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Une nouvelle souche COVID « Deltacron » détectée en Israël, combinant Delta et Omicron

Une première variante de « recombinaison » du coronavirus, réunissant des caractéristiques de Delta et d’Omicron, a été trouvée dans des échantillons israéliens

Une infirmière fait un test antigénique dans un centre de dépistage de Beit Hashmonai, le 16 janvier 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)
Une infirmière fait un test antigénique dans un centre de dépistage de Beit Hashmonai, le 16 janvier 2022. (Crédit : Yossi Aloni/Flash90)

Selon la chaîne publique Kan, Israël aurait détecté des cas d’un nouveau variant de COVID, un hybride de Delta et Omicron.

La radio a indiqué lundi soir que le variant était apparu dans des échantillons présents sur des écouvillons séquencés en laboratoires.

L’information n’a pas été confirmée par le ministère de la Santé.

Selon Kan, un nombre limité de cas auraient été détectés parmi des personnes de retour d’Europe, et il n’y aurait pas de propagation au sein de la communauté.

La responsable technique de la COVID-19 au sein de l’Organisation mondiale de la Santé, l’épidémiologiste des maladies infectieuses Maria Van Kerkhove, a évoqué ce variant la semaine dernière, reconnaissant l’existence d’une combinaison entre Delta et Omicron. Elle a relevé qu’il avait été détecté dans quelques pays, dont la France et les Pays-Bas, mais à de faibles niveaux.

Le variant circule en Europe depuis environ deux mois et n’a jusqu’à présent pas montré de signes de propagation plus rapide, selon Van Kerkhove, bien que cela fasse toujours l’objet d’une enquête.

Les experts israéliens pensent que l’apparition de ce variant n’a rien d’anormale.

« L’émergence du variant n’est pas surprenante, pas plus que le fait qu’il soit arrivé en Israël depuis l’Europe, car il y a beaucoup de connexions internationales avec Tel Aviv », a déclaré l’immunologiste Cyrille Cohen, de l’Université Bar Ilan, au Times of Israël.

Un soignant en train de procéder à un test de détection antigénique rapide de la COVID-19 (Yossi Aloni/Flash90)

« Jusqu’à présent, les variants étaient des formes modifiées d’une souche COVID préexistante, alors qu’il s’agit au cas présent d’une combinaison de deux souches. Cela illustre la réalité du concept de « recombinaison », lorsque deux souches différentes se combinent en une seule. C’était, jusqu’à présent, encore du domaine de la théorie avec le COVID. »

Il a indiqué que cet événement en tant que tel n’était pas particulièrement préoccupant, étant donné que rien ne laissait penser que la nouvelle souche induise des pathologies plus graves. Il a précisé que, compte tenu de la lenteur de sa propagation jusqu’alors, il ne s’attendait pas à ce qu’elle devienne dominante.

« Comme il n’a pas été en mesure de vaincre Omicron ou d’autres variants, il ne semble pas qu’il puisse, pour l’instant, se propager largement dans la population », a-t-il déclaré.

Évoquant le concept de recombinaison, Cohen a commenté: « Jusqu’à présent, les variants que nous connaissions étaient le résultat de mutations progressives en différents endroits du génome viral – un code génétique composé de 30 000 lettres –, ce qui signifie [changer] une lettre ici et une autre, là. Avec un variant recombinant, des morceaux entiers des deux génomes viraux sont combinés. Nous avons eu très tôt l’intuition que la recombinaison était possible au sein des coronavirus. »

Van Kerkhove a déclaré lors du briefing de la semaine dernière: « Le recombinant était attendu, compte tenu de l’intense circulation … observée avec Omicron et Delta.»

« Nous n’avons constaté aucun changement dans l’épidémiologie avec cette recombinaison, aucun impact en terme de gravité des pathologies, mais des études sont en cours », a-t-elle ajouté.

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