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ÉLECTIONS LÉGISLATIVES 2022

Une possible victoire pour Netanyahu et les extrémistes de droite ?

Le bloc dirigé par le leader du Likud devrait obtenir 61 à 62 sièges, HaTzionout HaDatit devrait remporter jusqu'à 15 sièges, mais le nombre réel de voix pourrait changer la donne

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Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, et son épouse Sara votant dans un bureau de vote à Jérusalem lors des cinquièmes élections du pays en moins de quatre ans, le 1er novembre 2022. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)
    
Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, et son épouse Sara votant dans un bureau de vote à Jérusalem lors des cinquièmes élections du pays en moins de quatre ans, le 1er novembre 2022. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)
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Le Premier ministre Yair Lapid votant dans un bureau de vote lors de la cinquième élection du pays en quatre ans, à Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    
Le Premier ministre Yair Lapid votant dans un bureau de vote lors de la cinquième élection du pays en quatre ans, à Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jack Guez/AFP)
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Itamar Ben Gvir votant dans un bureau de vote de l’implantation de Kiryat Arba, en Cisjordanie, le 1er novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
    
Itamar Ben Gvir votant dans un bureau de vote de l’implantation de Kiryat Arba, en Cisjordanie, le 1er novembre 2022. (Crédit : Noam Revkin Fenton/Flash90)
  • Un partisan de Benjamin Netanyahu connu sous le nom de Liran Grey-Shirt célébrant les sondages de sortie des urnes au siège du Likud à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
    Un partisan de Benjamin Netanyahu connu sous le nom de Liran Grey-Shirt célébrant les sondages de sortie des urnes au siège du Likud à Jérusalem, le 1er novembre 2022. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)

Trois sondages télévisés publiés mardi soir à la fermeture des bureaux de vote israéliens ont indiqué que l’ancien Premier ministre, Benjamin Netanyahu, pourrait revenir au pouvoir après 17 mois dans l’opposition. Son bloc religieux de droite devrait obtenir au moins 61 sièges, ce qui mettrait KO la coalition du Premier ministre Yair Lapid.

Les chiffres pourraient toutefois changer – comme ce fut le cas, à plusieurs reprises, lors des élections israéliennes précédentes, lorsque les votes réels ont été comptabilisés – et ni Netanyahu ni Lapid ne se sont empressés de prononcer des discours de victoire ou de concession.

Si elles sont confirmées, les projections des sondages de sortie des urnes marqueraient un retour en force du dirigeant actuellement en procès dans trois affaires de corruption, mais elles ouvriraient également une nouvelle ère de politique ultra-divisée, les partenaires d’extrême-droite de Netanyahu ayant promis de faire passer des lois qui mettraient fin à ses ennuis judiciaires et réduiraient le pouvoir de la Cour suprême.

Les sondages ont été publiés par les principaux médias israéliens alors que les bureaux de vote fermaient dans tout le pays à 22 heures mardi, à l’issue de la cinquième élection en moins de quatre ans, après qu’une coalition dirigée par Lapid et l’ancien Premier ministre Naftali Bennett s’est effondrée en mai après un an au pouvoir.

Les sondages des trois chaînes d’informations, qui se sont trompés dans le passé, ont donné au bloc de Netanyahu entre 61 et 62 sièges et aux partis soutenant Lapid 54 à 55, avec quatre autres sièges pour Hadash-Taal, qui a indiqué qu’il ne rejoindrait aucun gouvernement.

Sur la Douzième chaîne, le bloc pro-Netanyahu, composé de partis de droite et ultra-orthodoxes, obtient 61 sièges et la coalition de Lapid, composée de factions de droite, de gauche, du centre et d’Arabes, en obtient 55. La Treizième chaîne et la chaîne publique israélienne Kan donnent toutes deux 62 sièges à Netanyahu et 54 sièges à Lapid.

Les sondages à la sortie des bureaux de vote seront mis à jour tout au long de la nuit, à mesure que les responsables comptabiliseront les plus de 4,5 millions de bulletins de vote déposés dans les urnes, ce qui semble être le taux de participation le plus élevé depuis deux décennies.

