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USA : L’Iran doit offrir la « réciprocité » s’il veut négocier le statut du CGRI

Si Téhéran veut discuter de questions autres que la restauration de l'accord sur le nucléaire, il doit répondre aux préoccupations des États-Unis

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Des membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique d'Iran participent à une manifestation à Téhéran, à la suite du meurtre du commandant de la Force Al-Qods du CGRI Qassem Soleimani lors d'une frappe américaine contre son convoi à l'aéroport international de Bagdad, le 3 janvier 2020. (Crédit: Atta Kenare/AFP)
Des membres du Corps des Gardiens de la révolution islamique d'Iran participent à une manifestation à Téhéran, à la suite du meurtre du commandant de la Force Al-Qods du CGRI Qassem Soleimani lors d'une frappe américaine contre son convoi à l'aéroport international de Bagdad, le 3 janvier 2020. (Crédit: Atta Kenare/AFP)

Les États-Unis ont semblé rejeter lundi la principale demande iranienne de retirer le Corps des gardiens de la révolution islamique (CGRI) d’une liste noire du terrorisme afin que Téhéran revienne au respect de l’accord nucléaire multilatéral conclu par les deux parties en 2015.

L’Iran et les États-Unis négocient indirectement à Vienne depuis un an pour rétablir l’accord de 2015, connu officiellement sous le nom de Plan d’action global conjoint (JCPOA), après que le président Donald Trump en a retiré les États-Unis en 2018.

L’insistance de l’Iran à supprimer la désignation faite par l’administration Trump selon laquelle le CGRI – l’unité militaire d’élite du régime iranien ayant une large portée dans l’économie – est une organisation terroriste constitue un point de friction majeur.

« Si l’Iran veut une levée des sanctions qui va au-delà du JCPOA, il devra répondre à nos préoccupations qui vont au-delà du JCPOA », a déclaré le porte-parole du département d’État, Ned Price, interrogé sur la radiation des Gardiens de la révolution. « Ils devront négocier ces questions de bonne foi avec réciprocité. »

Comme l’Iran n’a pas exprimé sa volonté de bouger sur des questions non liées au nucléaire, les remarques de Price semblaient mettre de côté la possibilité d’une radiation unilatérale de la liste par Washington, même si cela signifiait amener Téhéran à se conformer au JCPOA.

« S’ils ne veulent pas profiter de ces pourparlers pour résoudre d’autres problèmes bilatéraux, nous sommes convaincus que nous pourrons très rapidement parvenir à un accord sur le JCPOA et recommencer à appliquer l’accord lui-même », a déclaré Price aux journalistes.

Il a refusé de dire si les États-Unis avaient officiellement décidé de rejeter la demande de l’Iran de retirer le CGRI de la liste des organisations terroristes étrangères du Département d’État.

« Nous utiliserons tous les outils appropriés pour faire face au rôle déstabilisateur du CGRI dans la région, notamment en travaillant en étroite collaboration avec nos partenaires en Israël », a-t-il déclaré plus tard.

Le porte-parole du département d’État, Ned Price, s’exprime lors d’une conférence de presse au département d’État, le jeudi 10 mars 2022, à Washington. (Crédit : Pool via AP/Manuel Balce Ceneta)

L’administration du président américain Joe Biden a proposé de revenir à l’accord, en vertu duquel l’Iran s’était vu promettre un allégement des sanctions pour avoir freiné son programme nucléaire, mais a exprimé sa frustration face à la lenteur des négociations.

À Téhéran, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Saeed Khatibzadeh, a déclaré que plus d’un problème était en suspens entre l’Iran et les États-Unis.

« Les messages (de Washington) envoyés par (le coordinateur de l’Union européenne Enrique) Mora ces dernières semaines… sont loin d’apporter des solutions qui pourraient conduire à un accord », a-t-il déclaré aux journalistes.

« Les États-Unis sont responsables de ces retards car ils prennent leur temps pour donner des réponses » qui conviendraient à l’Iran, a-t-il dit.

Mora, qui coordonne les pourparlers indirects américano-iraniens, s’est rendu à Téhéran le mois dernier pour des entretiens avec des responsables iraniens et s’est ensuite rendu à Washington, affirmant qu’il espérait combler les lacunes dans les négociations.

Trump a réimposé des sanctions radicales, exigeant notamment que d’autres nations n’achètent pas le pétrole iranien, alors qu’il se retirait de l’accord négocié par son prédécesseur Barack Obama.

Enrique Mora, un diplomate de premier plan de l’Union européenne, à gauche, serre la main du principal négociateur nucléaire iranien Ali Bagheri Kani à Téhéran, en Iran, le 27 mars 2022. (Crédit : Ministère iranien des Affaires étrangères via AP)

L’Iran, en réponse, a commencé à revenir sur la plupart de ses engagements dans le cadre de l’accord.

Plus tôt ce mois-ci, le Washington Post a rapporté que l’administration Biden avait décidé de rejeter la demande iranienne concernant le CGRI, citant un haut responsable anonyme de l’administration. Axios a par la suite rapporté que si Biden s’opposait effectivement à la radiation des Gardiens de la révolution, il n’avait pas pris de décision finale pour autant.

Israël a lancé une campagne publique contre cette décision, mettant en garde contre le fait de récompenser le groupe à l’origine de la mort de citoyens américains. Les partisans de la radiation affirment que c’est une pilule qui vaut la peine d’être avalée pour assurer une relance du JCPOA étant donné que ce serait en grande partie symbolique et que des sanctions économiques importantes contre le CGRI resteraient en vigueur.

Le Premier ministre Naftali Bennett espère qu’une décision de radiation serait une cause de rupture pour l’Iran, faisant complètement sombrer les pourparlers de Vienne, a déclaré un haut responsable du cabinet du Premier ministre peu après l’article du Washington Post.

L’AFP a contribué à cet article.

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