Une rude porte-parole de la NRA accusée d’antisémitisme pour un tweet de 2010
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Une rude porte-parole de la NRA accusée d’antisémitisme pour un tweet de 2010

Dana Loesch affirme que son commentaire se moquait des déclarations racistes d'un animateur de télévision licencié

La porte-parole de la National Rifle Association (NRA) Dana Loesch s'exprime à la tribune lors de la "Conservative Political Action Conference" au National Harbor à Oxon Hill, Maryland le 22 février 2018. (AFP PHOTO / JIM WATSON)
La porte-parole de la National Rifle Association (NRA) Dana Loesch s'exprime à la tribune lors de la "Conservative Political Action Conference" au National Harbor à Oxon Hill, Maryland le 22 février 2018. (AFP PHOTO / JIM WATSON)

Dana Loesch, porte-parole de la National Rifle Association, [l’association américaine militant pour le droit au port d’armes] est sous le feu des projecteurs pour un tweet de 2010 que certains sur les réseaux sociaux ont déclaré être antisémite. Loesch dit que son commentaire se moquait des déclarations racistes d’un animateur de télévision.

Le tweet du 1er octobre 2010 fait référence à l’actuel collaborateur de Fox News et ancien présentateur de CNN, Rick Sanchez, qui a été renvoyé de la chaîne ce jour-là après avoir laissé entendre dans une émission de radio que des Juifs contrôlaient CNN et les médias en général.

En réaction à son licenciement, Loesch écrivit dans un tweet désormais effacé : « Je parie que Rick Sanchez a été viré par un Juif. »

Le tweet de 2010 de Dana Loesch, porte-parole de la NRA (Capture d’écran)

Les utilisateurs des réseaux sociaux n’ont pas tardé à pointer du doigt le tweet comme preuve que Loesch, qui a fait la une des journaux avec des déclarations controversées à la suite de la fusillade de l’école en Floride ce mois-ci, était elle-même raciste.

La comédienne juive Sarah Silverman a attiré l’attention du public quand elle a dit du tweet : « aucun doute, c’est antisémite ».

Mais Loesch répondit qu’elle se contentait de faire allusion à la « justice poétique » d’une « poubelle antisémite » qui était « virée par quelqu’un qu’il détestait ».

Elle s’en prend ensuite aux utilisateurs qui l’accusent d’antisémitisme, note le Daily Dot en répondant à de multiples tweets critiques : « Vous soutenez donc l’antisémitisme de Sanchez. Compris. »

Silverman elle-même a semblé accepter l’explication de Loesch, en disant que la porte-parole de la NRA « faisait une blague sur Rick Sanchez disant que les Juifs dirigent les médias. C’était hors contexte et ça c’est le vrai contexte. »

Elle a toutefois donné quelques conseils à Loesch, suggérant que « lorsque vous vous référez vous-même à une personne juive, vous dites qu’il s’agit d’une personne juive et non pas d’un « juif » [parce que] cela peut paraître péjoratif de la part d’un non-juif. (C’est juste au passage). »

Après la mort par balles, le 14 février, de 17 personnes, pour la plupart des étudiants, à l’école secondaire Marjory Stoneman Douglas, Loesch est devenue la principale messagère de la NRA.

Même avant de prendre le relais en tant que porte-parole de la NRA l’année dernière, Loesch avait une forte audience chez les conservateurs, cultivée sur les réseaux sociaux – elle a 765 000 abonnés sur Twitter – et à travers des années d’apparitions à la télévision et à la radio, y compris sur sa propre émission de radio, « The Dana Show ».

La semaine dernière, lors de la Conservative Political Action Conference qui s’est tenue près de Washington, Loesch a défendu avec audace les 5 millions de membres de la NRA, en déclarant : « On ne nous fera pas croire que nous sommes responsables d’une tragédie qui n’a rien à voir avec nous. »

Et elle a affirmé que les journalistes des médias grand public « adorent les fusillades de masse » parce que « les pleurs des mères blanches valent de l’or ».

Et dans une vidéo de la NRA l’été dernier, elle a attaqué le New York Times d’une manière que certains, à droite comme à gauche, craignaient d’inciter à la violence. Dans la vidéo, Loesch a dit que les membres de la NRA l’avaient « eu » avec les « fausses nouvelles » du journal et a averti : « Considérez ceci comme un coup à votre réputation. … En bref ? On vient vous chercher. »

Au cours d’une émission de radio en 2012, Loesch a dit qu’elle n’avait pas de problème avec les Marines qui urinaient sur des soldats talibans morts, déclarant : « Je le ferais aussi. »

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