Une société funéraire a refusé d’enterrer un bébé
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Une société funéraire a refusé d’enterrer un bébé

Ils ont rendu la dépouille du bébé dans un carton ; les parents ont essayé de garder le corps de leur fils au froid

Un homme se promène dans un cimetière, à Jérusalem. (Crédit : Nati Shohat / Flash90)
Un homme se promène dans un cimetière, à Jérusalem. (Crédit : Nati Shohat / Flash90)

Prématuré de plus d’un mois, le dernier-né de la famille Bornstein est mort à l’hôpital Hadassah de Jérusalem, à Ein Kerem, vendredi, alors qu’il n’avait que quatre jours.

Bien que les procédures standards stipulent que les hôpitaux doivent coordonner l’enterrement des nourrissons avec les cimetières conformément à la Halakha [loi juive], Joseph Bornstein a expliqué à Walla News que lui et sa femme voulaient s’occuper eux-mêmes des arrangements pour les funérailles.

Bornstein a indiqué qu’après que l’hôpital lui a donné la dépouille de son fils, il s’est rendu à la société funéraire, au cimetière Sanhedria de Jérusalem, où on lui a refusé l’autorisation d’enterrer son fils.

La société funéraire, connue localement comme Hevra Kadisha, a insisté sur le fait qu’elle suivait la loi juive, qui stipule qu’un bébé qui meurt dans le premier mois de sa vie est considéré comme un mort-né, et les parents ne sont généralement pas autorisés à participer à l’inhumation ni même à connaitre l’emplacement de la tombe.

Bornstein a indiqué qu’après quelques négociations, lui et un représentant de la société funéraire ont conclu un accord : les parents seraient informés de l’emplacement de la tombe mais ne pourraient pas assister aux funérailles.

Mais le lendemain, a expliqué Bornstein, l’organisation est revenue sur l’accord et lui a dit de venir récupérer le corps de son fils dans leur bureau au cimetière.

« Il était dans une boîte en carton simplement posé sur un banc dans le bureau – je n’arrivais pas y croire », s’est emporté Bornstein. « Je l’ai pris dans la voiture et j’ai allumé l’air conditionné pour essayer de le garder au froid pendant que nous réfléchissions à ce qu’il fallait faire. »

Yehuda Meshi-Zahav, le président de Zaka, le service d’intervention d’urgence et de sauvetage des volontaires d’Israël, est intervenu au nom des parents et a trouvé un arrangement pour que le nourrisson soit enterré mardi au cimetière du mont des Oliviers.

« Avec un peu plus d’humanité, cette histoire aurait pu se terminer très différemment », a-t-il souligné.

« Alors que la société funéraire a agi en conformité avec la halakha, leur approche manquait de compassion, et le père, qui était en détresse émotionnelle, aurait dû être traité différemment. »

« C’est tout à fait choquant pour moi que l’inhumation ait été monopolisée par la société funéraire, qui tire profit de personnes dans des moments difficiles d’une manière qui est totalement inacceptable, a déclaré Bornstein. Ils ont traité le corps de mon fils comme si c’était celui d’un chat mort », a-t-il dénoncé auprès de Walla.

Le grand rabbin de Jérusalem, Shlomo Moshe Amar, qui était autrefois le grand rabbin du pays, a exhorté le ministère Affaires religieuses et la société funéraire à ne pas ignorer l’angoisse que cet incident « totalement inutile » a causée aux Bronstein.

« C’est une sorte spéciale de sensibilité qui devrait accompagner le processus des funérailles et d’inhumation », a-t-il déclaré au site Internet Kol Hazman.

Amar a déclaré que, bien que les sociétés funéraires se conforment généralement à la loi juive, ajouter de la détresse émotionnelle est inacceptable. Il a appelé la société funéraire et le ministère du gouvernement à rencontrer et à discuter de la façon d’empêcher que des erreurs similaires ne se reproduisent.

Bornstein affirme que le fait de savoir où son fils est enterré facilitera le deuil de la famille.

La société funéraire de Jérusalem a répondu aux articles sur l’incident en expliquant que ses travailleurs étaient liés par les règlements du ministère des Affaires religieuses et ont été incapables d’enterrer l’enfant de Bornstein tel que la famille le souhaitait.

En août dernier, suite à la pression permanente des parents et des ONG, les ministères de la Santé et de la Justice ont créé un comité conjoint avec des représentants du ministère des Affaires religieuses afin d’établir de nouvelles procédures funérailles et d’inhumation pour les nourrissons.

Le comité a déterminé que les parents de nourrissons qui sont morts dans leurs 30 premiers jours seraient autorisés à décider des procédures de funérailles et d’inhumation.

Il a en outre jugé que les sociétés funéraires doivent permettre aux parents d’être présents à l’enterrement et marqué le lieu des sépultures s’ils le souhaitaient.

En outre, le comité a ajouté que les familles qui demandent qu’une cérémonie funéraire civile ait lieu puisse le faire.

Les nouveaux règlements ont été envoyés à toutes les sociétés funéraires dans le pays, à l’exception de quelques-unes qui ont obtenu une exemption du ministère après que des groupes ultra-orthodoxes ont déclaré que les nouvelles procédures étaient en désaccord avec la loi juive.

Selon l’article, la société funéraire du cimetière Sanhedria, à Jérusalem, était parmi celles qui ont obtenu une exemption.

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