Selon les sondages, le Likud de Netanyahu reste en tête avec 30 à 31 sièges, suivi par le Yesh Atid de Lapid, qui devrait obtenir entre 22 et 24 sièges. Le troisième parti devrait être le parti d’extrême droite HaTzionout HaDatit, qui s’est associé à Otzma Yehudit de l’extrémiste Itamar Ben Gvir, avec entre 14 et 15 sièges, tandis que HaMahane HaMamlahti devrait obtenir entre 11 et 13 sièges.

L’ancien disciple du rabbin extrémiste Meir Kahane, Ben Gvir, semble prêt à obtenir un poste de ministre dans un éventuel gouvernement sous Netanyahu, ce qui suscite des inquiétudes dans le pays et à l’étranger. Il a proposé un test de loyauté pour l’obtention de la citoyenneté, qui pourrait conduire à l’expulsion massive d’Arabes, et, avec le leader du parti HaTzionout HaDatit, Bezalel Smotrich, ils ont proposé des changements radicaux dans le système judiciaire du pays, qui priveraient la Cour suprême de sa capacité d’annuler les lois jugées inconstitutionnelles.

Le siège de campagne du parti Otzma Yehudit après l’annonce des sondages de sortie des urnes, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

S’adressant à la Douzième chaîne, l’ancien ministre de la Justice, le député du Likud, Amir Ohana, a indiqué que les réformes judiciaires seraient une priorité principale pour le gouvernement naissant, mais a affirmé qu’elles n’affecteraient pas les procès de Netanyahu.

En cinquième position, on trouve le Shas, qui devrait obtenir 10 sièges, suivi de Yahadout HaTorah avec sept sièges, ce qui donnerait 17 sièges à Netanyahu.

Selon les médias israéliens, Netanyahu s’est empressé de téléphoner aux dirigeants du parti HaTzionout HaDatit, du Shas et de Yahadout HaTorah après la publication des sondages.

Alors que les petits partis comme le Meretz et Avoda ont insisté tout au long de la journée pour que les électeurs se rendent aux urnes, prédisant que leurs factions ne franchiraient pas le seuil des 3,25 %, les sondages de sortie des urnes ont prouvé que ces inquiétudes n’étaient pas fondées.

Avoda devait obtenir 5 à 6 sièges, le Meretz 4 à 5 sièges, Yisrael Beytenu 4 à 5 sièges, Raam 4 sièges et Hadash-Taal 4 sièges.

Le parti nationaliste Balad, qui se situait juste en dessous du seuil de 3,25 % selon les sondages de sortie des urnes, était l’une des principales interrogations. S’il parvenait à entrer à la Knesset, il enlèverait quatre sièges aux autres partis et laisserait probablement les camps pro et anti-Netanyahu bien loin des 60 sièges.

Le leader de Balad, Sami Abou Shahadeh, a déclaré à ses partisans que les sondages de sortie des urnes ne reflétaient pas exactement le niveau de soutien du parti. « Les sondages ne prennent pas en compte les dernières heures, car ils ferment tôt, et la participation croissante rendra Balad victorieux », a-t-il déclaré. Étant donné que de nombreux Arabes travaillent dans le secteur des services et ne prennent pas de congé le jour des élections, le taux de participation dans la communauté n’augmente souvent qu’en fin de journée.

Malgré les nombreux points d’interrogation, les partisans du Likud, lors de la soirée de campagne, ont scandé avec enthousiasme « Bibi est de retour, Bibi, roi d’Israël ».

Des militants du Likud célébrant après que les sondages de sortie des urnes ont montré une courte majorité pour le bloc religieux de droite dirigé par le chef de l’opposition Benjamin Netanyahu, le 1er novembre 2022. (Crédit : Carrie Keller-Lynn/Times of Israel)

Le siège d’Otzma Yehudit a explosé de joie à l’annonce des premiers résultats, avec de jeunes partisans dansant au son d’une musique juive tout en hissant des drapeaux.

