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Un entraîneur français suspendu suite à sa liaison avec une athlète israélienne

La fédération israélienne a limogé l'entraîneur Pierre Loquet, invoquant sa relation avec la véliplanchiste Katy Spychakov ; d'autres athlètes dénoncent un traitement de faveur

La véliplanchiste israélienne Katy Spychakov après avoir remporté la médaille d'argent au championnat du monde RS:X au lac de Garde en Italie, le 28 septembre 2019 (Capture écran via Kan)
La véliplanchiste israélienne Katy Spychakov après avoir remporté la médaille d'argent au championnat du monde RS:X au lac de Garde en Italie, le 28 septembre 2019 (Capture écran via Kan)

La championne de planche à voile israélienne, considérée comme une chance de médailles aux Jeux olympiques de 2020, est empêtrée dans un scandale qui pourrait lui coûter sa place à Tokyo. Il a en effet été révélé qu’elle entretenait une liaison depuis huit mois avec l’entraîneur de l’équipe israélienne féminine de planche à voile, à la suite de quoi il a été renvoyé.

D’autres véliplanchistes et leurs parents se sont aujourd’hui unis pour dénoncer auprès des autorités sportives que la relation de Katy Spychakov, âgée de 20 ans, avec l’entraîneur français Pierre Loquet, 37 ans, lui avait valu un traitement de faveur, des séances d’entraînement en tête-à-tête et un avantage injuste dans la course aux JO où une seule athlète pourra représenter Israël.

Katy Spychakov — médaillée d’argent aux championnats du monde le mois dernier — jouit d’une avance confortable pour les Jeux puisqu’il ne reste qu’une seule compétition qualificative, les championnats du monde de 2020. Cette avance ne pourra être comblée que si une autre athlète israélienne y décroche l’or et si Katy Spychakov échoue.

Ses concurrentes demandent aujourd’hui à ce que tous les résultats précédents  soient annulés et que les compteurs pour les JO soient remis à zéro, à peine neuf mois avant leur début. La Fédération israélienne de planche à voile a rejeté leur demande et suspendu la véliplanchiste de toute activité.

Lorsque la liaison a été révélée mardi, la fédération a immédiatement annoncé le limogeage de Pierre Loquet.

La véliplanchiste israélienne Katy Spychakov et son entraîneur Pierre Loquet. (Fédération israélienne de planche à voile)

« Lors de notre entretien avec l’entraîneur et la véliplanchiste, ils ont tous les deux confirmé leur relation. Ainsi, et conformément au code éthique et au règlement de la Fédération, il a été décidé de mettre un terme au contrat de l’entraîneur démarré il y a trois ans », a ainsi fait savoir l’instance dans un communiqué.

La Fédération a constitué une commission qui doit déterminer si la relation de Katy Spychakov avec Pierre Loquet avait eu un effet positif sur ses performances au détriment des autres véliplanchistes.

La commission devrait interroger toutes les parties prenantes. Si elle conclut que cette liaison a affecté la course aux Jeux olympiques, elle avisera la Fédération de la mesure à prendre pour rétablir l’équité.

En attendant, la fédération tente tant bien que mal de trouver un remplaçant à Pierre Loquet dans les sept prochains jours. « C’est difficile de faire venir un entraîneur rapidement, surtout neuf mois avant Tokyo quand tous les bons entraîneurs sont déjà pris. Cette saga a eu des conséquences négatives évidentes », a fait savoir une source anonyme au sein de la fédération au site spécialisé ONE.

L’athlète est née à Eilat de parents d’origine ukrainienne, et était au départ triathlète avant de passer à la planche à voile à l’âge de 10 ans.

Mardi, elle a accordé un entretien au quotidien Yedioth Ahronoth, déclarant : « En février dernier, une relation amoureuse est née entre Pierre et moi, et nous en sommes tous les deux ravis. On est très amoureux. Ces derniers mois, aucune athlète n’en a souffert ou n’a été discriminée du fait de notre relation. L’entraîneur ne peut pas changer le vent, et nous sommes seules en mer.

« Nous n’avions pas connaissance du code d’éthique, ce qui a aujourd’hui des conséquences », a-t-elle ajouté. « Je comprends les critiques, je comprends les règles, mais nous n’avons pas choisi de tomber amoureux. Nous avons choisi de prendre le risque. Je ne regrette absolument pas cette liaison et ni là où elle nous a menés ».

Elle dit n’avoir reçu aucune plainte de traitement de faveur avant la révélation de sa liaison, ajoutant être « très blessée » par la réaction des autres véliplanchistes.

Elle a fait savoir qu’elle « ferait tout » pour continuer de s’entraîner avec Pierre Loquet, « même si cela veut dire que je dois m’autofinancer ».

En septembre, elle a remporté l’argent au championnat du monde RS:X au lac de Garde en Italie. Il s’agissait de la première médaille israélienne dans la compétition internationale depuis 2014 et faisait suite à une année pleine de succès pour la jeune athlète, considérée par beaucoup comme une grande chance de médaille olympique.

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