Une unité d’élite israélienne s’entraîne en simulant une attaque de l’EI
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Une unité d’élite israélienne s’entraîne en simulant une attaque de l’EI

Les commandos voient les actuelles opérations contre des trafiquants comme une préparation au jour où des terroristes du Sinaï tenteront de s’infiltrer

Des commandos de la police des frontières se préparent à une situation de prise d'otages dans une commune du sud d'Israël, près de la frontière avec la péninsule du Sinaï. (Crédit : capture d'écran d'un reportage diffusé le 28 octobre 2016 sur la Dixième chaîne)
Des commandos de la police des frontières se préparent à une situation de prise d'otages dans une commune du sud d'Israël, près de la frontière avec la péninsule du Sinaï. (Crédit : capture d'écran d'un reportage diffusé le 28 octobre 2016 sur la Dixième chaîne)

Une unité d’élite de la police des frontières s’entraîne à répondre à la menace d’une infiltration en Israël de terroristes affiliés à l’Etat islamique (EI) à la frontière de la péninsule du Sinaï.

Dans un reportage diffusé à la télévision israélienne, un officier a déclaré qu’il s’agissait de cellules de 15 à 30 terroristes, équipées d’armes anti-tanks et d’autres munitions. Il a noté l’immense danger que les groupes terroristes du Sinaï posaient à l’armée égyptienne.

La péninsule désertique est depuis longtemps un terrain fertile pour les groupes terroristes, notamment les combattants de la Province du Sinaï, qui ont prêté allégeance au groupe terroriste Etat islamique sunnite, basé en Syrie et en Irak.

L’establishment sécuritaire israélien pense que ce n’est qu’une question de temps avant que les terroristes du Sinaï ne tentent d’infiltrer Israël et d’y lancer des attaques, a annoncé vendredi la Dixième chaîne.

L’unité de la police des frontières est composée de commandos du contre-terrorisme qui sont spécialisés dans les opérations critiques, comme le sauvetage d’otages.

Un portrait de l’unité diffusé par la Dixième chaîne a montré des commandos en cagoule simulant une situation de prise d’otages à Nitzana, une petite commune du désert située à trois kilomètres de la frontière israélo-égyptienne.

L’unité a autorisé la Dixième chaîne à filmer son exercice, au moment où les commandos entraient dans une maison, armes à la main, pendant la simulation de prise d’otages.

Des commandos de la police des frontières déguisés descendent d'un pick-up civil pour arrêter un trafiquant près de chez lui, dans une commune bédouine du sud d'Israël. (Crédit : capture d'écran d'un reportage diffusé le 28 octobre 2016 sur la Dixième chaîne)
Des commandos de la police des frontières déguisés descendent d’un pick-up civil pour arrêter un trafiquant près de chez lui, dans une commune bédouine du sud d’Israël. (Crédit : capture d’écran d’un reportage diffusé le 28 octobre 2016 sur la Dixième chaîne)

« Au quotidien, tout est calme [et] vous faites ce que vous avez à faire, mais nous savons que de l’autre côté [de la frontière], c’est la foire », a déclaré un habitant de Nitzana quand il lui a été demandé s’il était surpris de voir des commandos s’entraîner près de chez lui.

Israël a construit ces dernières années une haute clôture comportant des capteurs le long de sa frontière avec l’Egypte, similaire à celles présentes aux frontières libanaise et syrienne. Un officier de la police des frontières a cependant déclaré que les terroristes essaieraient tout de même de s’infiltrer dans le pays.

« Je suis certain que, quelque part, il y a des individus qui nous observent », a déclaré un policier, identifié uniquement par l’initiale de son prénom, R. Quand il lui a été demandé si l’équipe était observée du côté égyptien ou du côté israélien, R. a répondu : « les deux. Ils savent comment travailler ces types », laissant entendre que les contrebandiers qui font entrer des armes et de la drogue en Israël ont des complices parmi les Bédouins qui vivent au sein de l’Etat juif.

La construction de la clôture a réduit le nombre d’opérations de contrebande, mais les trafiquants ont en conséquence amélioré leurs méthodes, a-t-il déclaré.

Dans certains cas, une « unité » de 20 contrebandiers se divise en plusieurs groupes, dont certains sont chargés de jeter des drogues et des munitions par-dessus la clôture, et d’autres sont uniquement responsables d’affronter les soldats israéliens et égyptiens qu’ils rencontrent de leur côté respectif de la frontière.

Plus d’une fois, des commandos avec des véhicules civils et des déguisements ont suivi les trafiquants dans leurs propres villages, les arrêtant près de chez eux, a annoncé la chaîne.

Les membres de la Province du Sinaï, affiliée de l'Etat islamique, en train de manier les armes, le 6 février 2016. (Crédit : Telegram.me/HaiAlaElJehad5 via MEMRI)
Les membres de la Province du Sinaï, affiliée de l’Etat islamique, en train de manier les armes, le 6 février 2016. (Crédit : Telegram.me/HaiAlaElJehad5 via MEMRI)

En ce qui concerne la police des frontières, la lutte contre la contrebande sert d’entraînement pour le jour où des terroristes tenteront de s’infiltrer.

L’armée, a déclaré R., prépare un scénario similaire aux attaques qui ont lieu contre l’armée égyptienne dans le Sinaï.

« Nous envisageons une attaque par 15, 20 ou 30 terroristes. Ils ont des capacités anti-tanks, ils ont des capacités incroyables et ne doivent pas être sous-estimés. Et je sais que leur but est de tuer autant qu’ils le peuvent », a déclaré R.

Et quand une attaque pourrait-elle se produire ?, a-t-il été demandé à R.

« Comme je l’ai dit, il suffit de prendre la décision, a-t-il répondu. Ils ont les capacités, ils ont les munitions. Il leur suffit juste de décider. »

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