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Vaccin: les enfants reçoivent une protection contre Omicron importante mais éphémère

Une étude du ministère de la Santé montre que les adolescents vaccinés il y a plus de 4 mois sont légèrement mieux protégés ; les hospitalisations d'enfants seraient en hausse

Un enfant reçoit un vaccin COVID-19, au centre de vaccination Clalit à Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 16 décembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)
Un enfant reçoit un vaccin COVID-19, au centre de vaccination Clalit à Katzrin, sur les hauteurs du Golan, le 16 décembre 2021. (Michael Giladi/Flash90)

Les enfants israéliens vaccinés contre le coronavirus attrapent le variant Omicron à un taux inférieur de moitié à celui de leurs pairs non vaccinés, selon une nouvelle recherche publiée mercredi.

L’étude, qui serait la première du genre, constitue une rare lueur d’espoir pour Israël, qui connaît une importante vague d’infections dans le pays. Mercredi soir, près de 400 000 Israéliens étaient considérés comme des cas actifs, soit plus de 4 % de la population totale. L’on dénombre entre 60 000 à 70 000 nouveaux cas par jour.

La recherche a porté sur les enfants âgés de 5 à 11 ans, un groupe qui est devenu éligible aux vaccins fin novembre, et a constaté que les vaccins offraient une forte protection contre les variants du coronavirus, en particulier au cours des premiers mois suivant leur administration.

« Même pendant la vague Omicron, un vaccin administré au cours des trois derniers mois – qu’il s’agisse de deux doses ou d’une dose de rappel – offre une meilleure protection contre l’infection par rapport aux personnes non vaccinées ou dont les vaccins sont périmés », a déclaré le ministère de la Santé dans un communiqué.

Un enfant israélien reçoit sa deuxième injection du vaccin Covid-19 au centre de vaccination Clalit pour enfants à Kfar Saba, le 13 décembre 2021. (Flash90)

L’étude menée par le ministère de la santé a révélé qu’entre le 25 décembre et le 16 janvier, un peu plus de 260 enfants non vaccinés de cette tranche d’âge sur 100 000 ont été infectés par jour en moyenne. Parmi ceux qui ont été vaccinés, le chiffre était légèrement supérieur à 120.

Les adolescents qui ont reçu des doses de rappel ont également bénéficié d’une protection accrue.

Israël a rendu les rappels disponibles fin décembre pour les adolescents qui avaient reçu leurs deux premières doses au moins trois mois auparavant.

Données sur les infections Omicron chez les enfants, provenant du ministère israélien de la santé, avec des explications supplémentaires en anglais (Ministère israélien de la Santé)

Les adolescents ayant reçu des rappels ont été infectés à un taux d’environ 90 cas pour 100 000, tandis que les adolescents non vaccinés ont été infectés à un taux de 330 infections pour 100 000.

La période d’étude a coïncidé avec une période de trois semaines au cours de laquelle les taux de COVID sont passés d’une moyenne mobile de près de 1 300 nouveaux cas par jour à plus de 45 000 infections quotidiennes, principalement alimentées par Omicron, qui s’est propagé à une vitesse dévastatrice, même parmi les personnes entièrement vaccinées.

Les données, qui n’ont pas fait l’objet d’un examen par les pairs, devraient rassurer les autorités, qui s’inquiètent de la capacité présumée du variant Omicron à passer outre les défenses vaccinales. D’après les données, les vaccins sont les plus efficaces pour tenir Omicron à distance peu de temps après leur administration. Mais ces défenses semblent s’effondrer rapidement après les deux premiers mois.

D’après l’étude, les adolescents qui ont reçu leurs deux premières doses trois à quatre mois plus tôt ont contracté le COVID à un taux de 220 cas pour 100 000 personnes. Ceux qui ont été vaccinés cinq mois ou plus avant n’étaient que légèrement mieux protégés que les non-vaccinés, avec un taux d’infection d’environ 290 pour 100 000.

Données sur les infections à Omicron chez les enfants, provenant du ministère israélien de la santé, avec des explications supplémentaires en anglais (Ministère israélien de la Santé).

La faible marge dans les taux d’infection entre les adolescents vaccinés et non vaccinés contraste fortement avec la vague précédente du virus Delta, au cours de laquelle ceux qui avaient été vaccinés étaient apparemment mieux protégés. Une étude publiée en septembre a montré que les adolescents vaccinés âgés de 12 à 18 ans avaient 90 % moins de risques que leurs camarades non vaccinés de tomber malades une semaine après l’injection de la deuxième dose.

Le vaccin n’a été rendu disponible que fin décembre pour les jeunes de 11 ans et moins, ce qui signifie qu’il n’était pas possible de comparer ses performances face à Delta et à Omicron.

L’étude a été menée par le ministère de la Santé en collaboration avec des scientifiques de l’Institut Weizmann des sciences, de l’Institut Technion-Israël de technologie, de l’Université hébraïque et de l’Institut Gartner de l’hôpital Sheba.

Un agent de santé israélien administre une dose du vaccin Pfizer-BioNTech COVID-19 à un enfant aux services de santé Clalit dans la ville de Modiin, dans le centre d’Israël, le 2 janvier 2022. (Photo de GIL COHEN-MAGEN / AFP)

Malgré ces données positives, les hospitalisations chez les jeunes ont doublé ces derniers jours, passant de 52 à 104 patients, selon une information publiée mercredi par la station de radio publique Kan.

Kan n’attribue pas les données à une source et ne définit pas la tranche d’âge qu’il inclut dans les jeunes. Le ministère de la Santé n’a pas pu être immédiatement contacté pour vérifier ces chiffres.

Selon les données officielles du ministère publiées mercredi, quelque 2 % de tous les patients dans un état grave ou critique étaient âgés de 4 ans ou moins, contre 1 % en moyenne les jours précédents. Si la proportion de patients âgés de 5 à 11 ans est restée à 0 %, celle des patients âgés de 12 à 15 ans est passée de 0 à 1 %.

Un patient COVID au service coronavirus de l’hôpital Hadassah Ein Kerem reçoit un appel d’un membre de sa famille, le 27 décembre 2021. (Olivier Fitoussi/Flash90)

Les chiffres montrent que plus de 53 000 des plus de 388 000 infections actives actuelles concernent les 5-11 ans, – et plus de 47 000 d’entre eux ne sont pas vaccinés. Environ 34 000 autres infections actives proviennent de la tranche d’âge 12-15 ans, bien que dans cette cohorte, les vaccinés soient majoritaires, avec près de 20 000 vaccinés parmi ceux ayant été infectés.

Selon les données publiées mercredi, 1 548 patients ont été hospitalisés à cause du coronavirus, la majorité d’entre eux souffrant d’infections relativement mineures et 540 personnes étant dans un état grave. Les données montrent que plus de la moitié des patients graves ont été vaccinés, tandis qu’environ 175 autres n’ont jamais été vaccinés et que les autres patients ont été vaccinés plus de six mois auparavant.

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