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Var : La mère d’un élève juif agressé dans son collège témoigne

Le garçon de 11 ans aurait été agressé en raison de sa religion, recevant un violent coup de tête au visage, par un élève d'un an plus âgé

Le collège Victor-Hugo de Gassin, dans le Var. (Crédit : Département du Var)
Le collège Victor-Hugo de Gassin, dans le Var. (Crédit : Département du Var)

Le 10 novembre, un élève juif de 6e, âgé de 11 ans, du collège Victor-Hugo de Gassin (Var) a été victime d’une agression à caractère antisémite sur le temps scolaire. Il aurait été agressé en raison de sa religion, recevant un violent coup de tête au visage, par un élève de 5e. La victime a beaucoup saigné, souffrant d’un traumatisme crânien et facial. Son nez a largement enflé et il a reçu 5 jours d’ITT.

La victime avait déjà été prise à partie par son agresseur par le passé, et une plainte a été déposée suite à cette dernière agression.

Selon le parquet de Draguignan, l’agression revêt un caractère antisémite, ce dont se défend l’auteur des faits, qui a été placé en retenue judiciaire et qui devra répondre de son geste en février devant le tribunal pour enfants. Il comparaîtra pour violence ayant entraîné une ITT inférieure à 8 jours aggravée (faits commis dans un établissement scolaire et en raison de la religion).

« Comment il le vit ? Pas bien. Il est suivi psychologiquement. À la maison, il laisse les volets fermés… Il s’inquiète pour ses frères en primaire. Et toute sa famille vit ça avec lui », a témoigné sa mère au journal Nice-Matin début décembre.

Elle déplore également qu’à son retour au collège, dix jours plus tard, « seule sa professeure principale l’a accueilli ».

« Le mineur a reconnu avoir donné un coup de tête à la jeune victime mais a prétendu ignorer que celle-ci était juive, ce qui est en contradiction avec les témoignages recueillis », a indiqué le procureur de la République de Draguignan, Pierre Couttenier. Des témoins l’auraient entendu crier « Sale juif » pendant l’agression.

Selon David Rebibou, avocat de la famille de la victime, « après les attentats du 7 octobre [du Hamas contre Israël], le futur agresseur aurait dit à un ami de Jonathan : ‘Pourquoi tu traînes avec lui ? Il est juif’ ». D’autres collégiens auraient proféré injures et menaces : « Sale p… de juif ! », « On ne traîne pas avec toi, tu es juif », « Dans le Coran, il faut tuer les juifs ».

Quatre conseils de discipline s’en sont suivis et trois élèves, dont l’auteur du coup de tête, ont été exclus du collège. Le rectorat a salué « la fermeté » des décisions. « On ne laisse rien passer. Nous faisons toute confiance en l’établissement pour continuer à être vigilant. »

Au 14 novembre, plus de 1 500 actes et injures antisémites avaient été recensés par les autorités françaises depuis le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas contre Israël, soit plus de trois fois plus que sur l’ensemble de l’année 2022.

Le 29 novembre, Philippe Juvin, député des Républicains, a affirmé sur Sud Radio que « depuis des années, deux tiers des enfants juifs en France ne vont plus à l’école publique laïque et républicaine, parce qu’ils se font molester, parce qu’ils sont juifs ».

Ces chiffres sont impossibles à confirmer : contacté, le ministre de l’Éducation nationale affirme qu’il n’a aucune donnée en sa possession, parce que les statistiques ethniques et religieuses sont interdites en France.

Néanmoins, le Fonds social juif unifié a établi des estimations. Selon l’organisation, il y avait 34 700 enfants scolarisés en écoles, collèges ou lycées confessionnels juifs en France à la rentrée de septembre 2023. Évaluant à 100 000 le nombre d’enfants juifs en âge d’être scolarisés dans le pays, l’association a ainsi obtenu les statistiques citées par le député en faisant des projections : un tiers de ces enfants seraient inscrits dans l’enseignement juif hors contrat et sous contrat, un autre tiers resterait scolarisé dans l’enseignement public et le tiers restant se répartirait dans des établissements privés sous contrat, laïques et catholiques.

Dans un article de 2017 et dans un rapport de 2004, Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, écrivait : « Si le racisme le plus développé dans la société reste le racisme antimaghrébin, ce n’est plus le cas dans les établissements scolaires, où il a été très nettement supplanté par le racisme antijuif. Il est en effet, sous nos yeux, une stupéfiante et cruelle réalité : en France les enfants juifs – et ils sont les seuls dans ce cas – ne peuvent plus de nos jours être scolarisés dans n’importe quel établissement. »

En 2019, Emmanuel Macron avait demandé un audit sur le sujet à son ministre de l’Éducation de l’époque, Jean-Michel Blanquer. Son successeur, Pap Ndiaye, a relancé le sujet en mai 2023, demandant au Conseil des Sages de la laïcité d’étudier la question.

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