USAID n’aurait pas bien vérifié les antécédents terroristes de Palestiniens
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USAID n’aurait pas bien vérifié les antécédents terroristes de Palestiniens

Le Bureau général des comptes constate que l'Agence pour le développement international n'a pas procédé aux vérifications adéquates concernant les destinataires indirects de fonds

Une élève palestinienne passe à côté de l'aide humanitaire fournie par l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, l'UNRWA, et de l'USAID, dans le camp de réfugiés de Shatie, à Gaza City, le 6 juin 2010. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)
Une élève palestinienne passe à côté de l'aide humanitaire fournie par l'agence d'aide aux réfugiés palestiniens de l'ONU, l'UNRWA, et de l'USAID, dans le camp de réfugiés de Shatie, à Gaza City, le 6 juin 2010. (Crédit : AP Photo/Lefteris Pitarakis, File)

Dans un rapport publié au moment où l’administration Biden recommence à envoyer des fonds aux Palestiniens, une organisation de surveillance du gouvernement américain, le Bureau général des comptes (General Accounting Office – GAO), a établi que l’Agence américaine pour le développement international (USAID) a dans le passé échoué à procéder aux vérifications adéquates concernant les antécédents terroristes des bénéficiaires de ces fonds.

L’USAID s’est pleinement conformée aux procédures de vérification pour les bénéficiaires principaux dans les années 2015-2019, mais n’a pas procédé de façon méticuleuse à ces vérifications s’agissant des groupes qui ont reçu de l’argent des principaux bénéficiaires, les « sous-subventions », a révélé le rapport publié lundi.

« En outre, les examens de conformité d’USAID après attribution ont eu lieu, parfois, après l’expiration des sous-subventions. Il était alors trop tard pour prendre des mesures correctives », indique le rapport.

Rendre ses procédures plus strictes « permettrait de mettre USAID dans une meilleure posture pour réduire le risque de fournir une aide à des entités ou à des individus associés au terrorisme », a déclaré le GAO.

L’administration Trump a suspendu pratiquement toute l’aide humanitaire attribuée aux Palestiniens en 2018 après que les responsables palestiniens ont refusé tout contact avec les États-Unis suite à la reconnaissance par Trump de Jérusalem comme capitale d’Israël. L’aide a également été interrompue en grande partie en raison du fait que l’Autorité palestinienne (AP) a refusé de cesser de payer les terroristes et/ou leurs familles, comme l’exige la loi américaine.

Le vice-président américain de l’époque, Joe Biden, et le président palestinien Mahmoud Abbas, au complexe présidentiel de Ramallah, en Cisjordanie, le 9 mars 2016. (Crédit : Debbie Hill, Pool via AP)

Le président Joe Biden s’est engagé au cours de sa campagne l’année dernière à fournir de nouveau de l’aide humanitaire aux Palestiniens, et a officiellement relancé ce processus la semaine dernière, avec l’allocation de 15 millions de dollars d’aide humanitaire liée à la COVID.

L’agence d’information Associated Press a rapporté mercredi que l’administration Biden avait notifié au Congrès son intention de dépenser au moins 75 millions de dollars dans les zones palestiniennes, en partie pour compenser les coupes de Trump.

« Compte tenu de l’absence d’activité d’USAID ces dernières années, l’engagement des acteurs de la société civile sera vital pour regagner la confiance et voir émerger la bonne volonté de la société palestinienne », indique le communiqué.

Le département d’État a refusé de commenter l’annonce et il n’était pas établi clairement que les 75 millions de dollars incluent les 15 millions de dollars d’aide liée à la pandémie. Néanmoins, le plan de financement représente un virage majeur de l’approche américaine envers les Palestiniens après les échanges acerbes sous Trump.

L’administration n’a pas déguisé son opinion arguant que l’approche de Trump, qui aliénait les Palestiniens, était problématique et rendait les perspectives de paix moins vraisemblables. La nouvelle aide semble avoir pour but d’encourager les Palestiniens à reprendre les négociations avec Israël, même si rien n’indique qu’elle aura cet effet, et que la réponse d’Israël n’a pas encore été déterminée.

Selon l’annonce du Congrès d’USAID, le financement a déjà repris ou reprendra bientôt, car une grande partie des 75 millions de dollars est destinée à des projets urgents de court terme visant à rétablir rapidement les relations américano-palestiniennes. L’annonce indiquait que l’argent pourrait commencer à être alloué le 10 avril.

Dans le but d’empêcher les questions et les critiques anticipés de la part des législateurs qui soutenaient les réductions de l’aide de Trump, USAID a cherché à assurer au Congrès qu’elle garantirait que tous les critères légaux pour fournir l’argent seraient respectés.

« USAID adhère à des procédures rigoureuses de vérification antiterroriste et de certification, d’audit et de surveillance de ses partenaires pour s’assurer que son aide ne va pas au Hamas ou à d’autres organisations terroristes », indique la note.

Le président élu Joe Biden écoute sa candidate au poste d’ambassadeur des États-Unis aux Nations unies, l’ambassadrice Linda Thomas-Greenfield, s’exprimer au Queen Theater, le mardi 24 novembre 2020, à Wilmington, Del. (AP Photo/Carolyn Kaster)

Lors de l’annonce concernant l’aide de 15 millions de dollars au COVID-19, l’ambassadrice américaine auprès des Nations Unies, Linda Thomas-Greenfield, a déclaré que c’était « un élément de notre engagement renouvelé envers le peuple palestinien », mais elle n’a pas donné plus de précisions.

Peu de temps après l’investiture du président américain Joe Biden le 20 janvier dernier, son administration a annoncé qu’elle rétablirait les relations avec les Palestiniens et reprendrait l’aide humanitaire, éléments clés de soutien dans le cadre d’une solution à deux États au conflit.

Thomas-Greenfield a réitéré le soutien de Biden à une solution à deux États et a déclaré : « Les États-Unis se réjouissent de poursuivre leur travail avec Israël, les Palestiniens et la communauté internationale pour parvenir à une paix attendue de longue date au Moyen-Orient ».

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