Une tombe vieille de 12 000 ans découverte en Galilée
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Une tombe vieille de 12 000 ans découverte en Galilée

Le site permet de mieux comprendre les rituels funéraires de cette ère préhistorique

Les ossements d'une femme préhistorique découverts sur un site funéraire dans la grotte d'Hilazon, au nord d'Israël. (Crédits : Naftali Hilger)
Les ossements d'une femme préhistorique découverts sur un site funéraire dans la grotte d'Hilazon, au nord d'Israël. (Crédits : Naftali Hilger)

Ornée de carapaces de tortues, de cornes de gazelles et d’un pied humain, la tombe d’une femme, vieille de plus de 12 000 ans, découverte dans le nord d’Israël jette une nouvelle lumière sur les rituels funéraires dans les sociétés préhistoriques.

Des archéologues israéliens et américains, qui ont excavé le site mortuaire très bien préservé dans la grotte d’Hilazon Tachtit, en Galilée, supposent que le corps est celui d’une femme chaman ayant vécu à la fin de l’ère natoufienne (10 800 – 9 500 av. JC).

Des fragments de craie et de roche calcaire, à côté d’un pelvis de léopard, d’un os de sanglier et d’une aile d’aigle, comptaient parmi les objets inhabituels découverts autour des restes de la femme.

L’équipe d’archéologues, dirigée par le professeur Leore Grosman de l’université hébraïque de Jérusalem, et la professeure Natalie Munro de l’université du Connecticut (Etats-Unis), a pu rejouer la cérémonie d’enterrement de la femme, qui s’est déroulée lors du passage des sociétés humaines d’un mode de vie de chasseur cueilleur à des communautés agricoles.

Des archéologues de l'université hébraïque excavent une tombe vieille de 12 000 ans dans une grotte du nord d'Israël. (Crédits : Naftali Hilger)
Des archéologues de l’université hébraïque excavent une tombe vieille de 12 000 ans dans une grotte du nord d’Israël. (Crédits : Naftali Hilger)

« L’un des plus anciens banquets funéraires jamais découverts a révélé un événement planifié, soigneusement élaboré, qui reflète les changements sociaux au début de la transition vers l’agriculture dans la période natoufienne », explique un communiqué de l’université hébraïque.

La grotte – qui abrite au moins 28 autres tombes – avait été découverte en 2006, mais Grosman et Munro n’ont pu que récemment reconstruire l’ordre du rituel funéraire.

« Nous avons recréé les étapes de l’événement en nous basant sur les découvertes faites sur le terrain, des cartes numérisées, des pierres, l’architecture du site et la disposition d’artefacts », décrit Grosman.

L’archéologue note la diversité d’activités requises pour la préparation du rituel, notamment la collecte de matériaux et l’abattage d’animaux.

« Cette planification est très significative : elle sous-entend qu’il y avait une ‘to-do list’ [liste de choses à faire], et un plan de travail des actions rituelles à accomplir, dans un ordre particulier », ajoute-t-il.

Le communiqué explique que cette découverte est sans précédent : jusqu’à maintenant, les rituels funéraires étudiés étaient plus récents, après que les humains avaient commencé à enterrer leurs morts dans des endroits identifiés comme tels.

Une vue de la grotte d'Hilazon Tachtit, en Galilée. (Crédits : Leore Grosman)
Une vue de la grotte d’Hilazon Tachtit, en Galilée. (Crédits : Leore Grosman)

La période natoufienne (de – 15 000 à – 11 500) dans le sud du Levant marque une augmentation de la fréquence et de la concentration des enterrements des êtres humains.

« Les vestiges d’un rituel funéraire sur ce site fournissent une rare opportunité pour reconstruire les dynamiques de réalisation des rituels à une époque où ils devenaient un médiateur social très important, lors d’une jonction cruciale pour l’histoire humaine », ont déclaré les chercheurs.

Selon Grosman et Munro, l’échelle et l’étendue inédites des changements sociaux pendant l’ère natoufienne rendent cette période centrale pour les débats actuels, concernant l’origine et la signification des rites sociaux pendant la transition agricole préhistorique.

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