« La nation a parlé », a déclaré Yishai Fleischer, porte-parole d’Otzma Yehudit, au Times of Israel.

En 2021, les sondages à la sortie des urnes avaient également montré que Netanyahu remportait une majorité, mais ils se sont finalement avérés erronés.

Un Israélien se dirigeant avec sa fille vers l’urne pour voter lors de la cinquième élection en Israël en moins de quatre ans dans un bureau de vote de Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jack Guez/Pool Photo via AP)

Peu de partis ayant accepté de fusionner, les élections de 2022 ont vu un nombre plus élevé que d’habitude de petits partis – en particulier parmi les factions arabes et le centre-gauche – se disputer les voix, ce qui a mis plusieurs composantes d’une future coalition de Lapid en danger de passer sous le seuil.

Netanyahu cherche à reprendre le pouvoir après plus d’un an dans l’opposition, au cours duquel il a réussi à torpiller le flanc droit de la coalition de Lapid, ce qui a conduit à son effondrement.

Le leader du Likud, Benjamin Netanyahu, à droite, et son épouse Sara votant dans un bureau de vote à Jérusalem lors des cinquièmes élections du pays en moins de quatre ans, le 1er novembre 2022. (Crédit : Ronaldo Schemidt/AFP)

Mais l’ancien Premier ministre, qui fait l’objet d’un procès pour trois affaires de corruption, est confronté à un mur d’opposition, ce qui lui laisse peu de partenaires probables en dehors des partis ultra-orthodoxes Shas et Yahadout HaTorah et du parti d’extrême-droite HaTzionout HaDatit.

Itamar Ben Gvir lors d’un arrêt de campagne sur le marché ouvert de Sderot le jour des élections législatives, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

Israël a été secoué par des troubles politiques depuis que le gouvernement dirigé par Netanyahu s’est effondré fin 2018. Deux élections, en avril 2019 et septembre 2019, n’ont pas permis de faire ressortir un vainqueur, et un gouvernement éphémère – après un troisième vote en mars 2020 – s’est effondré après moins d’un an.

Dès juin 2021, l’improbable coalition de Lapid, qu’il a dirigée avec son prédécesseur au poste de Premier ministre Naftali Bennett, a réussi à chasser Netanyahu du pouvoir après plus d’une décennie, mais l’alliance, qui comprenait la droite Yamina et l’islamiste Raam, a eu du mal à surmonter de profondes divisions idéologiques.

Des personnes faisant la queue dans un bureau de vote, lors des élections législatives en Israël, à Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : AP Photo/Oren Ziv)

Le taux de participation cette année a été le plus élevé depuis 1999, ce qui a permis de mettre fin à la crainte d’une apathie électorale. Quelque 12 000 bureaux de vote ont ouvert à 7 heures du matin dans tout le pays pour accueillir les 6,8 millions d’électeurs.

Les autorités électorales ont signalé un certain nombre de problèmes dans les bureaux de vote, notamment des irrégularités isolées et des actes de violence ou des menaces dans des bureaux de vote à Carmiel, Rehovot, Taibe et dans les Krayot.

Le Premier ministre Yair Lapid votant dans un bureau de vote lors de la cinquième élection du pays en quatre ans, à Tel Aviv, le 1er novembre 2022. (Crédit : Jack Guez/AFP)

À Yarka, la police a été postée dans les isoloirs et les agents électoraux membres de partis politiques ont été remplacés par des agents non-affiliés, après des informations selon lesquelles des enveloppes de vote vides avaient été volées.

À Beit Shemesh, un bureau de vote a dû fermer et être déplacé vers un nouvel emplacement après que des extrémistes ont pulvérisé un liquide nauséabond dans une tentative apparente de décourager les électeurs.

Jacob Magid, Jeremy Sharon, Tal Schnieder, Sue Surkes, Carrie Keller-Lynn et Jack Mukand ont contribué à cet article.

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