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Une publicité pour les Oscars avec une alerte à la bombe dans une synagogue lors d’une bar-mitsva

Sur fond de regain d'antisémitisme, ce spot de 60 secondes montre l’évacuation de la communauté juive dans l'église voisine et la tenue de la cérémonie

La publicité « Neighbors » montre une église qui accueille la communauté de la synagogue voisine suite à l'interruption  d'une bar-mitsva par une alerte à la bombe. (Capture d'écran, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)
La publicité « Neighbors » montre une église qui accueille la communauté de la synagogue voisine suite à l'interruption d'une bar-mitsva par une alerte à la bombe. (Capture d'écran, utilisée conformément à l'article 27a de la loi sur les droits d'auteur)

JTA — Une alerte à la bombe contre une synagogue, du type de celle qui a frappé des congrégations juives pendant une grande partie de l’année dernière, sera mise en scène dans une publicité diffusée lors de la cérémonie des Oscars, ce dimanche, l’émission la plus regardée aux États-Unis.

Ce spot est l’œuvre de la Fondation de lutte contre l’antisémitisme de Robert Kraft, qui avait déjà fait diffuser un spot au moment du Super Bowl, le mois dernier. Les deux publicités parlent des relations entre les Juifs et d’autres groupes, comme le veut la mission de la fondation qui est de sensibiliser les non-Juifs à l’antisémitisme.

Le spot de 60 secondes qui sera diffusé lors des Oscars met en scène ce qui s’est passé à Attleboro, dans le Massachusetts, l’automne dernier, lorsque la congrégation Agudas Achim, synagogue reconstructionniste, a été évacuée en raison d’une alerte à la bombe. Une église voisine a alors accueilli la congrégation, qui a ainsi pu célébrer la bar-mitzvah prévue ce jour-là.

La publicité, intitulée « Voisins », commence dans une synagogue, le jour d’une bar-mitsva. Deux rabbins, interprétés par Michael Dolgin et Aviva Rajsky, véritables rabbins, appellent le jeune garçon. Les premiers mots de la bénédiction de la Torah sont chantés sur fond de sirènes de police, à mesure que la synagogue se remplit de lumières clignotantes. Le rabbin ordonne l’évacuation tandis que des policiers prennent d’assaut le bâtiment, un chien renifleur de bombes derrière eux.

C’est la nuit. On entend une voix expliquer : « La menace dit : ‘Des bombes vont exploser ce soir. Des Juifs mourront. Ils méritent de mourir.' » Les fidèles se rassemblent à l’extérieur, avec les rouleaux de la Torah, jusqu’à ce que le pasteur de l’église située de l’autre côté de la rue dise au rabbin : « Venez dans notre église. »

Une fois à l’intérieur, le garçon dont on célèbre la bar-mitsvah, dont le nom est Elliott et qui semble accablé, reprend courage lorsqu’un garçon de son âge de la communauté de l’église s’assied à ses côtés en signe de solidarité. Lorsque le spot se termine, Elliot se prépare à reprendre sa bar-mitsva à l’ombre d’un vitrail portant une croix en son centre. Un message apparaît à l’écran : « La haine perd quand nous sommes unis. »

Cette histoire prend quelques libertés avec l’incident réel, à commencer par son action pendant la nuit, à une heure où la Torah n’est pas lue dans les synagogues.

Elle s’inspire malgré tout fortement de ce qui s’est passé à Attleboro, lorsque l’église évangélique de l’Alliance, située en face d’Agudas Achim, a accueilli les Juifs évacués suite à une alerte à la bombe à la synagogue. Cette ville est située à un peu plus de 15 kilomètres de la ville du sud du Massachusetts où les Patriots de la Nouvelle-Angleterre – l’équipe de Kraft – joue.

Agudas Achim est l’une des nombreuses synagogues à avoir reçu des menaces par e-mail ce samedi-là, et l’une des centaines à avoir reçu des menaces en 2023.

Le spot, qui s’appuie en celà sur des données compilées par l’ONG juive Secure Community Network, indique que 895 synagogues ont été menacées par des alertes à la bombe en 2023.

Les nuisances dépeintes dans ce spot se sont récemment produites dans un grand nombre de communautés juives, et notamment lors des grandes fêtes de l’automne dernier.

L’incident original s’est produit le 14 octobre 2023, une semaine après les massacres perpétrés par le Hamas, le 7 octobre, dans le sud d’Israël, au cours desquels des terroristes ont tué près de 1 200 personnes et fait 253 otages, essentiellement des civils, dans un déchainement de brutalités et d’agressions sexuelles.

Les incidents antisémites ont accusé un certain regain suite à l’attaque et à la guerre qui s’en est suivie, mais celui-ci n’y était peut-être pas lié. Les alertes à la bombe avaient en effet commencé bien avant la guerre et se sont poursuivies durant tout l’automne, malgré plusieurs interpellations de suspects qui, selon le FBI, y avaient pris part.

Le mois dernier, le Secure Community Network déclarait à la Jewish Telegraphic Agency que les alertes à la bombe s’étaient poursuivies jusqu’au Nouvel An, l’organisation ayant enregistré 281 « fausses alertes à la bombe » contre des communautés juives rien qu’en janvier.

Selon le Canadian Jewish News, le spot de la Fondation contre l’antisémitisme a été tourné le 17 janvier dernier dans l’ancienne synagogue Kiever de Toronto. Dans une entrevue accordée au CJN, Dolgin, qui dirige une autre congrégation de Toronto, expliquait que le réalisateur du spot lui avait confié : « Même si cela ne fait changer d’avis qu’une seule personne, cela en vaut la peine. »

Le spot de la fondation diffusé au moment du Super Bowl, avec celui qui rédigeait les discours de Martin Luther King Jr., Clarence B. Jones, s’est attiré des critiques mitigées. L’American Jewish Committee l’a qualifié de « puissant » et un utilisateur de Facebook, de « la meilleure publicité du Super Bowl », mais d’autres ont été nettement moins impressionnés.

L’activiste Républicain, auteur et « rabbin de l’Amérique » autoproclamé, Shmuley Boteach, a écrit sur Facebook que le spot n’était « ni fait ni à faire ». Certaines critiques, dont celles de Boteach, soulignaient que le spot, intitulé « Silence », mettait trop l’accent sur d’autres formes de haine au lieu de parler plus clairement d’antisémitisme.

Avant le Super Bowl, Tara Levine, présidente de la Fondation de lutte contre l’antisémitisme, expliquait à la Jewish Telegraphic Agency que le fait de lier antisémitisme et autres formes de discrimination était une stratégie consciente.

« L’idée est de montrer que la haine, quelle qu’elle soit, prospère grâce au silence des autres, et de mettre la haine anti-juive en conversation avec d’autres formes de haine », expliquait Levine.

Cette année, la diffusion télévisée du Super Bowl a battu tous les records d’audience avec 123,4 millions de téléspectateurs. L’an dernier, la cérémonie des Oscars a réuni 19,4 millions de téléspectateurs, soit la 15e audience de 2023 et le seul et unique programme du top 21 qui ne soit pas un match de la NFL.

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