Une vidéo montrerait un Palestinien abattu après une attaque à la voiture-bélier
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Une vidéo montrerait un Palestinien abattu après une attaque à la voiture-bélier

Malgré un ordre de ne pas tirer, un policier a visé le Palestinien Nur Shuqeir, qui avait blessé un policier avec sa voiture tentant, semble-t-il, de fuir le poste de contrôle

La police inspecte une voiture utilisée dans un attentat à la voiture-bélier présumé au checkpoint Al-Zaim, aux abords de Jérusalem, le 25 novembre 2020. (Crédit : Shlomo Mor)
La police inspecte une voiture utilisée dans un attentat à la voiture-bélier présumé au checkpoint Al-Zaim, aux abords de Jérusalem, le 25 novembre 2020. (Crédit : Shlomo Mor)

Un Palestinien tué au cours de ce que la police a d’abord signalé comme une attaque à la voiture-bélier pourrait avoir été abattu après la fin de l’incident, alors que les officiers appelaient les forces de sécurité à ne pas tirer, selon une vidéo publiée par l’ONG de gauche de défense des droits de l’homme B’Tselem.

Nur Jamal Shuqeir, 30 ans, résident arabe palestinien de Silwan, à Jérusalem-Est, a été arrêté par des policiers au poste de contrôle d’Al-Za’im, à l’extérieur de la capitale israélienne, mercredi dernier. Après avoir été interrogé par les officiers, Shuqeir a traversé rapidement le point de contrôle, heurtant et blessant légèrement un policier des Frontières avant d’être abattu, selon les autorités israéliennes.

Les autorités ont d’abord déclaré que l’incident était une attaque terroriste présumée, mais ont ensuite abandonné ces termes.

Al-Za’im, qui se trouve à l’est de Jérusalem, a été le théâtre de plusieurs tentatives d’attentats terroristes depuis sa construction en 2003. Une adolescente palestinienne a été abattue au point de contrôle en janvier 2019 alors qu’elle tentait de poignarder un agent de sécurité israélien.

Mais selon la vidéo fournie par B’Tselem, le tir contre Shuqeir la semaine dernière n’a pas eu lieu près du point de contrôle, mais à quelques centaines de mètres plus loin sur la route, quelque temps après la présumée attaque à la voiture-bélier. Dans la vidéo, Shuqeir semble avoir arrêté sa voiture sur le bord de la route alors que plusieurs policiers courent vers lui.

On peut clairement entendre un officier crier « Ne tirez pas ! » avant qu’un officier de la police des Frontières ne tire quatre balles en direction de la voiture de Shuqeir.

« Ne tirez pas ! Cessez le feu ! Ne tire pas, Tzahi, ne tire pas », a ensuite crié un officier au tireur, qui ne tirera pas d’autre balle jusqu’à la fin de la séquence.

Shuqeir n’apparaît pas dans la vidéo. En l’absence d’une autopsie et de plus amples détails sur l’incident, il n’est pas clair si les balles tirées dans la vidéo sont celles qui ont mis fin à sa vie.

Un porte-parole du département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a déclaré au Times of Israel que le comportement des officiers durant l’incident était « examiné, mais qu’une enquête n’avait pas encore été ouverte ».

Un porte-parole de la police des Frontières n’a pas souhaité répondre à une demande de commentaires.

La police a d’abord signalé que l’attaque était une présumée tentative d’attentat à la voiture bélier avec des motifs terroristes avant d’indiquer que l’incident ferait l’objet d’une enquête.

En signe que les autorités ne croient plus que l’incident d’Al-Za’im était une attaque terroriste, le corps de Chouqir a été rendu à sa famille la nuit dernière. Israël a une politique controversée de détention des cadavres de terroristes présumés dans le but de dissuader de futurs agresseurs.

Au fur et à mesure que de nouveaux détails sont apparus, les autorités ont également révisé leur évaluation, disant qu’elles n’étaient pas sûres que Shuqeir soit un terroriste.

Lors de leur interrogatoire, les officiers ont réalisé que les papiers d’identité de Shuqeir appartenaient apparemment à quelqu’un d’autre. Probablement en raison de la découverte de sa fausse identité, Shuqeir a conduit sa voiture rapidement en direction d’un garde-frontière, le percutant et le blessant légèrement, a rapporté la police à l’époque.

Selon un ami de la famille, Daoud Siyam, également résident du quartier de Silwan à l’est de Jérusalem, Shuqeir avait un passé criminel et avait été libéré de prison en mars. Siyam a ajouté que Shuqeir n’avait plus de permis de conduire valide, même si ses revenus provenaient du transport de marchandises commerciales.

« Quand les officiers l’ont arrêté, il a probablement eu peur de retourner en prison », a déclaré Siyam au Times of Israel lors d’un appel téléphonique. « Il a paniqué. »

Des officiers de la police des Frontières montent la garde à un poste de contrôle en Cisjordanie, le 22 avril 2020. (Olivier Fitoussi/FLASH90)

Après les tirs, Chouqir a été emmené à l’hôpital Hadassah du mont Scopus à Jérusalem, où sa mort a été prononcée, selon le centre médical. Selon l’hôpital, Shuqir a été blessé par balle à l’estomac et est arrivé sans pouls.

Siyam a rejeté la possibilité qu’il y ait un motif terroriste potentiel à la tentative de Shuqeir de fuir les officiers. Il a demandé pourquoi des moyens non létaux n’avaient pas été utilisés avant que la police n’ouvre le feu.

« Il doit y avoir une sorte de considération de la part des officiers, qui sont manifestement sous pression, stressés », a déclaré M. Siyam. « Mais qu’en est-il de tous les moyens autres que le tir ? »

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