L’université de Bar-Ilan s’oppose à un événement LGBT
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L’université de Bar-Ilan s’oppose à un événement LGBT

Les étudiants affirment que le diacre a suggéré un colloque pour proposer de l’« aide » aux participants

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Le défilé de la fierté gay, à Jérusalem, le 18 septembre 2014 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)
Le défilé de la fierté gay, à Jérusalem, le 18 septembre 2014 (Crédit : Hadas Parush / Flash90)

Une université israélienne qui maintient une éthique religieuse a été accusée mercredi d’étouffer le projet d’étudiants de tenir un événement pour marquer le mois de la fierté gay – en suggérant à la place un symposium fermé comprenant des rabbins et des psychologues qui pourrait aussi « proposer de l’aide aux participants ».

Un porte-parole de l’université a estimé qu’autoriser l’organisation d’un événement LGBT public était comparable à autoriser un événement faisant la promotion de la pédophilie.

L’université de Bar-Ilan s’est attiré les foudres du National Student Union [une association étudiante] après que sa branche gay a affirmé que le corps académique l’avait empêché de tenir un événement public au sein du campus, qui aurait compris d’autres organisations gays, le 22 juin.

« Compte tenu du fait que la branche gay de Bar Ilan inclut toutes les composantes complexes de l’humanité représentées dans l’institution et agit avec considération et de manière non provocante, nous ne voyons aucune raison pour qu’ils ne puissent pas marquer le mois gay, et bien sûr, [nous] soutenons leurs actions », a déclaré le dirigeant du syndicat étudiant Gilad Arditi au micro de la radio militaire.

Des représentants de l’administration de l’université se sont entretenus avec la direction de la branche de l’association pour discuter des alternatives à l’événement. Un étudiant, Omer Mahluf, a révélé que le doyen des étudiants, le professeur Uri Nir, avait suggéré aux 90 membres du groupe qu’ils tiennent « une rencontre respectueuse dans laquelle il y aura différents intervenants, tels que des psychologues et des rabbins, qui pourront proposer de l’aide aux participants ».

« L’université n’a accepté aucun compromis », s’est insurgé Mahluf. « Le but de l’événement dans son ensemble était de permettre une sorte de dialogue qui, nous le ressentons, est très important, surtout après les dernières élections qui ont créé une sorte de sentiment d’hostilité entre la communauté religieuse et la communauté LGBT. »

Il fait peut-être allusion à une vidéo produite par HaBayit Hayehudi – que le site d’informations religieux Kippa a mis en ligne avant les primaires du parti en janvier 2015 -, dans laquelle une majorité de candidats se sont révélés être contre la reconnaissance des mariages de même sexe en Israël, en expliquant que ça allait à l’encontre des valeurs juives et des principes normatifs. Le parti a remporté neuf sièges à la Knesset lors des élections de mars.

La vidéo a suscité de sévères critiques dans la communauté homosexuelle et à gauche, les membres du parti ont été critiqués pour ce qu’ils ont appelé « des déclarations homophobes ».

Cependant, l’université Bar-Ilan a rejeté les accusations et a déclaré s’opposer à l’événement public car cet événement n’a pas de contenu académique.

« Prenant en considération le caractère religieux de l’université, à la lumière du fait que l’événement que les étudiants ont demandé à organiser n’est pas lié à des activités scolaires ou étudiantes, l’administration a informé les élèves qu’elle autorisera un événement qui a un caractère académique dans l’une des salles de campus, un symposium ou un panel qui traitera des sujets pertinents pour la communauté gay », s’est défendu l’université dans un communiqué. « L’université a proposé de l’aide aux étudiants pour organiser un tel événement et pour trouver des participants et des conférenciers. Malheureusement, les organisateurs ont choisi, intentionnellement ou non, de dénaturer l’offre de l’université pour les aider à organiser l’événement. »

Selon un article publié sur le site d’informations de Haaretz, le porte-parole de l’université, Haim Zisowitz, a expliqué que les actes homosexuels sont contre la Halakha – la loi traditionnelle juive – et qu’en tant qu’institution religieuse, l’université ne pouvait pas sembler cautionner de telles activités.

« L’université a un caractère religieux, et le sujet des relations de même sexe est ‘halakhiquement’ interdit pour les hommes, c’est une interdiction halakhique claire », a-t-il dit. « Par conséquent, vous ne pouvez pas permettre, dans une université religieuse, un appel à commettre un acte qui transgresse une interdiction halakhique. »

Tenir un tel événement, a-t-il poursuivi, « reviendrait à dire que nous sommes en faveur – sans faire de comparaison, et ne vous méprenez pas – d’un groupe qui dirait : ‘Nous voulons et nous croyons en la pédophilie, en l’autorisation des relations sexuelles avec des mineurs, et nous voulons avoir un happening’ – chaque appel à enfreindre la loi est un problème, ce sont les lois de la Torah ».

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