qui suivraient en tant que membre de l’équipe américaine. Elle est relativement certaine de détenir le record de participation dans la majorité des Maccabiades.

« Je suis sûre que si je n’ai pas le record, c’est que quelqu’un d’autres avale des pilules qui sont vraiment bonnes et j’en veux moi aussi », s’esclaffe-t-elle.

Au cours de ces soixante années, Katz a été témoin de la croissance étonnante du mouvement mondial des Maccabiades. Vingt pays avaient envoyé 980 athlètes lors des jeux de 1957. Cette année, les Etats-Unis ont envoyé pour les Jeux plus de 1 100 athlètes qui se fondront parmi les 10 000 sportifs juifs venus de 80 pays pour s’aligner dans 43 disciplines différentes. La cérémonie de clôture aura lieu le 17 juillet à Latrun.

Jane Katz avec les médailles d'or remportées lors des épreuves féminines de nage libre et du 100 mètres dos crawlé lors de la 20ème édition des Maccabiades, au mois de juillet 2017 (Autorisation)
Jane Katz avec les médailles d’or remportées lors des épreuves féminines de nage libre et du 100 mètres dos crawlé lors de la 20ème édition des Maccabiades, au mois de juillet 2017 (Autorisation)

Lors d’un entretien accordé au Times of Israël, Katz a expliqué adorer retrouver ses vieux amis à chaque fois qu’elle vient en Israël pour une compétition.

Pour Katz, il ne s’agit pas seulement de se montrer au sein de l’Etat juif tous les quatre ans pour les épreuves de nage organisées à la piscine nationale de l’Institut Wingate. Elle est également très active au sein du mouvement des Maccabiades, et a particulièrement aidé à mettre en place le programme de natation des Masters dans les années 1980.

Katz elle-même est Américaine et championne du monde de natation en catégorie Masters (35 ans et plus) et en nage synchronisée. Chez les Masters, cette année, les concurrentes ont de 43 à 75 ans.

« Le mouvement de natation des Masters a été lancé dans les années 1970 aux Etats-Unis et il est devenu international avec la FINA [Fédération internationale de natation, reconnue par le comité international olympique]. Nous avons oeuvré pour l’amener vers le mouvement des Maccabiades, qui est l’un des plus importants au niveau sportif après les jeux olympiques et les jeux pan-américains », raconte Katz.

Pour la septuagénaire, l’âge n’est manifestement qu’un nombre. Même si elle n’est plus aussi active que par le passé, elle se rend encore à la piscine quotidiennement pour y nager un kilomètre et demi minimum.

« Cela m’empêche de traîner dans la rue et cela m’évite les problèmes », plaisante-t-elle.

Jane Katz (troisième à gauche) sur une photo des nageuses américaines en lice pour les 6ème Maccabiades en Israël, en 1961, une photo publiée dans le New York Mirror. (Autorisation)
Jane Katz (troisième à gauche) sur une photo des nageuses américaines en lice pour les 6ème Maccabiades en Israël, en 1961, une photo publiée dans le New York Mirror. (Autorisation)

Katz a enseigné l’aquagym et la sécurité à la City University de New York depuis 1964 et au John Jay College depuis 1989. Elle a écrit 14 livres sur la natation, le fitness et les exercices aquatiques et a produit des vidéos d’instruction, dont sa dernière « W.E.T.s 4 VETS® » (Water Exercise Techniques for Veterans), un programme holistique à destination des vétérans désireux de revenir à la vie civile dans son ensemble par le biais d’exercices à réaliser dans l’eau.

Dans les cercles juifs, Katz est mieux connue en raison de sa célébrité acquise aux Maccabiades et de son entrée au panthéon sportif juif en 2011. Néanmoins, en plus de sa participation aux Jeux olympiques de Tokyo, en 1964, elle a reçu de nombreuses distinctions et reconnaissances au-delà du monde sportif juif.

En 2014, Katz a eu un prix récompensant l’ensemble de ses accomplissements de la part du Conseil de la condition physique, des sports et de la nutrition du président des Etats-Unis, et a été introduite à l’ISHOF, le Hall of Fame de natation international, un musée sportif consacré à cette discipline. En 2013, elle a été reconnue par Aquatics International comme étant l’une des 25 personnalités les plus influentes des sports aquatiques des 25 dernières années (une liste qui comprenait également, entre autres, Michael Phelps et Greg Louganis).

Jane Katz portant sa veste officielle pour la 12ème édition des Maccabiades en 1985. (Autorisation)
Jane Katz portant sa veste officielle pour la 12ème édition des Maccabiades en 1985. (Autorisation)

Alors que Katz savoure le soixantième anniversaire de ses premières Maccabiades, elle fait également le point sur l’envergure de sa carrière sportive. Elle attribue une grande partie de sa passion pour la natation à son père, feu Leon Katz. Jane Katz avait rédigé un post dans un blog du Times of Israël expliquant combien son père lui avait donné l’envie – ainsi qu’à un nombre incalculable d’autres enfants de New York – d’entrer dans une piscine.

« J’ai passé une importante partie de mon enfance dans des rencontres de natation avec ma famille. Ma mère, Dorothea, n’avait pas le choix. J’ai toujours voulu faire de mon mieux et faire plaisir à mes parents, en particulier à mon père », avait-elle écrit.

« Mon père, l’entraîneur Leon Katz, apprenait à tout le monde à nager. Il a transmis l’amour de la natation à chacun d’entre nous et à moi en particulier. »

Jane Katz en couverture de Maariv LaNoar en 1957, lorsqu'elle avait participé à ses premières Maccabiades à l'âge de 14 ans (Autorisation)
Jane Katz en couverture de Maariv LaNoar en 1957, lorsqu’elle avait participé à ses premières Maccabiades à l’âge de 14 ans (Autorisation)

Katz est fière d’avoir persisté dans son amour de la natation bien longtemps avant que la société n’en vienne à considérer ce sport comme acceptable pour les filles et les jeunes femmes. La loi ‘Title IX’, une législation adoptée en 1972 qui exigeait l’égalité des genres dans les programmes d’éducation bénéficiant de financements fédéraux – notamment sportifs – est arrivée trop tard pour elle.

« J’avais déjà la trentaine quand elle a pris effet. J’étais déjà allée loin à ce moment-là », dit Katz qui, dans les années 1970, avait déjà quitté depuis longtemps ses années d’étudiante.

Même si Katz a été dans l’incapacité de bénéficier personnellement de ‘Title IX’, elle est reconnaissante de vivre à une époque dans laquelle les femmes sont dorénavant en mesure de suivre leurs rêves sportifs. Elle aime particulièrement enseigner l’éducation physique et la nage aux femmes immigrantes qui viennent de pays et de cultures où elles ne sont pas autorisées à faire du sport.

« C’est tellement nouveau et tellement excitant pour elles », s’exclame Katz.

Katz espère, « si Dieu le veut », revenir en Israël durant l’été 2021 pour disputer ses 16èmes Maccabiades. Lorsqu’on en vient à la natation, elle estime qu’il n’est jamais trop tard, et qu’il est impossible d’être trop âgé pour ça.

« J’adore l’exercice et la camaraderie. La natation me permet de continuer », conclut-elle.

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