Uranium : Moscou, Pékin et Paris appellent Téhéran à respecter l’accord
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Uranium : Moscou, Pékin et Paris appellent Téhéran à respecter l’accord

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a annoncé que son pays avait "dépassé la limite des 300 kilogrammes" d'uranium faiblement enrichi

Des photographies issues des archives nucléaires iraniennes, diffusées par les responsables israéliens, d'une enceinte métallique qui, selon les responsables israéliens se trouvait sur le site militaire de Parchin et qui avait été construite pour mener des expérimentations dans le cadre du programme nucléaire iranien voyou (Crédit : Gouvernement israélien)
Des photographies issues des archives nucléaires iraniennes, diffusées par les responsables israéliens, d'une enceinte métallique qui, selon les responsables israéliens se trouvait sur le site militaire de Parchin et qui avait été construite pour mener des expérimentations dans le cadre du programme nucléaire iranien voyou (Crédit : Gouvernement israélien)

La Russie a appelé mardi l’Iran à « ne pas céder aux émotions » et à respecter « les dispositions essentielles » de l’accord sur le nucléaire malgré les pressions américaines, au lendemain de l’annonce du dépassement par Téhéran de la limite imposée à ses réserves d’uranium.

« Nous appelons nos collègues iraniens à la retenue, à ne pas céder aux émotions et à respecter les dispositions essentielles de l’accord » signé à Vienne en 2015, a indiqué le chef de diplomatie russe Sergueï Lavrov.

La Chine a quant à elle « déploré » mardi le dépassement par l’Iran de la limite à ses réserves d’uranium faiblement enrichi imposée par l’accord de 2015 sur son programme nucléaire, tout en accusant Washington d’être la « source » des tensions actuelles.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a annoncé que son pays avait « dépassé la limite des 300 kilogrammes » d’uranium faiblement enrichi. Ce dépassement a été confirmé par l’AIEA, chargée de vérifier que Téhéran s’acquitte de ses engagements pris vis-à-vis de la communauté internationale en juillet 2015 à Vienne.

Le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Javad Zarif durant une rencontre avec son homologue russe à Moscou, le 28 avril 2018 (Crédit : / AFP PHOTO / Alexander NEMENOV

Le président américain Donald Trump a accusé dans la foulée l’Iran de « jouer avec le feu », sur fond de tensions déjà vives entre les deux pays, faisant craindre un embrasement dans la région stratégique du Golfe.

Les Etats-Unis se sont retirés l’an passé de l’accord sur le nucléaire iranien. La France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Russie et la Chine cherchent à maintenir ce texte signé à Vienne.

Mais le retour des sanctions américaines après ce retrait isole presque totalement l’Iran du système financier international et lui fait perdre la quasi-totalité de ses acheteurs de pétrole.

« La Chine déplore les mesures prises par l’Iran. Dans le même temps, nous avons souligné à maintes reprises que la pression maximale des Etats-Unis est la source des tensions actuelles », a déclaré Geng Shuang, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères.

« Nous appelons toutes les parties à voir la situation dans une perspective globale sur le long terme, à faire preuve de retenue et à faire respecter (l’accord), afin d’éviter une nouvelle escalade », a-t-il déclaré au cours d’un point presse régulier.

Le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a redit lundi la détermination de son pays à continuer de se désengager progressivement de l’accord, tant qu’il n’obtient pas les garanties qu’il demande aux autres parties, notamment aux Européens, afin de contrer les effets de la sortie américaine du pacte.

Le président français Emmanuel Macron s’adressant au pays sur la chaîne TF1. Lors de son allocution, il a promis de faire reconstruire la cathédrale Notre-Dame de Paris dans les cinq ans. (Ludovic Marin / AFP)

Le président français Emmanuel Macron a aussi appelé mardi l’Iran à « revenir sans délai » sur le dépassement de ses réserves d’uranium faiblement enrichi fixées par l’accord de 2015 sur son programme nucléaire.

Le chef de l’Etat « a pris note avec préoccupation » de l’annonce faite lundi par l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et « demande à l’Iran de revenir sans délai sur ce dépassement » ainsi que de « s’abstenir de toute mesure supplémentaire qui remettrait en cause ses obligations nucléaires », selon un communiqué de la présidence.

Emmanuel Macron, qui « rappelle son attachement au plein respect des termes de l’accord nucléaire de 2015 », souligne qu’il « poursuivra dans les prochains jours les démarches qu’il a engagées pour que l’Iran se conforme pleinement à ses obligations et continue de bénéficier des avantages économiques de l’accord », a ajouté l’Elysée.

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