Universitaire : le Parti travailliste est « institutionnellement antisémite »
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Universitaire : le Parti travailliste est « institutionnellement antisémite »

Dans un travail détaillé, le professeur Alan Johnson a examiné 130 cas de préjugés antisémites, parfois cachés sous le masque de l'anti-sionisme

Professeur Alan Johnson (Copie d'écran YouTube).
Professeur Alan Johnson (Copie d'écran YouTube).

Une nouvelle étude menée par un universitaire britannique a conclu que le Parti travailliste était « institutionnellement antisémite » et qu’il sera plus difficile que l’on ne le pensait d’éradiquer cette idéologie de haine.

Le rapport de 137 pages a été publié jeudi dans la revue Fathom, qui défend un débat « bi-partisan sur Israël et la région ». Rédigée par le professeur Alea Johnson, l’étude examine en détail 130 cas d’antisémitisme ou de déni d’antisémitisme au sein du principal parti d’opposition au Royaume-Uni

Johnson est un chercheur au Centre de recherche et de communication de Grande-Bretagne et d’Israël (BICOM) et rédacteur en chef de Fathom.

Le rapport affirme que l’ampleur des préjugés anti-juifs au sein du parti a été sous-estimée et que celui-ci a « échoué à comprendre l’antisémitisme contemporain, à empêcher le parti de devenir un refuge d’antisémitisme, à traiter efficacement l’antisémitisme, et a échoué à se débarrasser d’une culture du déni d’antisémitisme et d’accusation de la victime ».

Il reproche au chef du parti, Jeremy Corbyn, et à ses partisans d’ »harceler en ligne des membres du parti et de propager une culture du trolling et du harcèlement ».

Le rapport a aussi critiqué ce qu’il a décrit comme étant de l’antisémitisme déguisé en anti-sionisme.

Le dirigeant du Parti travailliste britannique, Jeremy Corbyn, durant un discours lors de la conférence du parti travailliste à Liverpool, en Angleterre, le 23 septembre 2018, jour de l’ouverture officielle de la conférence annuelle du parti travailliste. (AFP PHOTO / Paul ELLIS)

« L’histoire nous dit que l’antisémitisme évolue au fil du temps, avec des euphémismes qui changent pour appeler à la destruction des Juifs, explique le rapport. Aujourd’hui, l’euphémisme est, très souvent, ‘sioniste’, ‘sio’ ou ‘sionisme mondial’. Alors que l’ancienne forme de l’antisémitisme diabolisait autrefois les ‘Juifs’, les nouveaux antisémites écrivent, parlent et tweetent en diabolisant maintenant Israël ou le ‘sionisme’ ».

« J’espère que ce rapport va réveiller les responsables du parti : mettez un terme à la culture du déni de l’antisémitisme et d’accusation des victimes, affrontez vos échecs, étudiez les nouvelles formes contemporaines d’antisémitisme, et chassez les personnes haineuses du parti avant que le parti n’éclate et que les discours antisémites se transforment en violence contre les Juifs », a déclaré Johnson dans un communiqué.

« Au mieux, les dirigeants du Parti travailliste font preuve d’une complaisance impardonnable, en affirmant que le parti doit seulement traiter une ‘petite frange’. Au pire, ils diffusent un discours antisémite en affirmant que tout cela est une ‘campagne visant à les traîner dans la boue’. Le rapport montre, avec de nombreux exemples à l’appui, que ces deux affirmations ne sont pas vraies », a-t-il ajouté.

Le Parti travailliste a été secoué par des accusations d’antisémitisme dans ses rangs depuis que Corbyn, très à gauche, a pris la tête du parti d’opposition en 2015. Ce dernier a lui-même été accusé d’être antisémite – ce qu’il a nié.

Neuf députés travaillistes ont quitté le parti le mois dernier. Beaucoup ont cité l’antisémitisme comme raison de leur départ.

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